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les cas les plus fréquents on perçoit: seulement un peu de matité au-dessus de l’arcade crurale ou du pubis; dans l’observation 1 on trouvait à ce niveau une petite zone de submatité.
Le toucher donne ici des renseignements plus précis. Le toucher rectal, seul mode d'exploration chez l’homme, est pratiqué assez souvent chez la vierge de préférence au toucher vaginal. On aura tout avantage à l’aider d’une main abdominale qui cherchera à déprimer la région cæcale. Le doigt introduit dans le rectum chez l’homme rencontre au-dessus du sphincter la saillie élastique de la prostate. C’est un peu au-dessus du bord supérieur de la prostate, souvent assez haut et le plus souvent sur la région droite du rectum qu’on rencontre l’appendice ou le foyer péri-appendiculaire. Chez la femme l’exploration vaginale aura besoin d'être mieux aidée encore par la main abdominale, une grande attention et une analyse minutieuse seront nécessaires pour tirer profit de ses sensations.
Les signes perçus varient essentiellement d’ailleurs suivant la forme envisagée. Dans le cas d’appendicite légère le toucher rectalpratiqué par Jalaguier lui a permis fréquemment, dit-il, « de sentir une induration dans la région du bassin occupée par l’appendice » ; chez les enfants, il a même pu reconnaitre avec le secours de la main abdominale l’appendice tuméfié et douloureux.
L’appendicite plastique donne lieu par le toucher à des sensations beaucoup plus nettes. Ce n’est plus, en effet, un simple cordont, mais un foyer dur et résistant que l’on sent ici immobilisé soit dans le cul-de-sac de Douglas, soit dans le cul-de-sac latéro-rectal, à bout de doigt au-devant de l'articulation sacro-iliaque dans certains cas. Sur cette surface plus ou moins étendue le doigt trouve d'ordinaire un point plus sensible où la douleur très marquée irradie dans l'abdomen jusqu'à l'épigastre (obs.1). Au cours de l'évolution, lorsque la péritonite entre en voie de résolution le foyer diminue, s’efface, se réduit à un point qui traduit une adhérence rectale; suivant les cas, ce point persiste ou disparaît : mais dans d’autres cas il y a transformation en forme suppurée.
Lorsque le foyer est suppuré primitivement ou secondairement, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a pas seulement un peu de pus entre des - adhérences, mais un abcès collecté, la consistance perçue aux mêmes points que précédemment n'est plus la même, elle est beaucoup plus molle, Esnault la décrivant (1) compare la sensation obtenue à celle que donnerait du carton mouillé, c’estune « tumeur mollasse ». Cette description trop sommaire n’est pas toujours exacte, dans certains cas la tumeur n’est pas seulement mollasse, elle est rénitente (obs. 6). Il est alors nécessaire de s’aider de la main abdominale et l’on peut ainsi se renvoyer la sensation de fluctuation ; cette sensation est naturellement d’autant plus facile à percevoir que l’abcès est plus volumineux.
Lorsque l’abcès est peu volumineux, la résolution peut survenir. Renvers (2) a prouvé à diverses reprises la disparition du pus, dans des cas où la présence de celui-ci avait été précédemment établie par la ponction. Mais parfois l’abcès, loin de diminuer, augmente de volume; dans ces cas la saillie rectale de la poche augmente et la fluctuation devient souvent plus évidente, le pus se rapprochant du doigt.
Les signes généraux suivent une évolution parallèle à celle des lésions de l’appendice. Dans les cas où il y a collection purulente enkystée l'élévation de la température est plus persistante ; elle ne dépasse pas d'ordinaire 38° à 39° et, comme cette température est atteinte souvent dès le début, elle se borne à s’y maintenir avec de légères oscillations. Quelquefois, au contraire, une ascension à 40° et plus, aux deuxième ou troisième jours, marque la formation du pus (obs. 4). Dans certains cas pourtant elle s’abaissse un peu au-dessous de 38° sans que pourtant on doive abandonner l’idée de l'existence ou de la formation du pus; l'augmentation de fréquence du pouls signalée par Jalaguier suflirait, même avec cet abaissement de température. L'aspect du malade ne doit pas être
(1) ESNAULT, p. 55, V. Index.
(2) RENVERS, cité par BRUN, p. 128,
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négligé ; enfin dans certains cas difficiles la méthode de Rotter exposée au traitement pourra rendre service.
Dans la péritonite plastique la résolution survient souvent aux cinquième ou huitième jour, quelquefois plus tard, au dixième jour ; la température qui s'était élevée parfois jusqu’à 39°,5, s’abaisse alors et revient à la normale. |
Enfin, dans l’appendicite légère, sans péri-péritonite, la crise a une durée limitée parfois à quelques heures, et souvent les signes évoluent sans aucune élévation de température. Dans ces cas, on le conçoit, la crise est extrêmement atténuée.
2° Appendicite chronique type Brun et Walther.— Ce sont ces crises atténuées qui constituent la forme chronique de Brun (1) et Walther, cette forme est donc bien différente de la forme chronique récidivante des auteurs, qui n’est en somme qu'une forme d’appendicite à répétition.
La forme chronique de Brun et Walther présente au contraire un caractère clinique bien marqué. On peut en être atteint sans avoir jamais présenté de crises franches d’appendicite. Les sujets qui présentent cette forme sont habituellement considérés et traités comme des dyspeptiques. Leur appétit est irrégulier et il en est de même de leurs digestions, ils sont sujets à des troubles intestinaux, se manifestant par de la diarrhée et des coliques passagères (obs. 1), ou bien encore à des indigestions s'accompagnant de la sensation de barre épigastrique déjà notée et décrite par Mélier (1827). Ces indigestions auxquelles le malade trouve toujours un prétexte alimentaire ou autre, ne sont autre chose que de petites crises provoquées habituellement par des écarts de régime. Peut-être faudrait-il faire aussi une certaine place dans cette histoire à la douleur névralgique siégeant à la partie inférieure de la fosse iliaque, douleur pelvienne si facilement mise sur le compte d’une névralgie ovarienne, ainsi qu'aux troubles menstruels évoluant avec des
(1) Voir BRUN et JALAGUIER.