‹ De L'Aphasie SensorielleChapitre 7 sur 41 · LATE · texte numérisé non relu

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phie qui est capable de communiquer toutes ses pensées par l'écriture, qui est capable de traduire par un mode quelconque d'écriture son langage intérieur. Aussi chez un aphasique, doit-on, après lui avoir mis une plume entre les mains et lui avoir demandé d'écrire son . histoire, faire la même recherche en se servant de l'écriture typographique, soit en mettant à sa disposition, comme nous l’avons fait après Perroud, Ogle et Lichtheim, des cubes alphabétiques, soit en le faisant écrire avec une machine à écrire. Ces recherches sont des plus importantes, comme nous le verrons, pour juger de l'existence du centre des images graphiques.

Après l'écriture spontanée, on étudiera l'écrilure sous dictée en examinant successivement les mots familiers et usuels et les mots spéciaux. Enfin on fera copier au malade quelques lignes imprimées {copie de l'imprimé), puis manuscrites {copie du manuscrit). On notera si le malade oublie des lettres ou des mots, s’il copie des mots les uns pour les autres ; s'il transcrit l'imprimé en manuscrit ou en imprimé, s’il comprend ce qu'il écrit ou s’il copie comme un dessin. Il faudra faire aussi attention à ce fait; un malade, au premier abord, semble écrire très mal ; souvent cela tient à ce qu’il cherche à comprendre le mot qu’on lui donne à copier, et à transcrire ensuite l’image du mot réveillée dans son langage intérieur. En somme il ne copie pas, mais transcrit une image intérieure réveillée par la vue du mot.

Après cette étude des mots, on passera à l'examen de l'écriture des chiffres, spontanée, sous dictée, en copie d’après l'imprimé ou le manuscrit.

Si les mots, si les lettres ont perdu tout sens pour le malade, il n’en est plus de même des dessins allégoriques, des emblèmes : le malade les reconnaît immédiatement et en comprend le sens exact. Ainsi un de nos malades du service de M. Dejerine, à Bicêtre, était incapable de reconnaître les lettres R. F. Mais si on les encadrait d’un cartouche, immédiatement il disait « République Française ».

I faut maintenant se rendre compte de l’état de l'intelligence du sujet La mimique, souvent d’un si grand secours pour comprendre la pensée de l’aphasiqué, donnera de précieux renseignements. En général l’aphasique cortical, dont un centre d'images du langage est

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détruit, a perdu la faculté d'évoquer le mot dans son langage intérieur (Dejerine). Son intelligence s’en ressentira fatalement ; aussi existe-t-il toujours chez les aphasiques corticaux un certain défecti intellectuel, un amoindrissement de l'intelligence. Par suite la mimique de l'aphasique cortical, bien que conservée et expressive, est cependant infiniment moins riche et moins variée que celle du souscortical dont toute la zone du langage et le langage intérieur sont intacts (Dejerine).

On étudiera la mémoire du malade en lui faisant réciter l'alphabet, la série des chiffres, les jours de la semaine, la série des mois ; on provoquera des réponses simples et précises sur des faits très connus. On recherchera aussi la cécité psychique : comment le malade évoque-t-il le souvenir visuel des personnes, des faits, des lieux qui lui sont familiers ? Reconnaît-il les objets et les personnes? S’égaret-il dans les rues ?

Tel est le plan, que sur les conseils de notre maître M. Dejerine, nous avons toujours suivi pour l'examen de nos malades. Très compliqué en apparence, il est facile à exécuter pourvu que l’on ait quelque habitude de l'examen de cette variété de malades. Il n’a pas la prétention d’être parfait, ni de présenter des limites inviolables, ce n'est qu'un canevas contenant les grandes lignes du sujet et permettant de ne rien laisser échapper d’important dans l'examen du malade. Pour qu’une observation puisse être vraiment utile, il est indispensable qu’elle présente des réponses nettes à chacun des faits indiqués ; l'absence de l'un de ces points, qui peut sembler de peu d'importance, peut rendre l'observation inutilisable et perdue pour la science. En se guidant sur ces points de repère, on accumulerait rapidement un grand nombre de matériaux permettant d'arriver à une solution, sur beaucoup de points litigieux encore.

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