IIT. — SURDITÉ VERBALE PURE
OBSERVATION 61. — SÉRIEUX. Rev. Med., 1893, août, p. 733 (résumée).
Surdité verbale pure partielle datant de six aus. Absence complète de cécité verbale, d'aphasie motrice, d'agraphie. — Otite droite ancienne ; intégrité de l'ouïe du côté gauche. Amnésie musicale : impossibilité de reconnaître et de chanter certains airs. Surdité psychique incomplète. Écriture sous dictée défectueuse. Paraphasie légère pour l'écriture spontanée ; troubles correspondants de l'écriture spontanée. Compréhension partielle du langage écrit. Marche progressive des symptômes. Lotus cérébral. Surdité verbalecomplète. Perte de l'écriture sous dictée ; langage et écriture spontanée incorrects. Lecture à haute voix possible, mais le plus souvent sans compréhension du texte lu. Pas de paraphasie.
Désirée Bar..., veuve Roun..…., 51 ans.
Otite droite ancienne. Affection médullaire ancienne.
En 1887 : difficulté à comprendre les mots, obligée de faire répéter, bien qu'elle perçut les bruits. — En 1890 ne comprend pas les paroles.
En 1891 : examen par M. Sérieux. — Compréhension du langage parlé, sinon complètement abolie, du moins très gravement compromise. Comprend parfois les questions banales (bonjour, tirez la langue). Ne comprend pas la plupart des mots et semble sourde. Entend bien les sons. Reconnaît parfois un mot dans une phrase, mais ne comprend pas le sens de la phrase, sauf exceptionnellement où la reconnaissance d'un mot lui fait deviner le sens de la phrase. Donc surdité verbale incomplète.
Amnésie musicale incomplète. Ne reconnaît pas les airs.
Léger degré de surdité psychique : prend le chant des oiseaux pour des voix de femmes.
Acuité auditive : normale à gauche, nulle à droite par suite de l'otite ancienne.
Écriture sous dictée très altérée; quelques mots seulement sont reconnaissables. La malade rassemble des lettres en mots sans aucun sens (paragraphie).
Parole spontanée : assez bonne. Change ou supprime dans certains mots des lettres, des syllabes. — Paraphasie légère parfois. La malade exprime ses idées d'une façon compréhensible.
Ecriture spontanée : assez bonne. Mèmes troubles que pour la parole spontanée. — Paraphasie très légère en écrivant, mais n’altérant pas la compréhension des phrases
Répète quelquefois certains mots prononcés. — Ne réussit pas pour tous les mots. Pas d’écholalie.
Compréhension des mots écrits. Ordinairement bonne; cependant ne comprend pas certains mots.
La paraphasie légère disparaît à la lecture. Lit parfaitement, même des termes techniques quelle n’a jamais lus auparavant.
Pas de cécité psychique.
Mémoire bien conservée.
Intelligence un peu affaiblie.
Aggravation progressive et lente de tous les phénomènes morbides, surtout prononcée après un ictus (décembre 1892).
Surdité verbale : complète ne comprend que quelques mots.
Parfois ne comprend pas certaines phrases écrites.
Lecture à haute voix, bonne. Mais la malade ne comprend plus ce quelle lit, sauf quelques phrases.
Parole spontanée plus incorrecte.
Copie persiste.
Amnésie verbale plus accentuée.
En résumé, on pouvait reconnaître dans l'évolution de l'affection chez cette malade deux périodes: la première de surdité verbale pure; la deuxième évoluant progressivement, mais exagérée après un ictus apoplectique, d’aphasie sensorielle.