‹ De L'Appendicite Dans La Race NoireChapitre 20 sur 21 · PRES · texte numérisé non relu

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ses a été établi, et nous relévons le tableau suivant (Builetin de Soc. pathol. exotiq., 1922).

SUR 100 INpivinus :

£ Ascaris. Aokylostomes. Trichocéphales. Oxyures. Côte d'Ivoire .:..... ve 45 75 70 0 Cameroun", 28 84 42 0 Madagascar......... e Dre 33 30 0

-Le tube digestif des indigènes de nos colonies est donc fort riche en parasites et cependant tous nos médecins colomaux ont confirmé la rareté de l’appendicite chez eux; à

première vue, l’on serait donc tenté de déposséder les vers

du rôle ingrat qu'on leur assigne.

Matignon a d’ailleurs fait, en 1901, à l'Académie de méde-

cine, une communication intéressante dans laquelle il opposait

la rareté de l’appendicite à la fréquence de l’helminthiase chez les Chinois, dont l’appendice grouille de vers. Mathis et

Léger, au Tonkin, en 1909, ont fait la même remarque, et Le

- Roy des Barres, à Hanoï, a également opposé ces deux états

pathologiques chez les Annamites; ce dernier auteur cite

comme très fréquents les cas d’ascaris émergeant de la bouche

ou des narines des indigènes. L'index helminthiasique établi

au Tonkin est le suivant :

pour 100 mDIVIDUS :

Ascaris. Ankylostomes. - Trichocéphales. Oxsures.

Mais, à l'argument invoqué contre le rôle des vers dans

l'appendicite, on peut répondre assez facilement. D’abord, un

rapprochement s'impose entre les peuples que les auteurs pré-.

cédents ont cités; c’est que Noirs, Arabes, Chinois ou Anna-

mites, tous sont végétariens. Or, nous avons étudié l'influence

qu’exerçait l'alimentation dans la pathogénie de l’appendi-

cite; le régime carné habituel donne lieu à des modifications

UN Te

de nutrition des parois appendiculaires, modifications nécessaires pour que, d’une part les microbes (théorie entérogène), d'autre part les parasites (théorie parasitaire), soient dangereux.

En effet, comment agissent les parasites ? Par action traumatique ? Par action toxique ? Par action inoculatrice surtout- (Guiart); sur des coupes histologiques, on voit, tout autour de la section du parasite fixé dans la muqueuse, un certain nombre de microbes et tous les stades de l’inflammation. Les vers jouent le rôle de véritables lancettes. d’inoculation; en se frayant une voie d'accès dans les paroïs de l’appendice, ils inoculent les microbes de l'intestin qu'ils ont balayés au cours de leur traversée intestinale. Or, le tube digestif des végétariens est incomparablement moins septique que celui des mangeurs de viande; le nombre des microbes est moindre, leur virulence aussi, et les résidus moins toxiques; et, parce qu'ils ne trouvent pas d’auxiliaires spécifiques èn quelque sorte, les vers sont moins à craindre, et l’appendice peut victorieusement se défendre.

D'ailleurs, chez les peuples cités plus haut, l’appendice, nous l'avons vu, est moins atrophié que chez nous; il conserve un certain pouvoir digestif et se trouve mieux placé pour lutter contre l’infection. Il en est des parasites comme de la maijorité des microbes; de même que beaucoup de porteurs de méningocoques n’ont pas de méningite pour cela, de même chez le Noir, l’Arabe ou l’Annamite, les helminthes, bien que nombreux, n’ont pas d'action néfaste. :

En outre, dans l’index helminthiasique des colonies fran- | çaises, il est intéressant de noter que le chiffre d’oxyures est minime, inexistant même; les oxyures sont bien plus fréquents chez l'Européen, et voilà peut-être la clef du problème. En effet, Still, qu'on a appelé le père spirituel de l’appendicite vermineuse, Still ne parlait que d’oxyures pour expliquer la pathogénie de l'affection; son remarquable article, en 1899, passa presque inaperçu et, à la suite des travaux de Metchnikoff, on n’attacha pendant longtemps d'importance qu'aux trichocé-

SR

phales et aux ascarides. Mais Le docteur Riff, de Strasbourg, a essayé de redonner à Foxyure la place prépondérante qui lui reviendrait dans la genèse de l’appendicite; en ayant soin de mettre une pince uniquement sur le méso et de fermer l’appendice au moyen d’une ligature, il a pu recueillir un pourcentage d’appendices à oxyures de 75 à 80 p. 100; il conclut qu’à l’origine de la plupart, sinon de toutes les appendicites, se trouvent des oxyures. Et cette thèse trouve, dans la rareté concomitante de l’oxyurose ‘et de l’appendicite chez lé Noir, un nouvel argument.

Cette thèse de l'origine oxyurienne de l’appendicite reste néanmoins passible de nombreuses objections, dont la principale est l’antagonisme qui semble exister entre les oxyures et les microbes, et nous lui prélérons celle de l’origine entérogène et hématogène à la fois de l'affection, qui explique mieux la rareté des cas d’appendicite dans la race noire.

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