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CHAPITRE II

Historique.

L’APPENDICITE PELVIENNE DE 1759 à Nos Jours

Nous avons trouvé, assez près de nous, deux travaux dont le titre semble présager une description analogue à la nôtre. L'un, d'Esnault, paru en 1898, a été inspiré par M. Broca ;ilestconsacré à l'appendicite en général et l’auteur nous donne, en cinq pages environ, une description rapide de la forme à siège pelvien. Dixsept observations sont citées à l’appui de cette description : la plupart émanent du service de M.Broca et comme peu ressemblent à celle qui ouvre cette étude, on comprend que la description d’'Esnault, très sommaire d’ailleurs, n'y ressemble point exactement. Nous verrons plus loin qu’une raison s'oppose peut-être à ce que ces observations prises, à de rares exceptions près, sur des enfants, puissent ressembler aux nôtres. |

Le second travail est un peu antérieur à celui d'Esnault ; c'est une thèse de Lyon, faite par Dormoy et intitulée : « Appendicite à forme pelvienne » ; « Complications pelviennes de l’appendicite » lui conviendrait mieux, la description de Dormoy n’étant qu’une description ordinaire de l'appendicite à laquelle il s'est contenté d'ajouter les signes objectifs de l'abcès pelvien. Il a soin du reste de nous fixer nettement sur sa compréhension de la forme pelvienne : « Les appendicites à forme pelvienne, dit-il, page 25, ne sont jamais exclusivement pelviennes et elles se révèlent toujours par une douleur à la pression de la fosse iliaque droite et par une tuméfaction dans ce même siège. » C’est donc bien la complication pelvienne qu’il a eu l'intention de décrire. Il nous la montre comme

une chose à peu près ignorée jusqu'à lui. En réalité, l'abcès pelvien est connu depuis très longtemps et on le retrouve fréquemment mantionné dans l’histoire de l’appendicite.

Martinez, cité par Dormoy, l'ignorait complètement, mais si Dormoy s'était reporté à l'excellente thèse de Mariage, postérieure de huit jours seulement à celle de Martinez, il y aurait lu la phrase suivante : « La possibilité de ces rapports anormaux a une grande importance pour expliquer certains cas de péritonite localisée ou de pélvi-péritonite dont la cause reste douteuse, surtout chez l’homme (1).» L'observation de John Langton(2) qui y est citée plus loin nous paraît d’ailleurs analogue à celles que rapporte Dormoy.

Ceslectures nous ont inspiré la curiosité de remonter aux débuts de l’histoire de l’appendicite et nous nous sommes reporté à la vieille observation de Mestivier, parue dans le Journal général de médecine et de chirurgie, de 1759.Cette observation ne contient rien qui nous intéresse ; mais la seconde observation, parue dans ce journal onze ans plus tard est bien curieuse : Salgues, maître en chirurgie à Sens, nous y raconte très longuement l’histoire du nommé Bossu, vigneron, qui, après des signes assez nets d’appendicite, présenta une grande difficulté d’uriner et finalement rendit dans ses selles « tout le cæcum avec son appendice en partie gangrené ! » Nous consentons bien à admettre l'évacuation de l’appendice — ce qui constituerait la première observation d’appendicite pelvienne avec élimination de l'organe ; — mais malgré le témoignage des « quatre confrères » dont Salgues a cru bon de se munir, nous persistons à douter de l’évacuation du cæcum.

Après cette relation curieuse, il nous faut passer par les observations de Jadelot et de Wageler, pour arriver à l’histoire d'Olivier Prescott, capitaine de vaisseau, rapportée dans la Gazette de santé de 1817. Cette observation est empruntée à un journal anglais de la même époque qu’il nous a été impossible: de nous procurer : c’est une observation d’appendicite par corps étranger (?), accom-

(1) MARIAGE, Th, Paris,4 mars 1891, p. 21.

(2) Zd,,p. 69,

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