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NOTE IV, p. 55.
On a très-justement appliqué à l’Antéchrist ce qxi’un saint docteur avait dit de l’enfance de Caligula et de Julien l’Apostat : qu’elle était un mélange de boue et de sang, lutum sanguine maceratinn. Pareillement à ces deux tyrans, les mauvais instincts de l’Antéchrist s’accroîtront et se fortifieront par l’âge, et bientôt son âme deviendra le réceptacle de tous les vices.
Quelques auteurs se sont arrêtés à les énumérer, en se fondant sur les textes sacrés qui ont annoncé sa venue etson règne. C’est l’hypocrisie, la dissimulation, d’après ce verset du trente-quatrième chapitre du Livre de Job, que saint Grégoire le Grand applique à l’Antechrisl. C’est lui (Dieu) qui fait régner l'homme hypocrite, à cause des péchés du peuple ; qui regnare facit hominem hijpna'itam propter peccata populi. » C’est la fourberie, l’astuce, d’après la pi’ophétie de Jacob sur les destinées de la race de Dan. C’est l’im})tidence, l’audace, la témérité, d’après le vingt-quatrième verset du huitième chapitic de Daniel. C’est la magie, l’exercice des pratiques les plus diaboliques, d’après le vingt-troisième verset du même chapitre. C’est l’avarice, la rapacité, la fureur d’amasser, d’après les versets vingt-quatrième, vingt-huitième et trente-huitième du onzième chapitre de Daniel, vices qui lui feront accaparer les mines d’or et d’argent, pilier les temples, les tombeaux, les maisons des riches particuliers. C’est l’orgueil, la «vanité, l’ostentation qu’il manifestera par la somptuosité de ses palais, l’éreetion de ses statues colossales, l’étalage de scs vases précieux, de ses habits chamarrés d’or, de ses meubles magnifiques. C’est sa sensualité, sa mollesse, sa luxure qu’il satisfera par de splendides festins, par l’emploi des parfums les plus exquis, les bains voluptueux, les orgies les plus dégradantes, les actes charnels les plus infâmes. C’est enfin la cruauté qui lui fera verser par torrents le sang humain ; c’est l’impiété qui le poussera, côinme nous l’avons dit, «à détruire j)artout le culte du vrai Dieu, pour y substituer le sien propre.
NOTES
Nous n’avons pas voulu entrer dans ces détails, non plus que dans d'autres du même genre ; l’imagination du lecteur y suppléera aisément.
NOTE V, p. 81.
Au milieu de cette atroce persécution, on se demande qu’ost-ce que fera la sainte Eglise de .Tésus-Clirist ?
Plusieurs auteurs ont essayé de répondre à cette question, et pour cela, ils ont applitfué à l’Figlise ce passage du douzième chapitre de rAi)ocalyj)se : « Et la femme s’enfuit dans le désert, où elle avait une retraite que Luimême lui avait ])réparéc, pour y être nourrie mille deux cent soi.xantc jours, et on donna à la femme deux ailes d’un grand aigle, afin qu'elle s’envolât dans le désert, au lieu de sa rcliaitc, où elle est nourrie un temps, deux temps, et la moitié d’un temj)s, hors de la présence du serpent. »
Ces auteurs croient jiar conséquent que le petit nombre de fidèles qui composci’a le Cfu’ps visible de l’Eglise durant les plus mauvais jours de l’Antéchrist, sg l éfugicra de part et d’autre dans les forêts, les cavernes et autres lieux cachés, afin de se soustraire à l’alternative des plus cruels supj)liccs ou de l’apostasie.
C’est encore ce que, selon eux, avait prédit le prophète Isaïe, ]>ar ces paroles du chapitre seizième : « Il arrivera que les filles de âloab seront, au passage de l’Arnon, comme un oiseau qui s’enfuit et comme les petits cpii s’envolent de leur nid. Prenez conseil, faites des assemblées, préparez en plein midi une ombre aussi noire qu’est la nuit même. Cachez ceux qui s’enfuient, et ne trahissez point ceux qui sont errants. Mes fugitifs habiteront dans votre terre. Moab, servez-leur de retraite, où ils se mettront à couvert de celui qui les persécute, car la j)oussière a trouvé sa lin ; ce misérable n’est j)liis, et celui c|ui foulait la terre aux j)ieds est réduit en cendres. Ifoni, esto latibulum eorum à fade vastatoris ; finitus est etiirn pulris, consummatas est miser, defecit qui conculcabat ter ram.
KOTES
NOTE VI, p. 117.
Le plus grand des prodiges que fera l’Antéchrist sera le dernier, d’après plusieurs interprètes que nomme Malvenda et dont il adopte ici le sentiment. Par ce fait miraculeux, il mettra le comble à son impiété,* en même temps qu’à l’audace de ses partisans ; il eflVayera et confondra en quelque sorte les vrais chrétiens, et attirera enfin sur sa tète le terrible châtiment que lui réserve, d’après saint Paul, la colère du Fils de Dieu.
L’Antéchrist feindra donc qu’il vient de mourir, et il apparaîtra si bien mort, que son trépas, étant tout d’abord constaté juridicjuement, sera cru des peuples naturellement crédules. Et pourquoi cette feinte mort ? Ce sera pour se procurer la gloire de ressusciter au bout de quelques jours, à l’imitation de Notre-Seigneur 'Jésus-Christ, pour reparaître tout à coup plein de force et de vie aux yeux des nations enchantées d’un tel événement et leur fournir de la sorte une preuve invincible de sa divinité.
On appuie ce sentiment sur ces paroles de l’Apocalypse, que nous avons appliquées avec le vénérable Holzhauzer et d’autres auteurs à la ruine de l’empire turc ou mahométan, ruine suivie de sa restauration sous le règne de l’Antéchrist. « Et je vis une de ses tètes comme blessée à mort. Mais cette plaie mortelle fut guérie. Et toute la terre en étant émerveillée, suivit la Bète. f^îdl unum de capitibus suis qtiasi occisum in mortem et plaga morlis ejus curata est; et admirata est unicersa terra post Bestiam (I). »
NOTE Vn, p. 134.
Cette conversion de tous les peuples au catholicisme est regardée comme indubitable par tous les commentateurs. Outre les preuves que nous avons données de l’arrivée d’un si glorieux événement vers la fin des siècles, quel-
(1) Apoc«, ch. xiii, 3.
NOTES
ques auteurs citent, pour les peuples orientaux, le verset XI du chapitre onzième d’Isaïe : « Alore le Seigneur étendra encore sa main pour posséder les restes de son peuple, qu’auront laissés les Assyriens, l’Egypte, Phetros, l’Ethiopie, Elam, Sennaar, Emath et les îles de la mer. n
Tout le monde sait quelles sont les régions de l’Orient indiquées par ces mots Assyrie, Egypte, Ethiopie. Quant à l’expression Phetros, plusieurs auteui's pensent qu’elle signifie l’Arabie, et notamment l’Arabie pétrée. Elam et hlmath sont les noms anciens donnés aux pays qu’habitent les Perses, les Mèdes, les Arméniens et autres peuples de l’Asie centrale. L’opinion commune est que le prophète a voulu désigner par Sennaar, Sincar ou Schincar, comme porte l’hébreu, les nations de l’extrême Orient, et spécialement les Indiens et les Chinois, en latin SinX', et par les îles de la mer, les Japonais, les Australiens, tous les insulaires de la vaste Océanie.
Relativement à la conversion des peuples de l’Afrique centrale et occidentale, on a cité aussi deux passages des anciens prophètes. Le premier est tiré d’Isaïe^ « Malheür à la terre qui fait du bruit de ses ailes, laquelle est au-delà des fleuves de l’Ethiopie, qui envoie ses ambassadeurs sur la mer et les fait voler dans des vaisseaux de jonc. Allez, anges légers, vers une nation divisée et déchirée, vers un peuple terrible, le plus terrible de tous, vers une nation qui espère encore et qui est déjà foulée aux pieds, dont la terre est ravagée par les inondations des fleuves. Habitants du monde, vous tous qui demeurez sur la terre, lorsque l’étendard sera élevé sur les montatagnes, vous le verrez et vous entendrez le bruit éclatant de la trompette (1). b
Le second passage est pris dans Sophonie : « C’est alors que je rendrai pures les lèvres des peuples, afin que tous invoquent le nom du Seigneur et que tous se soumettent à son joug dans un même esprit. C^ux qui demeurent au-delà des fleuves d’Ethiopie viendront m’olTrir leurs prières, et les enfants de mon peuple dispersé m’apporteront leurs présents (2). a
(1) Ch. xviii, v.l et suiv.
(2) Ch. ni, V. 9 et 10.
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Quant à la conversion de l’Amérique, elle s’est déjà en grande partie opérée. Plusieurs auteurs anciens attestent que tout l’Océan, et particulièrement l’Atlantique, avait été parcouru soit avant eux, soit de leur temps, par les navigateurs. Sénèque, au deuxième acte de sa Midée^ prédit la découverte de l’Amérique. Et quelques commentateurs ont cru trouver une prédiction de la conversion des peuples américains au christianisme dans le verset . vingtième du chapitre unique du jtrophète Abdias. Ils disent que le mot hébreu' Sepharad, que la Vulgate a traduit par Bosphore^ signifiait une région inconnue aux extrémités de l'Occident.
NOTE VIII, p. 1.58.
Selon Bossuet et dom Calmet, le Cantique des Cantiques doit être partagé en sept jours. Or, d’après les auteurs de la Bible de Vence, ces sept jours ont rapport aux sept âges de l'Eglise, que la plupart, des commentateurs rcconncissent être distingués dans l’Apocalypse, et qui partagent toute l’histoire de l’Eglise, depuis l’ascension de Jésus- Christ jusqu'à son second avènement. Si donc l’on scrutait sous ce point de vue le sens si profond du sublime Cantique, je suis persuadé que l’on y trouverait prédits la plupart des grands événements qui ont signalé la vie de l’Eglise jusqu’à nos jours, aussi bien que ceux qui en signaleront les derniers temps. Il faudrait surtout comparer le sens mystérieux de ce Cantique avec celui non moins mystérieux de l’Apocalyp.se. Car, comme le nouveau Testament est l’explication de l’ancien, la prophétie de l’Apocalypse est la clef qui doit nous ouvrir toutes les anciennes prophéties, et spécialement celle du Cantique 'des Cantiques. Nous le répétons, il est donc fortement à présumer que, en faisant cette' étude, l’on trouverait des rapports marqués entre les âges de l’Eglise désignés dans l’Apocalypse, et les différentes parties que l’on peut distinguer dans le saint Cantique, des ressemblances sensibles entre l’allégorie (fu’il contient et l’histoire même de l’Eglise, entre les jours qui y sont spéciGés et la durée des^
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«époques clirétiennes, entre les épreuves diverses de la sainte Epouse et les vicissitudes du catholicisme, entre la date où se dénoue pour jamais la destinée heureuse de cette fidèle épouse, et le siècle où se fixera pour toujours le sort admirable de l’Eglise.
La Bible de Vence a exposé les points principaux qui lui ont paru pouvoir former ces rapports. Mais c’est un travail sommaire qui a besoin d'être repris et poussé beaucoup ])lu6 loin. Ce sont des jalons qu elle a plantés pour servir de guide au théologien, qui voudra entreprendre l’exploration entière de celte route si curieuse et si belle, mais aussi passablement scabreuse.
NOTE IX, p. 175.
Parmi les jirophétics dont s’occupe aujourd’hui le monde religieux, l'une des jilus curieuses et des plus authentiipics est celle de saint Malachie, sur la succession des papes, depuis Céleslin II jusqu’à la fin des temps. Saint Malachie naquit à Arinagli, en Irlande, l’an 1094. Il fut successivement abhé de Bcnchor, évêque de Connor et enfin archevêque-primat d’Armagh en 1127. Après avoir donné une nouvelle face a son diocèse par son zèle et ses exemples, il se démit de son archevêché en 1135, et vint mourir en France, treize ans après, à l’abbaye de Clairvaux, entre les bras de son illustre ami, saint Bernard.
Ceux qui contestent l’anthcnticité de la célèbre prophétie qui lui est attribuée depuis près de trois siècles, prétendent que cet ouvrage fut fabriqué dans le conclave de 1590, par les partisans du cardinal Simoncelli ; que saint Bernard, qui a écrit la yie de saint Malachie et rapporté les moindres de ses prédictions, ne fait point mention de celles qu’il a faites sur les papes, et qu’aucun auteur n’en a parlé avant la fin du xvi® siècle.
Ceux, en plus grand nombre peut-être, qui regardent ^Ics susdites prophéties comme l’œuvre véritable du saint archevêque, ne manquent pas d’alléguer une foule de raisons pour réfuter leurs adversaires. Nous ne pouvons eiltrer dans les détails de cette polémique. Qu’il nous suffise
NOTES
de savoir que tout le monde reconnaît que l’existence de la prophétie sur les papes est consignée dans l’histoire depuis près de trois cents ans.
Pour expliquer les symboles dont elle se compose, il est facile de trouver quelque allusion vraisemblable dans le ])ays des papes, leurs ndms, leurs armes, leur naissance, leurs talents, le titre de leur cardinalat, les dignités qu’ils ont possédées, les graves événements auxquels ils ont participé, les grandes épreuves qui les ont affligés, les princes et potentats qui les ont persécutés.
Il y a quelques-unes de ces dénominations qui s’accordent d'une manière frappante avec des circonstances rares et extraordinaires, comme celles de Peregrinus apostolicus pour Pie VI, éL'Aquila rapax pour Pie VU, de Crux de Cruce pour Pie IX. Nous la transcrivons ici dans sa partie la plus intéressante pour nous, c’est-à-dire depuis le numéro 89 jusqu’à la fln.
89. Flores circumdati, les fleurs environnées ; Clément XI, année 1700.
90. De bonâ religione, de la bonne religion ; Innocent XIII, 1721.