‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 22 sur 47 · EXTENSION VERTICALE AVEC SUSPENSION DU TRONC · texte numérisé non relu

EXTENSION VERTICALE AVEC SUSPENSION DU TRONC

Les appareils qui se rapportent a cette catégorie sont l'escarpolette de Glisson , et le collier delNuck.

Glisson plaçait sous les aisselles , sous le menton et dans les mains de l'enfant , des courroies qui, à l'aide d'une poulie fixée au plafond, lui servaient a se soulever de terre.

Le collier de Nuck se compose d'une sorte de cravate pliée sur les côtés du cou par des rubans , et garnie latéralement de deux anneaux accrochés aux extrémités d'un arc métallique soutenu par une corde passant dans une forte poulie fixée au plafond , et qui servait a soulever l'enfant jusqu'à ce qu'il eût perdu terre. Ce dernier moyen a l'inconvénient de tirailler trop fortement la région cervicale ; on ne pourrait y recourir que momentanément. Nous ne pensons pas que ce soit un moyen auquel on soit tenté de recourir dans l'état actuel de l'art.

Shaw propose de disposer le plan d'attacLe de la

suspension de telle manière qu’il permette au malade des mouvements de locomotion dans un espace plus ou moins étendu. Ce n’est guère que chez les enfants qu’on peut soulever le corps ? non pas par la tète , ce qui pourrait avoir les plus graves inconvénients (J-L. Petit), mais bien par dessous les bras ; et, en leur donnant cette attitude le plus souvent possible, elle pourra contribuer au redressement,

2e APPAREILS A EXTENSION VERTICALE LE SUJET CON- SERVANT LA FACULTÉ DE MARCHER.

Les appareils de cette espèce peuvent être divisés en quatre classes :

1° Les corps , soit en métal, comme ïa cuirasse cPAmb. Paré; soit en bois, comme celui de Joerg; soit enfin simplement baleinés.

2° Les minerves ou appareils qui ont une tige au-dessus de la tête pour la suspendre, comme la machine de Levacher, modifiée par Richter,, Sheldrake et Delacroix.

3° Les appareils a collier, comme le corset et la machine de Roux, la croix de Bell , la machine de Pflug et celle de Ghesher. La croix de Bell ne diffère de celle de Heister que parce que la tige verticale se prolonge par le haut où elle sert à maintenir un collier de fer rembourré.

4° Les appareils ayant des appuis sous les aisselles tenant soit a une tige médiane, comme la croix de Heister* soit a des tiges latérales, comme les appareils de ShaWj Shmitt, Zimmermann, de Chelius , et les ceintures a tuteur avec leurs nombreuses variantes. On peut dire de toutes ces machines qu’elles se composent essentiellement d'une ceinture exactement moulée sur

le contour du bassin , et supportant de chaque coté une petite béquille. Elles sont quelquefois accompagnées de tiges longitudinales agissant sur F épine , comme celles de Shaw, de Shmitt, de Chelius, ou de liens propres à tirer les épaules en arrière, comme celle de Zimmermann, ou enfin d’une ceinture pectorale comme celle de Græfe. Tous ces appareils sont construits sur le meme principe.

L’extension produite par les arbres suspenseurs de la tcte fixés au tronc a fort peu d’efficacité ; ces arbres n’agissent guère que sur la région cervicale ; ils ont tous les inconvénients de la suspension verticale sans en posséder l’énergie, et pressent en outre avec force sur le bassin. Lesmoyens employés pour lessoutenir comprimeraient péniblement les parties molles, si on leur donnait le degré de constriction nécessaire pour éviter toute espèce de glissement, condition qui est cependant tout-a-fait indispensable pour la solidité des appareils.

Il en est a peu près des tiges qui portent des colliers comme des arbres suspenseurs.

Les appareils a tuteurs agissent d’une manière plus directe sur la région de l’épine. Trois choses sont a considérer dans leur construction: 1° l’appui qu’ils prennent sur le tronc ; 2° leur point d’application sous les aisselles, et 3° les tiges montantes qui constituent la puissance extensive. Quant au premier point , il importe qu’ils s’appuient solidement sur les hanches sans glisser, sans se déplacer ni blesser les parties molles, et d’un autre coté, qu’ilspressent le moins possible sur le ventre. 2° Le point supérieur d’application est constitué par deux croissants rembourrés. 3° Les tiges qui supportent les croissants doivent avoir de la solidité, parce que les efforts qu’elles supportent les exposent à se briser; elles

doivent pre'senter un mécanisme qui puisse permettre de les élever à volonté ; on peut aussi leur adapter des ressorts qui les repoussent constamment en haut par le fait de leur élasticité.

Les appareils a tuteurs n’opèrent qu'une bien faible extension, et sont presque toujours incapables de contre-balancer entièrement l'effet de la pesanteur. Ils bornent seulement 1 inclinaison dominante du tronc, en le soulevant un peu par Fintermédiaire de Fépaule basse qu'ils font monter au niveau de Fautre ; cependant il entre aussi dans leur manière d'agir, de supporter le poids des épaules et des membres supérieurs , qu’ils empêchent ainsi de peser sur Fépine. Avec le seul degré de force qu’ils possèdent, il est presque toujours impossible d^en attendre une traction de bas en haut sur les courbures.

Ces appareils se bornent donc a prévenir et corriger , du moins en partie , les inclinaisons du tronc qui n’ont pas une grande résistance ; mais ils influent peu sur les courbures elles-mêmes. Ces appareils , quand iis sont disposés de manière à soulever beaucoup les épaules, doivent préparer a une direction vicieuse, les clavicules et les omoplates. Ce déplacement des épaules amène, dans ces parties du corps, plus de hauteur que dans Fétat normal, quand il a été maintenu long-temps.

Les appareils dans lesquels on donne une hauteur inégale aux deux tuteurs, et ceux dans lesquels on n en place qu’un seul sous Fépaule basse , comme Fa fait Portai , peuvent avoir pour inconvénient de produire des inclinaisons dans la partie inférieure du tronc. Malgré l’imperfection des ceintures ou corsets a tuteurs, ce sont encore les plus généralement employés.

Des béquilles . Les béquilles étant disposées de ma-

nière a permettre au sujet de se suspendre activement sur elles, agissent plus avantageusement que les supports sur lesquels le tronc reste passif. On peut apprécier l’effet des béquilles en examinant un sujet dévié qui s’appuie sur elles : on reconnaît alors que les courbures diminuent a partir du niveau de la partie supérieure des omoplates. Dans le meme temps, le thorax se dilate , l’inégalité des hanches s’efface , la gibbosité' s’allonge ; il y a donc un effet bien manifeste produit par Faction de ces appareils. M. Bouvier a constaté que la taille des sujets déviés décroît moins pendant la station , lorsqu’ils se servent de béquilles , que quand ils ne portent que de simples tuteurs.

On reproche a cet appareil de produire l’élévation des épaules , et quelquefois la faiblesse d’un bras : cette faiblesse ne s’observe pas quand le sujet peut prendre de l’exercice , et qu’il se sert uniquement de ses mains pour se soulever. Ce moyen, supposant dans son application un certain exercice , se trouve presque sur la limite des appareils mécaniques et des appareils gymnastiques.

L’action des béquilles devra être préférée pour la déambulation dans tous les cas de déviation un peu forte.

Les béquilles sont éminemment utiles dans le traitement de la scoliose; on leur a reproché : 1° de développer outre mesure le grand dorsal , le grand dentelé et les autres muscles étendus du tronc aux épaules; 2° d’élever les épaules et d’enfoncer la tête entre elles ; 3° d’annuler l’action des muscles postérieurs du tronc, et en partie celle des membres inférieurs ; 4° de comprimer supérieurement les côtés du thorax ; 5° de laisser a la suite de leur usage une fai-

Liesse nuisible. Cependant , elles sont loin d’offrir dans leur action les memes inconvénients que les tuteurs. En effet, elles n’élèvent les épaules et ne compriment le dessous de Faisselle que quand le sujet cesse de se soulever sur les appuie-mains , tandis qu'avec les tuteurs ces effets sont produits d’une manière ineessante. Elles n’exercent aucune pression sur le bassin, mettent en exercice tous les muscle du tronc, tandis que les tuteurs n’ont point cet avantage.

Le développement des muscles larges qui fixent les épaules au tronc n 'est pas réellement, comme le prétend Sliaw, exagéré au point de donner au cou et aux épaules la tournure disgracieuse qu'ils ont chez les matelots.

Le défaut d'action des membres inférieurs n’est pas assez complet pour nuire plus tard aux fonctions de ces membres ; quant a Faction sur le haut du thorax , Faisselle offre assez de largeur transversale pour que la béquille iFexerce pas une pression trop forte sur les côtes. L’usage mal entendu qui a été fait, dans certains cas, de ce moyen , et la répugnance qu’il inspire parfois aux gens du monde , sont peut-être les circonstances qui ont éveillé des préventions a son égard. La plupart des inconvénients signalés n’ont pas lieu lorsqu’en se servant des béquilles , les sujets ont soin de ne pas laisser reposer long-temps Faisselle sur la partie supérieure de ces appareils; lorsque, d’une autre part, on exerce dans l’emploi de ce moyen une surveillance continuelle, condition sans laquelle ce genre de support , , loin d’avoir toute son utilité , amènerait des résultats fâcheux; enfin, on ne peut apprécier complètement l’emploi de ce genre de moyens, qu’en se rendant compte de la

béquilles trop longuesne permettent qu'a la pointe seule du pied cle porter à terre, ce qui peut déterminer une sorte de rétraction du mollet ; trop courtes, elles font pencher le corps en avant , et ne donnent pas assez de soutien au sujet.

3° APPAREILS a extension verticale qui ne laissent PAS AU MALADE LA FACULTÉ DE MARCHER.

Ce mode d’appareils, qui aurait pour premier avantage de permettre au malade de s'occuper étant assis, a pour principaux moyens diction, la suspension de la tète et la suspension par les aisselles. (Memes inconvénients en partie, epie la suspension, les sujets étant debout.)

La pression exercée par les béquilles fixées sur les côtés du fauteuil est plus pénible a supporter que celle des béquilles mobiles. On ne peut pas en prolonger l’usage plus d’une demi-heure, sans amener l’engourdissement des membres supérieurs et la gène de la circulation dans les mêmes membres. C’est surtout cet appareil qui , si l’on en abusait, déterminerait cette compression du plexus brachial suivie d’une faiblesse permanente de l’un ou des deux membres supérieurs.

Des supports et des liens axillaires peuvent aussi être mis en usage pour administrer des bains : c’est le moyen qu’employait Delpech. M. Bouvier emploie à cet effet un plan incliné dans une longue baignoire , plan sur lequel les malades sont couchés la tète placée dans une concavité du bord de la baignoire.

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