Biblioth, de V École des chartes, t. V, p
2. Preterea vos scire Yolnmus quod qualiter saper his vel aliis vagabundis indigenis vel extraneis regnum transeuntibus dilectus pater noster Dn. Magnas (Magnus 1*^% dit Ladislas),rex bonae mémorise, ^tatuit, et nos postmodam ordinare decre- Timus , yobis iofra predicti mensis spatlam intendimus lacidius declarare.
. 3. En date de Christiania, 8 jaillet 1849. — Entre aatres ehoses intéressantes, M. Sundt veut bien me communiqaer une liste de mots de la langue des Tatern, et des traditions bohémiennes très-curieuses qui ne se retrouvent pas cliez nous. Plusieurs Tatern ont raconté à M. Sundt que « leurs saints ancêtres avaient apporté la langue romanni (bohémienne) de la ville à'Assas, située dans le pays d'Assaria, » etc.; et M. Sundt me fait remarquer en même temps un passage des Antiquités indiennes (Indische Alterthûmer) de Lassen, 1. 1, p. 385-86 et 456, qui ouvre un aperçu nouveau sur la question d'origine. — M. Sundt m'annonce du reste que son ouvrage, qui doit être court, trop court sans doute, paraîtra prochainement. Je souhaiterais que les nouvelles données, fournies par le présent Mémoire, rengageassent à poursuivre ses recherches historiques. Dans tous les cas , mille remerclments à M. Sundt, et aussi au lieutenant George Vedeler, à l'entremise duquel je dois cette précieuse communication.
que j ai trouvée dans Messenius, et qui se rapporte à Tannée 1513. M. Sundt hésite en conséquence, comme moi, devant l'interprétation présentée par Gràberg de Hemso. Il me fournit toutefois une observation qui a son importance. D'après divers indices, et d'après les propres affirmations des Tatern de Norwége , il regarde comme certain que ceux-ci sont arrivés dans le pays, non par le Danemark et la Suède méridionale , mais par le nord de la Suède et le duché de Finlande, c'est-à-dire, par le nord de la Russie. Les traditions bohémiennes que me communique M. Sundt viennent à Tappui de cette affirmation: leur originalité indique que les Tatern appartiennent à un détachement de la race bohémienne , différent de celui qui s'est répandu dans l'Occident.
En résumé, rien ne subsiste en faveur de l'opinion qui fixe vers l'année 1417 l'arrivée des Bohémiens dans l'Europe orientale. Au contraire , nous avons la preuve certaine de l'établissement des Bohémiens en Chypre et dans les îles de la Méditerranée au commencement du quatorzième siècle , et de la présence de Bobémiens esclaves en Valachie vers 1370. De plus, l'assimilation des Szalassii aux Bohémiens, c'est-à-dire, la présence de ceux-ci dans le duché deCracovie dès 1256, prend une grande vraisemblance. Enfin, nous avons eu à signaler, d'après M. Kopitar, les Stxdtvot de la fin du onzième ou du commencement du douzième siècle, et à examiner quelques documents à l'aide desquels on a prétendu établir l'existence des Bohémiens dans plusieurs pays de l'Europe orientale et septentrionale dès le treizième et le quatorzième siècle : dans la Hongrie (ou la Transylvanie qui lui appartenait), en 1260; dans la Silésie, en 1344 et 1 394 ; dans la Suède, en 1 303. Mais ces documents, sans excepter celui qui concerne les Stxdtyoi, sont de valeur contestable; et notamment , bien que l'existence des Bohémiens en Hongrie dès le milieu du treizième siècle fût une conséquence presque forcée de leur présence dans le duché de Gracovie à la même époque (si cette présence était entièrement prouvée), il est probable que les Gingari de 1 260 ne sont qu'une erreur de copie.
Quant aux Bohémiens qui nous sont signalés en Chypre, en Yalachie, et dans le duché de Gracovie, nous les trouvons dans des conditions différentes qui méritent d'être observées. En Chypre, leur état, assez bien défini au milieu du quinzième siècle, ne parait pas l'être vers 1332. L'observateur qui les dépeint à
cette époque ne sait pas leur nom : il est vrai que c'est un étrauger, un Anglais. En somme, rien n'indique qu'ils fussent dans ce pays depuis longtemps; mais il n'y a pas non plus de circonstance décisive qui prouve que leur arrivée fût toute récente. La condition dans laquelle nous les trouvons en Yalachie vers 1370 est beaucoup plus significative. Ils sont déjà esclaves comme aujourd'hui ; d un trait de plume, comme on le pouvait faire il y a quelques années , le maître en donne quarante familles, c'est-à-dire, cent quatre-vingts têtes au moins. Enfin, les noms qui servent à les désigner dans cette condition sont les noms actuels, et ces noms sont employés sans aucun commentaire, comme parfaitement connus de tous. Évidemment ces Gigani sont dans le pays depuis un temps assez long. Il parait en être tout autrement des Bohémiens signalés dans le duché de Cracovie en 1 256 : la manière dont l'autorité les désigne semble indiquer qu'ils sont arrivés dans le pays depuis peu.
Maintenant il est naturel de se demander s'il ne serait pas possible de suppléer jusqu'à un certain point à l'insuffisance des documents, et d'arriver, par un enchaînement d hypothèses, à fixer l'époque probable de l'établissement des Bohémiens dans l'Europe orientale. Cette question, je me la suis posée ; je n'osé dire que je l'aie résolue, voulant me réserver de l'examiner encore. Je suis toutefois assez porté à supposer que les Bohémiens se sont répandus dans l'Europe orientale dans le cours du treizième siècle * ; et notamment qu'ils se sont établis en assez grand nombre dans la Hongrie vers 1245 ou 1250. Je ne regarde pas ces hypothèses comme assez définitives pour que je développe aujourd'hui les considérations qui m'y ont conduit ^ mais il était peut-être utile d'en consigner le résultat. Selon moi, il y a des présomptions pour que les documents qui résoudraient le problème de l'arrivée des Bohémiens dans l'Europe orientale appartiennent au treizième siècle , et soient même très-voisins de 1245 ou 1250 pour la Hongrie. Si cette supposition est exacte, elle peut éclairer les investigateurs et faciliter les découvertes. Du reste , je l'applique seulement à l'Europe orientale, ou même
1. U parait qae cette opinion a déjà été âmise dans les principautés du Danube. Je trouve dans M. Colson (De Vétat desprincipatUés... Paris, 1839, in-8% p. 142) : «LesCigains. .. . parurent pour la première fois en Moldavie, suivant les uns au treizième^ selon d'autres an quinzième siècle, en 1417. » M. Colson est un écrivam très-exact.
à certaines parties de cette région, sans rien préjuger pour les pays du nord, tels que la Russie, la Suède, etc.
Même en supposant que mes prévisions générales se justifient relativement à FOrient, tout ne sera pas encore dit sur l'arrivée et rétablissement des Bohémiens dans ces contrées. De même que leur dispersion en Occident s est opérée graduellement, elle peut avoir eu plusieurs phases en Orient ; et là, par l'effet de diverses circonstances locales , ces phases successives ont pu être encore plus distinctes. Dans ce mouvement de migration, plusieurs flots ont dû se succéder ; il n'est pas impossible, par exemple, qu'un flot nouveau soit arrivé vers Tépoque oii les Bohémiens se répandirent en Occident, que d'autres soient venus encore plus tard. Quoi qu'il en soit, les fortunes diverses que cette race aventureuse rencontra parmi des peuples si divisés de mœurs et de langage, et dans des pajs si troublés, méritent attention. Voilà ce que les investigateurs ne doivent pas perdre de vue.
De toutes manières, nous sommes toujours loin, comme on le voit, de rhypothèse du docteur Basse *, qui trouve les Bohémiens sur les bords du Danube dès le temps d'Hérodote. Les observations que Basse produit à l'appui de son opinion sont assez spécieuses pour mériter une critique approfondie. Mais l'examen de cette hypothèse sera mieux placé dans nos travaux nécessairement un peu hypothétiques sur l'origine des Bohémiens. Nous avons voulu nous borner ici à la production et à la critique des documents précis.