FIN
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NOTE I, page 11.
fil serait très-difficile d’énumérer exactementlcs nombreux auteurs qui ont parlé de l’Antéchrist. Nous citerons seulement, parmi les Pères, saint Irénée, saint llippolyte, Lactancc, saint Jérôme, saint Augustin, saint Cyrille de Jérusalem, saint Eplirem, saint Grégoire de Tours, saint Grégoire le Grand, Raban Maur, saint Thomas, et, parmi les commentateurs ou théologiens, Vincent de Beauvais, Lyranus, Tirinus, Estius, Gagnée, Dens, Lachétardie, Holzhauser, Cornélius a Lapide, Menochius, Bossuet.
Mais celui qui a écrit le plus au long et pour ainsi dire le plus expressément de l’Antéchrist, c’est, sans contredit, le dominicain espagnol, Thomas Malvenda. Ce religieux professa dans son ordre avec beaucoup de succès la philosophie et la théologie. Appelé à Rome par son supérieur • général, il fut d’un grand secours au célèbre cardinal Baronius, pour la composition de son Martyrologe. Après s’étre acquitté avec beaucoup de zèle et de discernement des œuvres savantes qui lui furent confiées, il mourut à Valence à l’âge de soixante-deux ans, en 1628.
Son ouvrage De Antichrislo fit beaucoup de bruit en son temps. Il est, en effet, très-remarquable malgré ses défauts, dont le principal est d’être diffus et chargé de mille détails. On y parle incidemment d’à peu près toutes choses, ce que le lecteur comprendra aisément quand nous lui dirons qu’il forme un gros volume in-folio.
NOTES
Ce long et curieux travail est divisé en treize Livres. Après avoir exposé dans le premier les opinions des Pères ' touchant l’Antéchrist, l’auteur examine dans le second le temps de sa venue ; dans le troisième, il disserte sur son origine et sa nation ; ses caractères font l’objet du quatrième et du cinquième ; dans le sixième, il est parlé de son règne et de ses guerres ; dans le septième, de ses vices et de ses crimes ; dans le huitième, de sa doctrine et de ses prodiges ; dans le neuvième, de ses pei'sécutions. Les quatre derniers Livres ti’aitent de la venue d’Hénoch et d’Elie, de la conversion des .luifs,’ de la mort de l’Antéchrist et du triomphe final de Jésus-Christ et de l’Eglise.
En somme, c’est un ouvrage réellement précieux ; il suppose en son auteur une érudition immense, et il est encore aujourd’hui estimé des savants.
NOTE II, p. 15.
Plusieurs Pères, parmi lesquels Origène et Tertullien, ont affirmé que l’Antéchrist serait un démon incarné, et l’on reconnaît généralement qu’en cela il n’y a rien d’impossible, absolument parlant.
D’autres auteurs ont dit que l’Antéchrist aurait pour mère une femme adultère, et que le démon se mettrait en possession de lui iininédiatement après sa naissance.
Quelques-uns enfin ont' prétendu eum nasciturüm ex muliere corritpt issimâ et Deernune incubo, comme cela est • ^ arrivé, disent-ils, pour plusieurs ])ersonnages fameux dans l’antiquité, tels que Rémus et Romulus, Serviis Tullius, Platon, Alexandre le Grand, Séleucus, le premier Scipion l’Africain, César- Auguste, etc.
Mais l’opinion communément adinise est celle de saint Grégoire et de saint Anselme, opinion que soutient Malvenda, qu’a développée le vénérable Holzhauzer, et que nous avons nous-même exposée, à savoir, que l’Antéchrist viendrait au monde par les voies ordinaires et qu’il y aurait en lui un mélange du sang turc et du sang Israélite.
Relativement au lieu de sa naissance, même diversité de sentiments. Les uns croient que ce sera la ville de Dan, à
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l’cxlrême limite de la Terre-Sainte; d’antres Bahylone, non pas la Babylonne assyrienne, égyptienne ou romaine, mais la Bahylone mystique, c’est-à-dire la ville la plus puissante et en même temps la plus antichrétienue et la plus corrompue des derniers siècles.
Nous avons adopté le parti le plus raisonnable, c’est de n’indiquer aucun lieu précis, puisque nous n’en trouvons aucun qui soit désigné dans les Ecritures, et de penser aussi que cet homme extraordinaire se manifestera d’abord dans les l’égions qui sont à l’Orient, par rapport au centre du catholicisme, c’est-à-dire la Palestine, l’Arabie et l’Egypte.
On a cru devoir encore rechercher quelle pourrait être son éducation. Quelques auteurs ont dit qu’il serait ntfurri et élevé ou à Corozaïn, ou à Ca])harnaüm, ou dans toute autre ville ou bourgade de la Judée. L’intention de l’Antéchrist, en cela, serait d’imiter Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui demeura de longues années à Nazareth et dans la Galilée, et par conséquent de s’appliquer les antiques prophéties qui ont à l’avance célébré les lieux sanctiKés par l’enfance de l’homme-Dieu ; ce qui lui servirait merveilleusement à séduire les Juifs des derniers temps.
D’autres commentateurs, avec ])lus de vraisemblance, ont prétendu que « le Fils de perdition n se formerait silencieusement et secrètement sous les y"eux de ses parents, et qu’il affecterait de demeurer durant toute son adolescence totalement inconnu au monde, et cela encore afin d’avoir un trait de ressemblance de plus avec Notre-Seigneur, dont la vie fut cachée jusqu’à l’âge de trente ans.
L’on a osé dire encore qu’il aura pour précepteur un démon familier, et que cet esprit mauvais l’initicrà aux secrets des sciences les plus relevées.
Quant au pays où l’Antéchrist jettera les premiers fondements de son empire et où se feront entendre les premiers bruits de ses exj)loits, qtielques interprètes ont nommé l’Italie. Ils se fondaient sur ce passage de la prophétie de Balaam, au chapitre vingt-quatrième du Livre des Nombres, où le f ayant, après avoir annoncé les malheurs de la terre de Clianaan et s’être demandé avec douleur : « Hélas ! qui se trouvera en vie lorsque Dieu fera
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toutes ces choses, » se fait à liii-même cette .réponse ;
« Ils viendront d’Italie dans des vaisseaux, ils vaincront les Assyriens, ils ruineront les Hébreux, et, à la fin, ils périront eux-mêmes. Venîent in trieribus de Italià, superabunt Msyrios, vastabunt que Hebrœos et ad exlremum ipsi peribunt.
Selon les commentateurs, le prophète prédit ici évidemment la grande puissance des Romains, quoique la fondation de Rome ne dût avoir lieu que quatre ou cinq cents ans plus tard, sous le règne d'Achaz, roi de Juda ; que ces fiers Romains subjugueraient les Assyriens et autres peuples d’Asie, ce qui arriva en effet sous Pompée et César-Auguste ; qu’ils détruiraient et disperseraient dans le monde les Hébreux, vainqueurs des peuples chananéens sous Josué d'abord, et puis sous David ; destruction et dispersion qui eurent lieu par les armes de Vespasien et de Titus, son fils ; qu’enfin la domination gigantesque des Romains périrait elle-même, une première fois et en partie, comme l’histoire nous l’apprend, sous les coups d’Alaric et de Genséric, rois des Golhsjune seconde fois, et radicalement, à l’époque de ces dix rois, prédits par Daniel et saint Jean, dont l’Antéchrist doit subjuguer les uns et faire mourir les autres.
Nous n’avons pas du rapporter et admettre toutes ces conjectures, qui ne reposent sur aucun fondement solide.
NOTE m,'p. 51.
Rien de plus curieux que le récit de la célèbre entrevue de M. de Metternich avec N.ipoléon, le 28 juin 1813, tel que nous le trouvons dans le livre xlix de V Histoire du Consulat et de l'Empire, par M. A. Thiers.
Napoléon se plaignit d’abord amèrement contre l’Autriche et jeta même un défi outrageant à son ambassadeur. Le prince lui répondit avec calme et modération, en se fondant sur le besoin général de la paix, des conditions de laquelle il fit un exposé fort adouci. Alore, emportement extrême de l’Empereur, que M. de Metternich s’efforça de calmer.
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Napoléon fait alors l’aveu de son orgueil, en disant qu’il y a nécessité pour lui de rester grand, glorieux, admiré. Mais le prince, reprenant la parole, allègue de nouveau le besoin de repos, senti partout, et particulièrement en France. Nous citons textuellement riiistorien.
« Mais, Sire, cette brave nation (française), dont tout le monde admire le courage, a elle-même besoin de repos. Je viens de traverser vos régiments; vos soldats sont des enfants. Vous avez fait des levées anticipées et appelé une génération à peine formée ; cette génération une fois détruite par la guerre actuelle, anticiperez-vous de nouveau ? en appellerez-vous une plus jeune cnccre? « Ces paroles, qui touchaient au reproche le plus souvent reproduit par les ennemis de Napoléon, le pi(juèrent au vif. Il pâlit de colère, son visage se décomposa, et n’étant plus maître de lui, il jeta ou laissa tomber à terre son chapeau, que M. de Metternich ne ramassa point, et allant à celui-ci, il lui dit : M Vous n’êtes pas militaire, monsieur ;vous n’avez pas, comme moi, l’âme d’un soldat, vous n’avez pas vécu dans les camps, vous n’avez pas apprj^ à mépriser la vie d’autrui et la votre, quand il le faut... Que me font, à moi, deux cent mille hommes!... » Ces paroles, dont nous ne reproduisons pas la familiarité soldatesque, émurent profondément M. de Metternich. « Ouvrons, s’écria le ministre autrichien, ouvrons. Sire, les portes et les fenêtres, que l’Europe entière vous entende, et la cause que je viens défendre auprès de vous n’y perdra point! # Redevenu un peu plus maître de lui-même, Napoléon dit à M. de Metternich, avec un sourire ironique: « Aprèstout, les Français, dont vous défendez ici le sang, n’ont pas tant à se plaindre de moi. J’ai perdu, cela est vrai, deux cent mille hommes en Russie ; il y avait dans le nombre cent mille soldats français des meilleurs; ceux-là, je les regrette..., oui, je les regrette vivement.... Quant aux autres, c’étaient des Italiens, des Polonais et principalement des Allemands..,. » A ces paroles. Napoléon ajouta un geste qui signifiait que cette dernière perte le touchait peu, etc.