‹ De l'appendicostomie dans le traitement des colites rebelles et ses indicationsChapitre 10 sur 18 · ET GOLDING BIRD · texte numérisé non relu

ET GOLDING BIRD

Miss E. P..., âgée de 30 ans, nous est envoyée au printemps de 1895, par le D' SMITH, de Dublin.

aien d'intéressant à noter dans ses antécédents familiaux. C’est une névropathe, à ce qu'elle dit, et l'examen nous l’a confirmé.

La malade raconte que, en 1885, étant en Suisse, elle reçut un jour une forte averse et fut obligée de garder quelques heures ses vètements mouillés. Cest depuis ce moment qu'elle aurait constamment souffert de constipation et que les selles auraient contenu une quantité plus ou moins considérable de mucus.

En 1889, ne se trouvant pas mieux, elle se rendit aux eaux de Kissingen:; puis elle essaya une cure de raisin, à Meran, dans le Tyrol, sans d’ailleurs obtenir aucune amélioration.

La constipation devenant plus marquée, la quantité de mueus rendue s’accrut énormément ef, pour la première fois, elle éprouva des douleurs au moment de la défécation.

En 1891, se trouvant à Zurich, aggravation de la constipation, recrudescence des douleurs et expulsion d'énormes quantités de mucus.

A partir de ce moment, commencent les vomissements ; elle a dans l’abdomen des douleurs obtuses qu’accroissent la marche ou la trépidation d’une voiture.

Elle vient alors consulter à Londres, et le médecin app2lé la met à la diète lactée, lui faisant prendre par le rectum des lavements alimentaires ; suppositoires rectaux.

Pour la première fois, alors, elle fait du sang par l’anus, les injections rectales lui causent de violentes douleurs et pour cette cause sont souvent différées.

En 1892, la quantité de mucus rendue devient très abondante ; les douleurs deviennent plus vives dans la région

(1) Loc. citat.

du sacrum, et il existe, au pourtour de l'anus, une sensation de brûlure très intense.

Les selles ne contiennent souvent pas de mucus. A part la cessation des vomissements, l’état de la malade a empiré.

Peu de temps après, elle consulte le D' SMITH, de Dublin, qui lui ordonne de garder le lit pendant quelques mois. On peut juger de son état par une lettre adressée à l’un de nous par SMITH : « Quoique ce repos prolongé l'ait notablement améliorée, je pense avec vous que l’on doit douter de sa guérison par des moyens purement médicaux ».

Rechute à San-Remo (94-95), avec tous les troubles antérieurs plus accentués.

Elle rend de grandes quantités de mucus etsouvent de véritables moules du gros intestin atteignant jusqu’à 40 et 50 centimètres de longueur; ces moules membraneux sont d’une consistance telle qu’on peut les suspendre sans qu’ils se désagrègent.

Elle rend souvent beaucoup de sang.

La douleur, au moment de la défécation, est intense. Plusieurs fois elle s’évanouit en allant à la selle et, après chaque défécation, elle est obligée d’user de suppositoires à base de morphine.

Ces douleurs si vives suivant les défécations, siègent au niveau de l’anus, dans le flanc gauche et dans la fosse iliaque gauche.

De plus, les douleurs qui sont continuelles, ont une phase d’exacerbation marquée pendant les 80 ou 60 minutes qui précèdent la défécation. D'ailleurs, elle ne peut aller à la selle qu'avec l’aide d’un purgatif violent.

Au moment où nous l’observons {1895), elle est dansun très mauvais état général, dû à ses douleurs et à la diète à laquelle elle se condamne.

Elle est très anémique, très amaigrie.

Le ventre présente un endolorissement diffus, avec douleurs marquées surtout au niveau du colon descendant et de l’anse sigmoiîde.

Le toucher rectal n’est pas pratiqué à cause de la douleur, mais rien ne peut nous faire supposer la présence d’hémorroïdes ou de prolapsus.

La malade est une véritable invalide, gardant toujours

la chambre et restant au lit la plus grande partie du temps.

L'examen des selles nous montre des matières demisolides avec beaucoup de sang. Il y a des débris de moules et de véritables moules tubulaires de l'intestin, ayant une longueur de 10 à 15 centimètres; ces moules ont une épaisseur de plusieurs millimètres et sont teintés par les matières. À l'examen microscopique on les trouve formés de mucus anhyste dans lequel apparaissent des cellules épithéliales avec un peu de graisse, des leucocytes granuleux, des débris de cellules et quelques micro-organismes.

Le cœur et les poumons sont sains.

Urines normales.

Nous décidons de pratiquer une colostomie droite, comme étant le meilleur moyen de donner le repos absolu à l'intestin.

10 mai. — Premier temps de l’opération.

17 mai. — Ouverture de l'intestin.

L'intestin était vide. L'introduction du doigt, dirigé vers l’angle hépatique du colon, cause de vives douleurs sans rien montrer d’anormal : la muqueuse était donc très hyperesthésiée.

Trois jours après on fait des irrigations à l’eau chaude dans le colon, par la plaie cœcale.

Un peu plus tard, un lavement introduit par l'anus sort facilement par la plaie cæcale.

L'eau des lavages ne ramène ni sang ni membranes.

Le bon écoulement par le cœcum des lavages faits par l’anus, montre qu’il n'existe pas d’obstruction, que, par conséquent, les irrigations sont parfaites.

Dans les quelques jours suivants, il se forme un bon éperon, et administration d’un purgatif provoque de bonnes selles par l’anus artificiel. A partir de ce moment, on n’administre plus que rarement des purgatifs.

À plusieurs reprises pendant les quinze premiers jours, nous avons lavé le gros intestin par le rectum, et l’eau qui s’écoulait par le cæcum était claire, ne contenant ni membranes, ni mucus, ni sang.

La sensibilité de la muqueuse disparut graduellement et l'introduction du doigt ne provoquait plus de douleurs.

Le 28 juin, les symptômes morbides du début avaient

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disparu. Pensant que le gros intestin était suffisamment reposé, nous fermons l’orifice cœcal.

Libération de l'intestin après suture.

Réunion par première intention.

La malade se lève le seizième jour.

Pendant les huit premiers jours, on lui donne de l’opium; puis, pour la faire aller à la selle, on lui fait prendre de la poudre de réglisse composée, et l’on obtient une selle naturelle, ne contenant ni sang, ni mucus, ni membranes.

A partir de ce jour, les selles sont régulières, grâce à l'administration, de temps à autre, de poudre de réglisse composée, et toutes les défécations sont spontanées, sans l’aide de lavements.

Il n'existait plus de douleurs abdominales.

OBSERVATION V. — Haze WHITE

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