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ANTISEPSIE DESCENDANTE

« line faut pas se payer de mots, dit Bazy, et croire que l’on aura lavé l’urètre au moyen d’un courant liquide, quand on aura lavé la vessie au moyen de courants antiseptiques plus ou moins prolongés, poussés de telle ou telle manière ; on aura fait sûrement l’antisepsie des voies urinaires.

» Voilà des organes qui sont en contact depuis longtemps avec des micro-organismes infectieux, qui en sont les réceptacles habituels ; voilà une muqueuse dont l’épithélium, en partie détruit, altéré par l'inflammation, est envahi par des microbes plus ou moins infectieux : voilà des organes, qui, comme la partie profonde du canal, nous présentent des replis valvulaires, des nids de pigeon, des dépressions, des culs-de-sac, des orifices glandulaires plus ou moins ouverts, où se cultivent les micro-organismes infectieux ; voilà une vessie à colonne qui offre en grand nombre de petites logettes, de petites cellules dont l’orifice est quelquefois rétréci ; voilà une vessie dontla muqueuse est recouverte d’un enduit de mucosités plus ou moins épaisses ou adhérentes, contenant dans son intérieur et retenant au-dessous de lui des myriades de micro-organismes infectieux.

» Voilà donc les conditions dans lesquelles on peut être appelé à opérer ! Croire qu’on aura complètement débarrassé les organes urinaires quand on aura fait des irrigations plus ou

moins prolongées, c’est se bercer de la plus funeste des illusions. Fe SE

» Penserait-on s'être complètement aseptisé les doigts et les mains après les avoir lavés avec un liquide antiseptique ? » : |

M. Bazy exagère, sans doute, en refusant aux lavages une action qui est pourtant aussi efficace et aussi bien démontrée.

Agir par les voies urinaires supérieures, faire sécréter constamment par le rein une urine chargée de substances aseptiques, modifier la sécrétion urinaire dès sa source, est, certes, un mode idéal d’antisepsie.

Cette antisepsie, que Bouchard appelle médicale, nous la nommerons, nous, descendante lorsqu'elle s’appliquera aux voies urinaires. La matière antiseptique absorbée par la bouche, éliminée par les reins, ne descendra-t-elle pas dans les uretères et de là dans la vessie ? ne s’écoulera-t-elle pas, enfin, à travers le canal de l’urètre ?

Nous ne discuterons pas les objections qui ont été formulées contre l’antisepsie médicale. Nous ne donnerons pas les arguments dont Bouchard s’est servi pour montrer l’inanité du fameux sophisme : « On tuera le malade avant d'atteindre le microbe. » Cette méthode a fait ses preuves, nous n'avons plus qu’à l’admettre.

Depuis longtemps on a été frappé de ce fait : que les urines ne doivent leur toxicité qu'à leur transformation ammoniacale. De cette notion à des essais de prophylaxie, il n’y avait qu'un pas.

Rayer chercha à corriger cet état ammoniacal dont les conséquences peuvent être si fâcheuses et songea à ramener les urines à leur acidité. Berzelius conseilla l’acide phosphorique, Golding-Bird l'acide nitrique, Bence Jone l'acide sulfurique. Outre que ces substances exerçaient sur les voies digestives des effets désastreux, leur action n’était pas tou-

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