CHAPITRE W
De diverses formes de l’appendicite à canal ouvert.
Nous nous proposons dans ce dernier chapitre de dire quelques mots des différentes formes de l'appendicite à canal ouvert et des lésions anatomopathologiques auxquelles elle a donné naissance.
Sonneberg divisait les appendicites en simples, perforantes, suppuratives et gangréneuses.
Talamon admet trois variétés : appendicite pariétale, Suppurée et gangréneuse.
Il nous parait plus simple de nous rattacher à l'idée de Sahli, qui donne pour cause et point de départ à la maladie un noyau purulent appendiculaire qui, en augmentant, aboutit soit à la transformation en sac purulent de la cavité appendiculaire, soit à la perforation suivie d'infection de voisinage.
Bland Sutton, dans un mémoire présente ant Société Clinique de Londres, démontre que c'est
2 : tes l'infection de la muqueuse et du tissu adénoïde sousmuqueux qui provoque les accidents inflammatoires.
Voyons quels sont les lésions histologiques dans les appendicites à formes aiguës.
L’épithélium est intact. Le chorion dela muqueuse est tuméfié. Les lésions portent surtout sur les follicules lymphatiques qui arrivent à se toucher. Il faut joindre à cela de la périfolliculite et des lésions accentuées des lymphatiques, ce qui explique la rapidité de l'invasion du péritoine.
Weinberg, à qui nous faisons de larges emprunts, appelle cet ensemble de lésions, de l'adéno-lymphangite.
Dans les formes hémorrhagiques on a de l'apoplexie folliculaire et pariétale.
Dans les formes suppurées, le follicule devient un petit abcès qui ulcère la muqueuse. Quand ce petit abcès pénètre .dans la paroi et la traverse, 1lyraïpere foration, et au voisinage de cette perforation,. les lésions d’une infection suraiguë.
Dans l'appendicite chronique, quelle que soit la dilatation de l'appendice, généralisée ou partielle, il est remarquable que la perméabilité de l'organe dans toutes ses parties, y compris celles ectasiées, demeure souvent parfaite. On peut, au contraire, ÿ trouver un ou plusieurs rétrécissements.
Pour l'appendice, comme d'ailleurs pour tous fes canaux de l'organisme, la distension permanente provient avant tout des altérations subies par les parois. C’est à la sclérose de la muqueuse et surtout à celle de la sous-muqueuse, immobilisée par trans-
Le formation fibreuse, qu’il faut remonter comme à la source de tous les désordres. La stase intra-cavitaire par rétention du contenu n’y joue qu’un rôle absolrment secondaire. Cela n’a rien de commun avec les dilatations kystiques par rétention.
Lorsqu'on fait une résection d'appendice à froid, que cette résection s'effectue après une première crise ou qu'elle soit consécutive à plusieurs attaques antérieures, on se trouve toujours en présence d’un appendice présentant des lésions d'appendicite chronique, ce qui indique la préexistence certaine d’une inflammation antérieure de l'organe.
Ce que nous venons de voir s'applique à l’appendicite chronique atrophique. Dans l'appendicite hypertrophique, le maximum des lésions siège dans le tissu lymphoïde.
L’infection nous permet bien de comprendre les différentes lésions anatomo-pathologiques que nous constatons. Elle nous permet très aisément aussi de saisir la pathogénie des accidents.
Suivant la virulence du milieu et la réceptivité du Sujet, nous voyons la maladie suivre une marche toute différente. S'il y a simple inflammation des parois et si cette inflammation est de moyenne intensité, les accidents appendiculaires seront légers et tout se terminera par une prompte résolution. Mais le foyer peut ne pas s’éteindre complètement ; il se rallumera à intervalles plus où moins éloignés et nous donnera le tableau des appendicites à rechute.
Si le milieu microbiologique possède une grande virulence, les microorganismes et leurs toxines tra-