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On peut lui reprocher — et on lui a reproché — de provoquer parfois des poussées congestives, ce qui est possible en raison de la présence du créosol ; mais il est démontré que certains malades se congestionnent avec une rare facilité sous l'influence de causes étrangères à la thérapeutique: séjour au bord de la mer, baisses barométriques, vents, excès d’alimentation, périodes menstruelles.
L'antithermie est réalisée indirectement par la disparition progressive des microbes pathogènes, directement pur l’action spéciale aux phénols ; mais il faut pour l'obtenir de fortes doses et la prêtique conseillée par Revillet peut n’être pas sans dangers. Cependant le malade dont il rapporte l'observation n’a pas paru incommodé (1).
Pour les raisons que nous rappelions plus haut certains médecins préfèrent le gaïacol à la créosote. Il est certain qu’il exerce dans beaucoup de cas une influence favorable, et que ces cas étant les mêmes que ceux que la créosote améliore, on peut en conclure que son action est identique. Toutefois les avis sont partagés.
Tandis que Sommerbrodt, Schellig, Sahli même le croient doué d’une action spécifique anti-bacillaire, d’autres pensent qu’il agit en neutralisant la tubercu-
(1) L'observation est simplement citée dans le travail de . Revillet : il ne la donne pas au complet.
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line avec laquelle il formerait une combinaison inoïfensive.
C’est possible, mais peu probable, étant donné que le gaïacol, comme la créosote, agit sur d’autres microbes que le bacille de Koch ; nous n’en voulons pour preuve que ses bons effets dans la grippe, la coqueluche, etc., etc. | Ç
A la vérité, toutes ces constatations expérimentales ont été faites, soit in vitro, soit par le procédé des injections hypodermiques, intra-veineuses etc. Mais à défaut d’expérimentation sur les animaux par le procédé des lavements et des suppositoires, nous avons des observations cliniques suffisantes pour démontrer que la créosote et le gaïacol assurent réellement l’antisepsie, quelle que soit leur voie d'introduction, et cela d’autant mieux que les fonctions digestives sont plus ménagées, ce qui est le cas avec la méthode que nous indiquons.
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Aecidents de la médication
I n'y a pas de panacée universelle; c’est bien connu, et malgré cela quand paraît un nouveau traitement de la tubercuiose, ceux qui le préconisent le croient volontiers capable de révolutionner la thérapeutique et de guérir tout le monde. Et nous ne parlons pas ici des charlatans dont les observations portent couramment des numéros fantastiques, mais de bien des médecins honnêtes, plus enthousiastes malheureusement qu'instruits, et qui n’ont pas la patience d'attendre pour communiquer les résultats d'un traitement, que le temps ait fait son œuvre.
La médication antiseptique n’a pas échappé au sort commun. D'abord elle semblait applicable à tous les cas; puis il a fallu en rabattre, reconnaître qu’elle avait parfois à enregistrer des insuccès et, chose plus grave, à se reprocher des accidents.
Aujourd’hui mieux connue et mieux maniée, elle donne entre les mains de qui sait l’employer de merveilleux résultats, à la condition que ses indications
aient été soigneusement pesées.
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Toutefois, même dans, ce cas, elle peut encore déterminer des accidents ; les uns peu graves et purement locaux, les autres beaucoup plus redoutables, décelant l’intoxication de l’économie entiére.
Accidents locaux.— L’intolérance du rectum peut-* elle étre considérée comme accident? Il faut distinguer.
Si elle est due à une sensibilité particulière du rectum, c’est une contre-indication.
C’est un accident, si elle est imputable à la technique suivie.
Dans l'observation de M. le D' Folladonsa, il semble que la dose de créosote (1 gr.) fût trop forte, puisque le même rectum pouvait sans douleur tolérer - 0,50 centigr. Dans deux des observations, on verra que des suppositoires, d’ailleurs bien faits, contenant de 0,50 à 0,60 de gaiacol pur, ont amené une sensation de brülure. Il n’en est d’ailleurs rien résulté de fâcheux, bien que, dans un cas, cette médication ait été continuée longtemps. Mais nous croyons qu’il ÿ aurait lieu, le cas échéant, de s'en préoccuper, dans la crainte de voir survenir du côté de l'intestin ou de l’orifice anal des lésions qui pourraient avoir, dans le présent et dans l’avenir, des conséquences graves.
Nows n'avons dans aucune observation relevé de phénomènes douloureux aussi intenses que dans celle de notre confrère de Biarritz. Néanmoins, comme il faut éviter d’aggraver les sensations déjà si pénibles des phtisiques, nous estimons qu’on fera sagement,
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quel que soit le procédé employé, suppositoire ou lavement, de commencer. par de petites doses, 10, 15; 20 centigrämmes, en'les élevant progressivement de manière à atteindre la dose thérapeutique. :
Accidents généraux. —: Révillet: insiste avec
raison sur la nécessité de w’administrer les: antiseptiques que si le foie et les reins fonctionnent bien. En effet, les accidents généraux paraissent relever surtout de l’état de ces organes. Nous ne disons pas exelusivement.
- L'action hypothermisante des phénols, par conséquent celle de la créosote ou du gaïacol, ne doit pas, pour être efficace, dépasser certaines limites. A très hautes doses. ils abaissent la température très rapidement ; un tel résultat peut-être bon, mais avec la majorité des médecins, nous pensons qu’il ne doit pas être systématiquement cherché, car on s’exposerait en ne visant que l'indication thermique, à de cruels mécomptes.
Un abaissement de température léger est un bienfait, mais un abaissement trop rapide est un danger et un danger sérieux : on peut heureusement l’éviter avec de la prudence et des précautions et en graduant les doses.
Quant aux phénomènes d’intolérance, sueurs profuses, élévation thermique. ils ne sont pas rares chez les phtisiques avancés. On les observe après l’administration par la voie rectale comme après les injections
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hypodermiques. 11 n’y a qu’une façon de les éviter, c’est de cesser toute médication antiseptique chez le phtisique trop avancé pour la supporter, et de ne la commencer en pareil cas qu'avec la plus grande prudence ét par de très faibles doses.
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Indications
D'une façon générale, il y a indication pour la méthode antiseptique toutes les fois qu’il y a infection ; il y a spécialement indication pour le choix de la voie rectale quand on veut épargner le tube digestif dans ses parties indispensables. Nous ajouterons volontiers : quand il n’est pas possible de recourir à la voie hypodermique, que nous croyons être la plus sûre et la plus active. Mais ceci est une question d’appréciation ou plutôt de convenance, et certainement au point de vue de la rapidité d’action, de la sûreté, du dosage, de la précision en un mot, c’est la voie rectale qui nous paraît mériter de venir immédiatement après elle dans la plupart des cas, et l SUPORÉE sur elle dans certaines circonstances.
La voie rectale nous semble tout à fait indiquée chez les enfants. En effet, bien qu’on puisse pratiquer des injections aux petits malades, comme M. Marfan l'a fait, il y a là certaines difficultés pratiques sur lesquelles nous n'insisterons pas. Mais, comme nous
l'avons déjà dit, c’est plutôt aux suppositoires qu'aux lavements qu’il conviendra de s’adresser.
Il en sera de même chez les sujets très maigres chez qui l'injection serait certainement douloureuse. Enfin, comme toutes les médications, celle-ci comporte une indication, nous ne dirons pas absolue, mais trèsimpoitante : c’est qu'elle doit être commencée de bonne heure, attendu qu’elle a d'autant plus de chances de réussir que le sujet est moins infecté.
Contre-indications
Une première contre-indication, établie déjà par Demarquay, par Briquet pour les lavements médicamenteux ordinaires, c’est la vieillesse. Le rectum des vieillards n'absorbe guère. Peut-être cependant n’estce pas une règle sans exception, et nous pensons qu'on fera bien de ne pas y renoncer de prime abord, en se fondant uniquement sur l’âge trop avancé du malade.
L'existence d’une rectite peut constituer une contre-indication. Nous disons « peut » car une uicération tuberculeuse — elles sont d’ailleurs rares dans le rectum — serait peut-être avantageusement modifiée par le contact de l’antiseptique. :
Müis on aurait certainement à lutter contre des phénomènes d’intolérance, et, d'autre part, l’absorption étant toujours imparfaite dans un rectum malade et irrité (1), il ne faudrait pas compter au moins dans
(1) Dujardin-Beaumetz.
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les premiers temps sur des résultats généraux, mais seulement, et encore avec réserves, sur une modification locale. Nous pensons qu'en pareil eas plus que jamais, les doses très modérées seraient de rigueur
La diarrhée est presque toujours, sinon une contre-indication, au moins un obstacle.
Mais nous serions portés à croire que la contreindication, en pareil cas, réside moins dans la lésion locale que dans l’état général.
Chez la plupart des ph'isiques, en effet, la diarrhée est un phénomène ultime ; c'est en quelque sorte le témoignage de la cachexie et de l'usure profonde de l'organisme, trop profondément infecté pour réagir.
L'intolérance que nous appellerons générale, manifestée par les sueurs abondantes, les frissons et surtout l’aggravation des symptômes généraux, est une contre-indication formelle. Mais il ne faudrait pas se laisser arrêter par quelques sueurs passagères se manifestant après l’administration du médicament. Ce léger accident, observé par Picot, par Pignol, ne devient un obstacle que quand il est très accentué. L’accouturñance peut s'établir en usant de prudence et en graduant les doses.
C'est dans l’état du foie et des reins qu’on cherchera les indications et les contre-indications. Cela revient à dire qu'on ne devra jamais inaugurer le traitement sans avoir examiné le malade à fond, non