ANATOMIE. — HISTOLOGIE.. — PHYSIOLOGIE DE L'APPENDICE ILEO-COECAL
Pour bien comprendre l'anatomie pathologique et la pathogénie de l’appendicite gangréneuse d'emblée, 1l nous paraît nécessaire d'étudier l'anatomie normale, l'histologie et la physiologie de l’appendice.
Anatomie. — L'appendice iléo-cœcal ou vermiforme différencié du cœcum par Béranger, n'existe que chez l'homme el le singe. C’est un tube cylindrique plus ou moins régulier. il naît sur l'extrémité libre du cœcum à l'endroit où s’entrecroisent les trois bandelettes longitudinales, c'est-à-dire à la partie postéro-imterne. D'une longueur moyenne de 6 à 12 centimètres, 1} a un calibre variable qui peut atteindre par la distension le volume d'une grosse plume d'oie. Son diamètre Intérieur est de un à huit millimètres. Atrophié chez les vieillards, 1lest au contraire chez l'embryon et le nouveau-né plus long que chez l'adulte. Le périloine qui entoure le cæcum enveloppe aussi l’appendice et lui forme un méso de forme triangulaire dans lequel chemine l'artère appendiculaire. Ce repli péritonéal relie l’appendice à la portion terminale de l'intestin grêle. À la face antérieure du méso-appendice, le périloine forme le repli iléo-appendiculaire de Jonnesco. A
A ere
la base de ce méso est un ganglion situé entre les deux feuil-
lets de la séreuse, bien déerit par Clado. La situation de l'ap-
pendice est très utile à connaître. Elle doit être déterminée au
point de vue anatomique et au point de vue clinique. Analtomiquement on peut distinguer, avec Testut, quatre
: Lypes principaux :
1° Un type ascendant. L'appendice appliqué à la face postérieure du cœcum et du côlon remonte jusqu'au rein et même jusqu'au foie.
2° Un type descendant. L'appendice croisant le psoas, s’en gage dans le petit bassin et se met en avec la vessie, le rectum, l'utérus et l'ovaire.
3° Un lype externe. L’appendice est couché sur la portion du jascia thaca qui croise le muscle iliaque.
Un type interne. L'appendice se dirige vers les anses intestinales et se porte vers l'abdomen.
Cliniquement, l’origine de l’appendice, rapportée à la paroi abdominale, correspond au point déterminé par Mac-Burney, c'est-à-dire sur le milieu d'une ligne allant de l’épine 1laque antéro-supérieure à l’ombilic. Clado donnait pour point de repaire l'intersection de deux lignes dont l’une suivait le bord externe du grand droit et l’autre, perpendiculaire à la première, partait de l’épine iliaque antérieure et supérieure.
Hislologie. — La paroi de l’appendice vermiculaire est épaisse de quatre enr environ. Elle comprend quatre tuniques :
1° La tunique séreuse.
2° La tunique musculeuse avec un plan superficiel de fibres longitudinales et un plus profond de fibres circulaires.
3° La tunique sous-muqueuse très épaisse, formée de tissu conjonctif très serré.
4° La tunique muqueuse avec ses trois couches :
PARUS Re
a) Une couche épithéliale superficielle, à cellules cylindriques ou caliciformes, lapissant la cavité de l'appendice.
b) Une couche externe musculaire.
c) Une couche inoyenne formée d’un chorion conjonctivovasculaire à travers lequel pénètre perpendiculairement à la surface interne de nombreuses glandes de Lieberkühn. Parlant de l'appareil Ivmphoïde de celle muqueuse, Testut s'exprime ainsi :
« Le grand développement de son appareil lymphoïde, tel est le principal caractère de la muqueuse de l’appendice. Cet appareil est essentiellement constitué par des follicules clos si nombreux et si volumineux qu'ils sont pour ainsi dire en contact les uns des autres et qu'ils occupent à eux seuls toute la muqueuse. On a pu dire avec raison que leur ensemble représentait une seule et unique plaque de Peyer allant d’un bout à l’autre de l’appendice. C'est chez les sujets de 12 à 25 ans que l'appareil lymphoïde de l'appendice atteint son plus grand développement.
Arlères, veines lymphaliques. — L'artère appendiculaire vient de l’arcade terminale de la mésentérique supérieure, gagne l'extrémité de l’appendice en suivant le bord interne du méso-appendice. L'artère appendiculaire est accompagnée d'une veine du même nom : elle reçoit les rameaux qui viennent de l’appendice et deux autres rameaux qui viennent du cœcum. Quant aux lymphatiques, nous nous permettrons d'insister un peu sur leur description parce qu'elle pourra nous éclairer sur certains points de la pathogénje et de la symptomatologie.
Il résulte des recherches de Tixier et Viannay (Lyon médical, 1901) que les ganglions tributaires des lymphatiques appendiculaires constituent trois groupes
1° Un groupe 1léo-appendiculaire situé derrière l'iléon au
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2° Un groupe cœco-appendiculaire occupant l'angle rentrant formé par le bord interne du cœcum et de l’appendice.
3° Le groupe le plus important constitué par des petits ganglions en nombre variable, disséminés entre les deux feuillets du méso-appendice. C’est le groupe méso-appendiculaire.
Il résulte encore des recherches de ces deux auteurs que le courant de la lymphe parti de l’appendice se partage en deux courants secondaires, l'un vers le cœcum et les ganglions mésocoliques, l’autre vers les ganglions mésentériques. C'est en ces différentes régions qu'on devra se diriger pour explorer les ganglions appendiculaires et en pratiquer l’ablation s'ils sont perceptibles au toucher.
Physiologie. — Elle est peu connue. On peut avec Sabaüier considérer l’appendice comme une glande capable d’avoir un rôle actif dans la digestion.
Au point de vue physique, il ne faut pas oublier que les parois de.l’appendice sont inextensibles. Cette propriété permet d'expliquer les phénomènes d’étranglement interne à la suite d'inflammation et surtout la gangrène des parois de l’'appendice consécutive à l'accumulation des produits d'exsudation dans sa cavité.