OBSERVATION II
Due à l'obligeance de M. le professeur-agrégé Soubeyran
Appendicite gangréneuse. — Périlonite suraiguë par perforation — Laparotomie, — Mort.
Le 13 septembre 1902, je fus prié par M. le professeur agré-
gé Imbert, appelé au dehors, de me rendre à l'hôpital Su-
burbain pour y opérer un malade dans le service de M. le professeur Forgue, atteint de péritonite suraigué. Il s'agissait d'un infirmier de l'hôpital, âgé de 25 ans, dont les antécédents ne présentaient aucun fait digne d’être rapporté : il n'a jamais souffert dans la fosse iliaque droite. Deux jours auparavant, 1l s'était bousculé avec un de ses camarades et avait heurté assez vivement l'angle d’une table avec la région lombaire droite. 11 ressentit aussitôt une vive douleur abdominale et fut obligé de s’ahiter. À la suite de cet accident, le malade aurait eu (dit-il) une hématurie ; de plus, des douleurs généralisées à tout l'abdomen apparurent et le lendemain des vomissements porracés très abondants survinrent pendant que la température se maintenait peu élevée entre 37° et 37° 5. Lorsque j'arrive, je trouve le faciès cerné, l'intelligence conservée, le malade répond bien ; la langue est sèche et rôtie, rugueuse. Les douleurs abdominales sont vives, mais prédominent à droite. La température est de 37°,5 ; le pouls, de 140, est petit. Le ventre est très ballonné, tendu avec des arborisations veineuses développées. La palpation du ventre est as-
CUS 7 Nue sez bien supportée, mais la région de la fosse iliaque droite est un peu plus sensible ; il est sonore ; pas d'ascite appréciable : la région du rein droit ne fournit aucun renseign®ment.
Le diagnostic porté fut : périlonile suraiguë, dont la cause élait douteuse, en raison du choc lombaire. S'agissait-il d'une contusion du rein ou d'une contusion intestinale avec perloralion ? C'est ce que l’on ne pouvait préciser.
Après bien des hésitations, l'opération fut décidée. Aïdé de MM. Riche et Rimbaud (anesthésie à l’éther), je pratiquai la laparolomie médiane. Dès que le péritoine est ouvert, il s'écoule un peu de liquide d’odeur infecte, fécaloïde, roussâtre, un peu granuleux, qui fait penser à une perforation intestinale. Les anses distendues, énormes, violacées, se précipitent hors de l’abdomen et on a de la peine à les maintenir. Une parlie du grêle est extériorisée et je vais explorer la région iléo-cæcale où se montrent les lésions les plus intenses. Cette région est envahie de fausses membranes blanchàtres, vineuses, molles et récentes : l'intestin très vascularisé présente de nombreux points ecchymotiques et au niveau de l'appendice qui est court, du volume de l'index, je rencontre la cause de ces lésions sous la forme de deux perforalions appendiculaires situées à sa partie moyenne, du volume d’une grosse lentille et au centre d’une plaque foncée. L'’appendice est réséqué, les ganglions mésentériques sont très volumineux ; le malade baisse, on injecte du sérum caféiné, les anses intestinales sont lavées à l’eau salée chaude ; l’épiploon épaissi, grisâtre el purulent est en partie réséqué ; mais l'intestin est fort difficile à rentrer. Sutures rapides, draînage avec un tube de caoutchouc entouré de gaze. Le malade est porté dans son lit el reprend connaissance, le pouls devient meilleur, Il meurt dans la suite.
Réflexions. — I s'agissait donc d’une péritonite suraiguë
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hypertoxique due à une appendicile latente ayant évolué vers le sphacèle et la perforation d'une façon foudroyante. À signaler les ganglions mésentériques très volumineux signalés à la Société de Chirurgie par M. Quénu dans les formes hypertoxiques. :
OBsERvATION III
(Picqué, Société de chirurgie, 1903)
L... X... 23 ans, interne des hôpitaux, présente, depuis l’âge de 12 ans, de l'entérocolite (peau, glaires dans les garderobes). Diarrhée par crises survenant à peu près toutes les trois semaines et durant généralemtnt une huitaine de jours. Amélioration dans les dernières années sous l'influence d’un traitement hydrominéral.
La maladie actuelle a débuté le dimanche soir 15 février, à 9 heures, par une douleur extrèmement vive, en « coup de pistolet », localisée à l'ombilic. Cette douleur l'a surpris chez des amis où il était en visite. Rentré chez lui, il est pris d’un violent frisson bientôt suivi de vomissements alimentaires très abondants, puis bilieux. Rien dans la journée n'avait fait prévoir ces accidents : 1} avait Joué au tennis, dîné de bon appé- Ut à l'hôpital. IT présentait toutelois un peu de diarrhée depuis deux ou trois jours.
Croyant à une crise d’entéro-colite, il se fait transporter en ambulance à l'hôpital Bichat où il est examiné par ses collègues. À son arrivée, la température est à 38° 5. Les vomissemeénts ont cessé, mais 1l persiste un état nauséeux. Le ventre est souple, mais la région épigastrique est douloureuse à la pression. Piqûre de morphine pour calmer la douleur. La nuit est bonne.
Lundi 16 février, la douleur persiste au niveau de lépi-