‹ De l'appendicite: À canal ouvert: Pathogénie des accidents appendiculairesChapitre 9 sur 27 · LOS · texte numérisé non relu

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pliquée de lymphangite. Quel que fût le degré des lésions, la cavité appendiculaire communiquait presque toujours avec l'intestin et il a été le plus souvent facile de vider le contenu de l’appendice dans le cœcum. Ils font de l'appendicite le résultat d’une entéro-colite antérieure. Pour eux, la concrétion stercorale serait la conséquence et non la cause de l'infection. Ce sont les poussées inflammatoires successives qui amèneraient la sclérose de l'appendice.

Goluboff dit que l'appendicite est une maladie Éépidémique bactérienne, ce qui constitue une notion importante dans les cas légers d’appendicite.

Beck enseigne que tous les processus sont une occasion d'infection. Ils peuvent tous amener des troubles circulatoires et des altérations de la muqueuse appendiculaire.

Merklen cite trois cas d’appendicite à la suite de l’influenza chez des enfants prédisposés. 11 explique les accidents par l'augmentation de la virulence des microbes habituels de l'intestin.

Gobuloff, de Moscou, conteste le rôle des calculs Stercoraux. On les trouve souvent dans des appendices sains, alors qu'ils manquent souvent dans l’appendicite. D’après von Renvers ils n’existeraient que dans 40 °/o des cas.

Sahli,de Bern, signale la grosse ressemblanceentre l’appendicite et l’angine folliculaire et appelle l’appendicite Angina der Wurmforsatses. La plupart du temps l’appendicite est une infection comme l’angine folliculaire pour l’amygdale, la dysenterie pour le

Le pas

gros intestin. C’est une maladie non seulement infectieuse, mais épidémique.

À Moscou, dans l’été et l’hiver de 1895 et le printemps de 1896, il a vu 4 à 5 fois plus de cas d’appendicites que dans ces dix dernières années. I] voit une grande analogie entre la dysenterie et l’appendicite infectieuse épidémique. Les lésions des parois offrent, dans les deux cas, une grande analogie ; c'est de l'inflammation catarrhale avec exulcérations plus ou moins profondes.

Anghel considère l'infection générale. Il cite la rougeole, l’amygdalite, la fièvre typhoïde, la varicelle, la scarlatine qui peuvent s'accompagner, surtout chez les enfants, de localisation appendiculaire. Il attribue une grande importance à la stagnation des liquides.

Voici un résumé des expériences d’Anghel : Il injecte dans l’appendice une culture de coli bacille et obtient une folliculite et la nécrose des follicules.

En répétant la même expérience dans l’appendice constitué en vase clos, il obtient une hydropisie sous-jacente, mais pas de lésions nettes d'appendicite. Après une première crise, il reste un microbisme latent qui sera le point de départ d'accidents ultérieurs.

Kummel cite 104 résections d’appendices à froid, sans mort. Il admet contre Ribbert que l’oblitération spontanée n'existe pas; elle est le résultat d'une oblitération inflammatoire. Au début de l’inflammation chronique il y a catarrhe aigu et tuméfaction de

ie la muqueuse cœcale, puis tuméfaction de la valvule de Gerlach et oblitération de l’appendice.

L’appendice enlevé est en état d'érection, souvent avec un contenu stercoral; la muqueuse et la musculeuse sont épaissies. Souvent il y a perforation. Notez que fréquemment il y a abcès sans perforation. Il s'agit alors d’une lymphangite, d'un processus phlegmoneux avec suppuration consécutive.

L'infection est facilitée par la richesse en glandes de lappendice et par ses nombreux vaisseaux lymphatiques. Dans les cas à grand fracas, on pense souvent à une perforation appendiculaire qui n'existe pas, de même que les appendices perforés peuvent donner naissance à des symptômes de peu d’intensité.

Kummel divise ses cas en quatre groupes :

[. — 21 cas. Inflammation chronique de l’appendice. Epaisissement de la musculeuse et tuméfaction de la muqueuse. Lumière en partie remplie d’un contenu fluide ou stercoral.

IT. — 32 cas. Inflammation chronique. Lésions appendiculaires et constriction.

[I — 33 cas. Inflammation chronique, ulcération et perforation.

IV, — 17 Cas. Calcul stercoral avec ou sans perforation. Fréquence des récidives.

Bruns donne 56 observations. Dans 22, il y a perforation. Dans 14, on trouve des COrps étrangers. Dans les autres, on constate l’hypertrophie de la

muqueuse et des tuniques. Il ne s'inquiète pas de la perméabilité du canal. Dans une seule observation, il constate que la sonde parcourt toute la longueur de l’'appendice sans être arrêtée.

Il cite ensuite successivement :

Czerny qui trouve 100/ de calculs stercoraux et, le plus souvent, de la matière stercorale liquide.

Ribbert donne 400 observations avec 25 0/0 de cas d’oblitération. Donc, dans 75 0/0 la perméabilité du canal existe.

Senn dit que l’oblitération, quand elle existe, est le résultat de l’inflammation et des résidus de cette inflammation. 11 donae comme agents les plus fréquents de l'infection le bactérium coli, le streptocoque, le staphylocoque, la grippe, le typhus. Comme cause d'infection, l’actynomicose est moins fréquente, mais pas très rare. Le champignon amène l'hypertrophie de la muqueuse et dela musculeuse.

A rapprocher de l'opinion de Sennsur l’appendicite actynomicosique, la thèse de Hinglais où l’appendicite à grains jaunes est longuement étudiée.

Dans la Gazette hebdomadaïre,en 1896, MM. Poncet et Jaboulay examinent 71 opérations d’appendicite. Sur ces 71 cas, ils n’en retiennent que 15 dans lesquels l’appendice enlevé a été examiné avec tout le soin désirable. Six fois on constate un ou plusieurs rétrécissements donnant à l'organe diverses formes. Mais, fait sur lequel M. le professeur Poncet appelle tout particulièrement l'attention, cinq fois l’'appendice était rectiligne, sans déformation d’aucune sorte. Il était indemne de toute flexion, de tout

rétrécissement; il Communiquait à plein canal avec le cœcum et l'on ne trouvait dans sa cavité aucun Corps étranger. On avait affaire cependant, dans ces Cas, Soit à des appendicites graves avec péritonite suppurée, soit à des appendicites à rechute.

M. le professeur Poncet conclut ainsi : « De cet € ensemble d'examens anatomiques, il résulte nette- « ment que la pathogénie de l’appendicite, quelle { qu'en soit la forme, n'en n'est pas une, et, entre € parenthèses, que la théorie du vase clos, si brillam- « ment défendue par M. le professeur Dieulafoy, est € loin de répondre à la réalité des observations ».

Nous-même avons eu l’occasion, dans le cours de nos études, de voir opérer un certain nombre d'appendicites. Sans parler des enfants, où le canal Ouvert est presque la règle, nombreux sont les cas, chez les adultes, où il nous a été permis de constater l'entière perméabilité du canal appendiculaire. Nous publions plus loin une observation personnelle où le fait est parfaitement évident.

Roux, de Lausanne, au Congrès de Chirurgie de Lyon, en 1894, a complètement éliminé le COrps étranger de l’étiologie de l’appendicite, en exposant par des recherches expérimentales, que les corps étrangers contenus dans l’appendice, n'étaient pas Suffisants pour provoquer les accidents appendiculaires. Après avoir,chez le porc, confectionné un véritable appendice aux dépens du Cœcum, ce chirurgien note la tolérance du canal appendiculaire pour des Corps étrangers, de toute espèce, qu'il y introduit. Malgré la ligature des vaisseaux nourriciers, il

Se ne peut provoquer ni gangrène, ni appendicite.

On pourrait objecter à ces expériences que le cœcum, ainsi transformé en appendice, n’a pas la structure de cet organe et que cette différence suffit à expliquer l'impossibilité d'en déterminer l'inflammation. Mais rappelons-nous les recherches de de Lafforgue et ses 88 0/0 de sujets chez lesquels il trouve l'appendice obstrué et sans jamais pouvoir retrouver chez eux d'accidents appendiculaires antérieurs.

L'année suivante, Roux revient encore sur l’appendicite et, après les chirurgiens anglais etaméricains, il l’assimile à l'amygdalite. Dans les deux processus, grande analogie, bien facilementexpliquée d'ailleurs, par les ressemblances anatomiques.

A. Broca, dans un ouvrage tout récent, reprend et développe cette idée et il conclut :

« Comme l’amyogdale, comme tous les organes à « appareil Iymphoïde très développé, l'appendice « s’enflamme aisément; et ce qui, dans Île reste de « l'intestin, causerait des lésions banales et passa- « gères d'entérite, aboutit ici à des inflammations « prolongées, puis à des gangrènes, à des perfora- « tions, en raison de la structure spécialedel'organe, « en raison de sa richesse en follicules clos, de la « formation des calculs, de la minceur des parois, « de l'étroitesse du calibre, de la stagnation de pro- « duits septiques dans le cul-de-sac. Les diverses « formes de l’appendice, sa longueur et ses torsions « expliquent peut-être l'influence héréditaire qui est « souvent notée dans lesaccidentsappendiculaires. »

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