SORES
ne le considère comme diminué dans son intelligence et il essaie par tous les moyens possibles de combattre cette opinion. Au contraire quand le malade a récupéré la faculté de comprendre la lecture, mais seulement alors, il avoue que pendant longtemps les caractères de l'écriture n'avaient pour lui aucun sens et qu’il n’y voyait que du noir sur du blanc. Pour examiner l'état de la lecture mentale divers procédés sont à mettre en œuvre :
1° On présente au malade un certain nombre de mots imprimés ou manuscrits désignant des objets, et on lui demande de montrer l’objet correspondant : c’est là le seul procédé possible lorsque l’aphasie motrice est totale et complète ;
2 Lorsque le malade a encore quelques mots à sa disposition, on lui donne à lire un passage de lecture familière, fait divers de journal par exemple, et on lui demande de raconter à l’aide de la mimique et des mots qui lui restent ce quiest contenu dans l’article qu'il vient de lire;
3° On pose par écrit au malade une question familière sur un sujet qui l’intéresse directement : « Êtes-vous marié ? » ; « avez-vous des enfants? ; « quel métier faisiez-vous ? » La réponse indique si le malade comprend ou non la question écrite. Cependant il faut remarquer que les mots « marié », « enfants », « métier » frappent suffisamment le malade pour lui faire deviner le sens général de la phrase. Il ne comprend pas à proprement parler, il devine plutôt. On répète alors l'expérience en posant des questions analogues, avec les mêmes mots principaux, mais en changeant le sens de la phrase : « À quel âge vous êtes-vous marié? » ; « quel âge a votre dernier enfant? » On verra alors si la réponse a changé avec la demande et si le malade comprend vraiment ce qu'il lit. Dans les expériences précédentes le centre de la lecture agit seul, mais on peut lui venir en aide par le centre de l’audition ;
4° On donne une page écrite ou imprimée au malade et on lui dit de rechercher tel mot qu'on lui indique;
5° On montre au malade un mot quelconque et on lui demande si ce n’est pas là tel ou tel autre mot : par exemple on indique au malade le mot « liberté » et on. lui demande si ce n’est pas là le mot « république » ;
6° On peut encore faire intervenir l’action adjuvante simultanée des centres moteurs d’articulation et auditif en disant au malade de lire à