OBSERVATION XI
(Personnelle).
Service de M. Jaboulay.
M..., 35 ans. Salle Saint-Louis, n° 23, a toujours joui d'une bonne santé jusqu’à l’année 1893, où il présenta les premiers phénomènes appendiculaires. A la suite d’une partie de pêche, le malade ressentit de vives douleurs dans la fosse iliaque droite et eut des vomissements. Ces accidents persistèrent pendant un mois, avec douleur abdominale persistante et difficulté de la marche.
Depuis cette époque, tous les ans, au mois d'août, légère récidive, avec phénomènes moins vifs que lors de la première atteinte.
Depuis deux ans, douleurs toutes les nuits, avec quelques vomissements. Ces douleurs sont pulsatiles. Le malade est réveillé par des battements douloureux dans la fosse iliaque droite.
Au mois de janvier 1900, M. Duchamp, de Saint-Etienne, propose l'intervention, qui est alors repoussée.
Le malade se décide à entrer à l'Hôtel-Dieu. Les douleurs sont toujours les mêmes. On ne constate pas d’empâtement, Il n’y a pas de température.
Opération le rer juin. Laparotomie iliaque. L’'appendice est assez facilement trouvé. Le méso est infiltré de graisse et considérablement épaissi. Résection entre deux ligatures. Suites très simples. L'appendice mesure 7 à 8 centimètres de longueur, il est turgescent et légèrement enflé à son extrémité. Sa lumière est parfaitement perméable, et un stylet parcourt librement la cavité appendiculaire, A la coupe, le canal est libre. Les parois sont épaissies et présentent nette-
0 on
ment en un point les lésions de l’appendicite chronique. Au sommet, la cavité s'agrandit notablement.
Pas de corps étranger.
Nous donnons l'observation suivante, uniquement pour la faire suivre du commentaire de l’auteur,
OBSERVATION Xil
(Thèse de VIGnarD).
H. P..., 11 ans, avait souffert à plusieurs reprises de douleurs dans le ventre, mais ne s'était jamais alitée.
Le 19 mars au matin, la malade ressentit une douleur vive dans la fosse iliaque droite et eut un vomissement. Cependant, elle alla à la messe, resta levée une partie de la matinée et ne s’alita que dans la journée. Le médecin appelé porta le diagnostic d'appendicite de moyenne sévérité. [l n’y eut pas dans la journée de symptômes alarmants, mais seulement un état nauséeux persistant. La température oscillait entre 37 et 38 degrés.
La journée du 20 fut bonne; cependant, le soir, la température monte à 39°3.
Mais l’état général était resté excellent. Nous avons eu l'occasion de voir récemment les personnes faisant partie de l'entourage immédiat de la malade, etelles nous ont confirmé qu'à ce moment, trente-six heures après le début, rien ne pouvait faire prévoir ce qui allait arriver.
Le 21 au matin, la température était retombée à 3808, mais le tableau symptomatique avait changé. Le professeur Poncet, appelé en consultation, constata les signes suivants : le facies était grippé, les yeux excavés, l'expression dolente. Etat nauséeux.
Le ventre à peine ballonné, était douloureux, partout, mais principalement au point de Mac Burnay. On ne sentait
rien dans la fosse iliaque.
SbOPE Température 388. Pouls 120.
L'enfant fut opérée quelques heures après.
A l’incision du péritoine, liquide fétide, d'odeur aigrelette. On cherche à détacher l'appendice, à peine adhérent aux anses voisines. Il s'écoule une cuillerée à café de pus blanc et épais.
Des fausses membranes grisâtres tapissent les anses intestinales. L’appendice mesure environ 6 centimètres, il a le volume d’une grosse plume d’oie.
À 15 millimètres de son sommet, perforation en puits évasé au dehors et dont on n’aperçoit pas l’orifice profond. A l’incision de l’appendice, un calcul stercoral s'échappe, du volume d’un gros grain de blé.
L'appendice se compose de deux partiee.
Une partie inférieure à parois épaissies (il doit s'agir ici d’un ancien processus inflammatoire).
Une deuxième partie séparée du reste par un resserrement Marqué, au-dessus duquel se trouvent les lésions inflammatoires qui ont abouti à la perforation.
L’appendice est réséqué et son extrémité supérieure maintenue entre les mors d’une pince aux bords de la plaie.
Drainage avec deux tubes de caoutchouc en canon de fusil. Mèches de gaze iodoformée,
Mort le surlendemain, 23 mars, à ro heures du soir.
Nous ferons remarquer que dans cet appendice, la perforation siégeait à la base, au-dessus du point rétréci. On ne saurait donc invoquer ici la théorie et le mécanisme de la cavité close.
ER, Pen