‹ De l'appendicite gangréneuse d'embléeChapitre 13 sur 24 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Recueillie dans le service de M. le professeur Tédenat

Céresse, 22 ans, Jeune soldat.

Antécédents hérédilaires. — Sans importance.

Antécédents personnels. — S'enrhumait assez facilement (boulanger) ; pas de maladie grave antérieure.

Maladie actuelle. — En mai dernier, il ressent subitement quelques vagues douleurs dans la fosse iliaque droite. Ces douleurs persistent deux ou trois jours puis cessent subitement. Auparavant, le malade aurait eu assez souvent des selles muco-membraneuses.

Le malade ne ressent plus rien jusqu'au 19 décembre. Ce

jour-là, se trouvant en permission de vingt-quatre heures, il est pris soudain, vers les trois heures de l'après-midi, de coliques dans la fosse iliaque droite. Il se rend le lendemain à la visite où on le purge. Deux jours après, il est envoyé à l'hôpital pour « coliques appendiculaires ». Ces coliques ne sont d’ailleurs pas trop douloureuses.

Examen du malade. — Le pouls et la température sont normaux, Ja langue un peu sale : le faciès {rès légèrement altéré. À l'inspection du ventre, on remarque à jour frisant

une légère voussure de la fosse iliaque droite. À la palpation

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profonde, on constate un empâtement très peu marqué el

Lrès peu douloureux de la région péri-appendiculaire. Le doigt

laisse un très léger godet d'œdème. Il n'y a pas de défense musculaire n1 d'hypéresthésie cutanée. On porte le diagnostic, malgré l’absence de température, étant donné l'histoire clinique rapportée par le malade, « d’abcès appendiculaire ». L'état reste ainsi stationnaire pendant cinq jours, mais, le 26 au soir, on constate une élévation de la température qui alteint 38°. Le pouls marque en même temps 80 pulsations.

Le 27, au matin, la température est redescendue à 37°. Maigré

celle rémission et sur la demande du malade, l'opération est décidée. Elle est pratiquée le jour même. Voici ses résultats

Opération. — L'incision de Roux est pratiquée et dès qu’on arrive sur l’aponévrose superficielle, on constate l'infiltration inflammatoire en voie de disparition (œdème jaune). Dès qu'on ouvre le péritoine œdématié, 1l s'écoule dans le tiers postérieur de l’incision deux ou trois verres à Bordeaux d'un pus

crémeux, visqueux. n'ayant pas trop développé la fétidité du

pus intestinal. Juste en avant de la partie moyenne de l'incision est une bride d’adhérences traversant perpendiculairement la direction de l'incision. En avant d'elle est la grande cavité péritonéale libre, d'aspect normal, où le doigt sent flotter des anses imtestinales contenant des scybales. En arrière

.de l’adhérence, le trajet. contenant le pus étant exploré, on

trouve un diverticule qui va en arrière, long de deux centimètres, un autre qui va en avant de même longueur. Ils sont clos et l’épiploon qui vient sortir avec des vaisseaux thrombosés, rouges, est sectionné dans sa partie saine. On résèque ainsi cinq centimètres carrés. Le moignon est touché au phénosalyl pur. Le foyer purulent est inondé d'eau oxygénée qui mousse abondamment. L'opérateur se demande s'il va mettre deux drains dans les deux trajets purulents clos en leur fonds

et lasser de la gaze tout autour. En faveur de celle pratique, 1l y a le pus ; contre, il y a l'appendice qu'on laisse, la cicatrice lente et l'éventration certaine. Alors il se décide à sectionner la bride protégeant la cavité périlonéale par une mèche de gaze. Alors on voit l'intestin grèle S'abouchant au cœcum. Or voit la bandelette antérieure, on devine l'appendice dans un bloc informe. Le doigt, sans violence, le ramène jaune, rataliné, séparé par le sphacèle à son insertion sur le cœæcum. Le moignon appendiculaire est touché au phénosalyl pur. De ia gaze est lassée autour du moignon, protégeant la grande cavité péritonéale. Toute la plaie est régulièrement suturée. On laisse un passage pour la gaze. Il a semblé à l'opérateur que la conduite suivie était permise parce que : 1° Ce pus semblait peu septique tourte et légère fièvre, apyrexie au moment de l'opération) ; 2° L'eau oxygénée avait dû aseptiser ; 3° La gaze permettait d'envelopper le moignon aseptisé par le phénosalyl pur. , | Suiles de l'opéralion. — Excellentes. Le pansement est défait le 29 décembre. Pas de douleur spontanée ou provoquée par une pression légère. Pas de pus. Le malade a rendu des vents le deuxième jour de l'opération. Pouls et température normaux. Faciès bon.

Le 30, le malade a de la congestion du poumon droit, véritable broncho-pneumonie, qui élève la température (38°4) et pour laquelle on lui a donné de l'ipéca et du benzoate de

soude. Tout est parfait du côté de l'abdomen. Il y a eu des

selles. Le faciès est bon.

Le 31, le malade est très bien. La réunion paraît faite. On enlève Ja mèche qui vient facilement, sans pus. La fluxion pulmonaire est en meilleur état.

Le ? janvier, élévation de température (39°2), Pansement.

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