‹ De L'Antisepsie Des Voies UrinairesChapitre 8 sur 22 · FRA LA VIRE · texte numérisé non relu

FRA LA VIRE

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On pratiquait deux à trois injections par jour, et au bout de trois à quatre jours on voyait l'écoulement diminuer d’abondance. |

Ces solutions de permanganate de potasse et de sulfate de quinine déterminent généralement des douleurs assez vives.

Le docteur Desnos s’est bien trouvé des lavages pratiqués une fois par Jour avec les solutions de sublimé à 1/1000 ou de biodure de mercure à 1/1000.Le malade n'éprouve qu'une cuisson très légère, souvent nulle. L’écoulement diminue d'ordinaire au bout de 24 à 48 heures et disparaît au bout 4 à 8 jours de traitement.

La solution de 1/3000 employée, non enlavages, mais en injections était trop forte. Elle provoquait de vives douleurs. Il était donc nécessaire de modifier le titre et de l’abaisser à 1/5000. À cette dose, elle est très bien supportée et en pratiquant une de ces injections toutes les 24 heures, on a vu des écoulements guéris très rapidement.

D'après M. Thiéry, $ à 20 injections de solution huileuse ou gommeuse d’iodoforme auraient suffi pour guérir de nombreuses blennorrhagies. Voici quelle était sa formule :

Iodoforme porphyrisé. . 10 gr.

Huile d'amandes douces. 100 gr.

On injecte 8 à 10 gr. de la solution dans le canal et on maintient le méat fermé pendant 20 minutes. L'injection se renouvelle une et même deux fois par jour. l

M. Legendre conseille les injections de résorcine en solution aqueuse à la dose de 2 à 3 o/o. Ces injections auraient l'avantage de tarir rapidement les écoulements sans causer aucune douleur au malade. Crivelli dit à ce sujet: «C'est

l’agent antiseptique qui nous a donné les meilleurs résultats.»

PR ie Et il montre par la statistique que la moyenne de guérisons par la résorcine est de 11 jours, tandis qu’elle s'élève à 21 par le nitrate d'argent, à 16, parle permanganate de potasse et à 13 par le sublimé.

M. Tédenat fait usage de la résorcine en solution à 2 o/o.

La pyridine à 1/150 lui a fourni de nombreux succès dans la période aiguë de la blennorrhagie. ss

MM. Ducastel et Critzman ont étudié, à l’hôpital du Midi, le pouvoir antiseptique de l'acide fluorhydrique dans la blen+ norrhagie. Ils ont démontré que lès injections faites avec cette substance n'avaient aucun effet sur le gonococcus de Neisser. ‘

Il y a deux ans, le D' Rademaker, de Louisville (Kentucky) prétendait que le meilleur antiparasite, dans la blennorrhagie, était la pyridine, qu'il employait en injections urétrales à la dose de 0,10 centigr. pour 30 gr. d’eau. La guérison arrivait au bout de 3 ou 4 jours.

Tout dernièrement le professeur Goll, de Zurich, essaya la sulfate de thalline à la dose de 1 gr. so à 2 gr. et même 2 gr. $O pour 100. I! pratique deux injections coup sur coup dans la même séance. La première lave le canal, la deuxième le baigne, tandis qu’on le maintient fermé pendant quelques minutes. Son seul inconvénient, d’après lui, est qu'il tache le linge en jaune oranger.

Les recherches de M. Vignal ont démontré que le naphtol n'avait aucune action sur le gonococcus de la blennorrhagie. Cette substance jouit, au contraire, de réelles propriétés dans la suppuration. Il sera donc très utile dans toutes les affections suppuratives et non spécifiques de la verge.

En somme, de tous les parasiticides employés jusqu’à ce jour, aucun n'a réuni tous les suffrages. Telle substance qui a donné d’excellents résultats à un chirurgien perd toute sa valeur et, bien plus, devient nuisible pour l’autre.

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Les inconvénients des injections sont nombreux. Ducastel, dans ses remarquables leçons sur la blennorrhagie, vient de signaler les complications qu’elles peuvent entraîner : « Elles agissent en aveugle, dit-il, dans cette cavité profonde. » Ces inconvénients d’une part, les insuccès de l’autre, étaient sutfisants pour légitimer les recherches des expérimentateurs qui essayaient d'empècher le développement du microbe de la blennorrhagie par la voie interne, par l’antisepsie descendante. |

« Il serait possible, dit Hunter, que des médicaments spécifiques (si nous en possédons) introduits dans l’économie fussent éliminés avec l'urine qui leur servirait de véhicule et qu'ils exerçassent leur influence sur la paroi interne de l’urètre, au moment de leur passage à travers ce canal. »

Nous avons étudié, dans le chapitre précédent, l’action antiseptique des médicaments pris à l’intérieur. Nous avons vu qu'aucun d’eux ne pouvait être considéré comme le spécifique du gonococcus de Neisser. Le salol seul aurait cette prétention.

Le salol avait été tout d’abord employé dans le rnumatisme articulaire aigu. Pour cette variété de rhumatisme, il est un médicament vraiment héroïque, le salicylate de soude. Mais les rhumatismes articulaire subaigu, vague, chronique et surtout blennorrhagique, résistaient bien souvent à ce dernier médicament. M. Dreyfous se crut alors autorisé d'essayer si le salol aurait une action olus efficace. Il eut l’occasion de traiter un malade atteint d’une blennorrhagie aiguë, datant de 4 jours, et d’un pseudo-rhumatisme concomitant. À sa grande surprise, les deux manifestations blennorrhagiques furent si heureusement modifiées que les douleurs cessèrent d'emblée, l'écoulement disparut le troisième jour et le malade sortait de l'hôpital huit jours après.

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En résumé, le salol a une action non douteuse sur l’écoulement blennorrhagique. Cette action est due à ce qu'il rend l'urine aseptique et antiseptique. Il agit donc comme une injection antiseptique, sans présenter aucun des inconvénients des injections urétrales et d’une façon plus parfaite qu'aucune d'elles.

Nous avons observé que le salol, administré seul à la dose de 4 gr. par jour, amenait dans certains cas la diminution de la douleur et de l'écoulement. De séro-purulent, l'écoulement devient franchement purulent, puis épais et blanchâtre, laiteux et enfin séreux. [1 semble, cependant, qu'il y ait parfois un avantage à l’associer au copahu, au cubèbe, pour accélérer la guérison. | :

Comme le montrent plusieurs de nos observations, le salol, administré seul, diminue l’écoulement d’une façon très sensible. Si l’on cesse un seul jour son emploi, l'écoulement ne tarde pas à reparaïitre.

Si dans certains cas le salol ne tarit pas l'écoulement d’une façon complète, il semble préparer le moment où les balsamiques agissent avec efficacité. Nous avons commencé par donner le salol seul pendant quelques jours, puis nous avons administré du santal ou du cubèbe. L'écoulement a diminué le lendemain et disparu deux ou trois jours après.

Nous. avons vu traiter d'emblée des blennorrhagies par le salol et les balsamiques, combinés ensemble dans une même préparation. L’écoulement a disparu dès le cinquième jour de l'entrée du malade à l'hôpital.

Notre maître, M. le professeur Tédenat, tout en reconnaissant l'utilité et les avantages du salol dans la période aiguë, le combine efficacement à certaines injections. Dès le début il l’associe à la résorcine ou à la pyridine, et plus tard aux injections astringentes ou aux instillations au nitrate

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