‹ De l'aphasieChapitre 10 sur 15 · PRONOSTIC - TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC - TRAITEMENT

Le pronostic qu’entraîne avec elle l’aphasie varie nécessairement, suivant le caractère transitoire ou permanent du phénomène morbide, et suivant les causes qui lui ont donné naissance. Lorsque l’aphasie est très-passagère, est purement nerveuse, elle guérit presque toujours, sans laisser aucune trace après elle. Il en est souvent de même dans les aphasies qui surviennent dans les lièvres graves ; cependant il faut savoir qu’elle peut, dans ces cas, être assez persistante pour ameper un grand trouble dans l’existence sociale des malades. Les aphasies transitoires qui se rencontrent dans la goutte, dans le digübète, dans l’albuminurie, ne paraissent pas non plus comporter un pronostic très-sérieux, bien que ce soit déjà l’indice d’un trouble d’une certaine gravité dans les fonctions cérébrales.

Les aphasies par congestion, même lorsqu’elles cèdent vite à un traitement approprié, peuvent faire craindre pour l’avenir des lésions cérébrales d’une plus haute gravi Lé, eL elles constituent quelquefois des avertissements qu'il ne faut pas méconnaître. Lorsque l’aphasie s’àccom-

pagne d’hémiplégie, le pronostic est immédiatement plus sérieux. Les troubles du langage seront plus persistants et ne disparaîtront qu’avec une extrême lenteur. L’aphasie pourra même persister indéfiniment, alors que l’hémiplégie aura guéri. Le pronostic sera alors d’autant plus sérieux, que le malade, en raison d’un état morbide tel qu’une maladie du cœur, ou des dégénérescences artérielles, sera plus exposé à de nouvelles attaques qui aggraveront sans cesse sa situation .

Quant à l’aphasie qui suit les traumatismes, elle constitue un symptôme d’une haute valeur pronostique, puisqu’elle indique au chirurgien des lésions plus ou moins profondes de l’encéphale ou de ses enveloppes. Si l’aphasie persiste après les premiers symptômes de la commotion encéphalique, elle révèle qu’il y a des lésions latentes qui se manifesteront dans un temps peu éloigné, par des accidents le plus souvent mortels.

— L’aphasie en elle-même ne comporte aucune indication thérapeutique. Dans les cas chirurgicaux, elle a pu quelquefois motiver la trépanation du crâne, qui a été pratiquée avec plus ou moins de succès.

Dans les conditions ordinaires, le traitement devra se baser sur le mode d’apparition et la marche du symptôme, et il devra être dirigé d’après la connaissance exacte des causes qui tiennent l’aphasie sous leur dépendance.

Quand il s’agira d’une aphasie avec hémiplégie droite, l’intervention thérapeutique sera la plupart du temps impuissante. Mais lorsque l’aphasie se présentera comme symptôme isolé, il y aura lieu d’agir avec énergie, et dans

plusieurs circonstances des purgatifs répétés, des émissions sanguines, pourront être suivis d’un rapide succès. Si la cause de l’aphasie est purement nerveuse, les antispasmodiques seront indiqués.

Nous ne saurions insister plus longuement sur des indications thérapeutiques , qui se puisent généralement dans l’étude des conditions de santé générale du sujet, plutôt que dans celle du symptôme en lui-même.

Si la thérapeutique est, dans bien des circonstances, impuissante à modifier les aphasies permanentes, on pourra obtenir par une éducation persévérante une diminution dans les troubles du langage. C’est ainsi que certains aphasiques hémiplégiques apprennant à écrire avec la main gauche, peuvent suppléer alors par l’écriture au langage articulé, qu’ils récupèrent plus lentement. Cette éducation nouvelle variera dans ses procédés selon les exigences des cas particuliers.

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