LATÉRALES
Ces appareils ont pour objet des pressions qui re~
poussent les vertèbres fléchies en agissant perpendiculairement a la longueur du rachis. Ces appareils peuvent s'appliquer dans les deux conditions si différentes de la position horizontale et de la station .
La grande etendue de cette question ne me permet pas de m'arrêter sur un grand nombre d'appareils tombés dans l'oubli, soit a cause de leur exécution grossière, soit a cause du principe erroné sur lequel repose leur construction.
Parmi ceux qui méritent d'être mentionnés, nous rappellerons le fauteuil de Levacher , le fauteuil extenseur de Blœmer , le fauteuil oscillatoire de i\L Jalade-Lafont , les corsets à tuteurs et à plaques de répulsion ; celui de Schmidt ; la machine de Græfe , qui offre des plaques compressives fixées sur les deux ceintures pelvienne et pectorale ; la machine portative de Borella, qui offre un disque rembourré qui s'applique sur la saillie a redresser ; les plastrons élastiques de Delpech ; enfin le fond sanglé de M. Pravaz.
Parmi les appareils qui ont été appliqués aux pressions, ceux qui pressent indistinctement sur toute la circonférence du tronc sont tout a fait mauvais ; les seuls qui soient rationnels sont ceux qui agissent sur les trois points qu'on veut repousser en sens inverse : c'est ce qu'on voit dans l'appareil de Joerg et de M. May or.
Il existe des appareils a pressions latérales dont l'objet est de pousser la convexité de l'arc en établissant seulement un second point dépréssion faisant opposition visà-vis de l'extrémité inférieure de cet arc , sans agir sur la supérieure : e'est ce qu'on voit dans les appareils de MM. Milly, Delpech , Melle t et Hossart.
Les appareils portatifs à un seul tuteur, comme ceux de Joerg, de Portai et de M. Mayor, opèrent une demi-
extension. Parmi les appareils de la categorie que nous examinons a présent , il en est qui sont a triple pression.
Mode d'application des puissances dans les appa « reils à pression latérale . Les moyens que Ton emploie pour exercer les pressions sont généralement des plaques rembourrées soutenues par des ressorts ou des courroies.
On doit préférer ceux qui rendent la pression beaucoup plus douce, et sont susceptibles de donner toute ]' intensité d'action nécessaire. M. May or a fait aussi Inapplication des poids comme puissance dans ces appareils.
Plaques. Les plaques à l'aide desquelles on agit sur les saillies peuvent être concaves , et dans ce cas , elles excercent une pression très faible sur le sommet de la proéminence , et appuient a peu près également sur toute la superficie ; elles ne sont donc pas propres à changer la forme des cotes. Les pelottes légèrement arrondies, qui agissent davantage sur le point le plus saillant du thorax, ont plus d'efficacité pour lutter contre la courbure des côtes ; a la vérité , leur pression est un peu plus difficile à supporter, parce qu'une convexité agissant sur une autre convexité , la compression ne porte que sur une petite étendue de parties molles.
Lieu d'application des Plaques. Ce qui détermine les points d'application des pièces d'appareils pour les pressions latérales , ce sont les connexions de l'épine , et la conformation du tronc.
Lieu <P application. — Le lieu le plus favorable pour Inapplication est évidemment celui qui permet a ces plaques d^exercer leur effort perpendiculairement à la direction des courbures; mais, ainsi disposées, elles agiraient défavorablement sur les côtes ; en pressant sur le côté de F angle de ces os , elles tendraient a en augmenter la courbure, et, par conséquent, a accroître la gibbosité.
Si les côtes n’étaient pas des arcs osseux élastiques , transmettant aux vertèbres F effort qu'elles auraient reçu , en pressant sur elles , elles tendraient a refouler en arrière les apophyses transverses avec lesquelles elles s'articulent, et a faire exécuter aux vertèbres correspondantes un mouvement de rotation qui lutterait d^une manière avantageuse contre la torsion qui accompagne les déviations vertébrales.
Le plan des courbures est presque toujours dirigé un peu dans le sens antéro postérieur, en meme temps que dans le sens transversal : il semblerait donc que le meilleur mode d'application des plaques compressives appliquées sur les côtes serait celui dans lequel elles agiraient dans une direction oblique , participant de la direction transversale et de la direction antéro-postérieure. Mais la disposition des côtes obligeant de les appliquer presque exclusivement dans Se sens transversal , il en résulte quelles exercent sur ia conformation de ces os une influence défavorable.
Aux lombes, F épaisseur du flanc et la sensibilité des viscères opposent un obstacle insurmontable à ce qu’on agisse directement sur la colonne.
On ne peut agir que très obliquement sur le rachis ; les pressions présentent encore plus de difficulté dans leur application aux courbures formées par les premières
vertèbres dorsales, et les dernières cervicales, à cause de l’épaisseur des muscles de la partie supérieure du cou.
Lé contre-appui de la pression exercée par les plaques se fait à Paide d’une large bande de peau douce , tendue sur la partie antérieure et latérale de la poitrine, à Pendroit où existe une voussure des cotes et de leurs cartilages analogue a celle qui se voit en arrière, voussure qui occupe ordinairement le coté opposé a la gibbosité postérieure. Cette bande s’appelle tablier.
Le tablier est préférable au plastron de Delpech, et autres plaques solides de quelques orthopédistes modernes, a cause de la susceptibilité de la poitrine et des viscères qu’elle renferme.
Dans la distribution des plaques , il y a a mentionner la plaque dorsale et la plaque lombaire ; il ne faut pas perdre de vue que l’action de la plaque lombaire est moindre que celle de la plaque dorsale , parce qu’elle porte principalement sur les parties molles qui recouvrent les apophyses transverses des vertèbres lombaires.
L’application des moyens de pression réclame un redoublement d’attention et de soins. Il faut observer une gradation insensible dans leur emploi.
On se guidera toujours dans l’appréciation du degré d’intensité des pressions sur les considérations suivantes : les sensations qu’éprouve le malade ; la facilité avec laquelle il supporte la pression pendant son sommeil ; les marques cjue celle-ci peut laisser sur les téguments ; on s’assurera surtout de la liberté de la respiration , et l’on supprimera tonie pression dès qu’il surviendra la plus légère affection des organes respiratoires. La force de constriction sera d’abord subordonnée à l’âge du sujet , a sa constitution , à sa
susceptibilité , et au degré de la déviation. La pression du tablier, quoique très douce, sera F objet d'une grande et sérieuse attention , relativement a l'influence qu'elle peut exercer sur le cœur.
Particularités sur V application des plaques . Dans les appareils a pression latérale , un inconvénient à éviter est celui qui consiste a saisir le liant du tronc au-dessous du bras , par la partie supérieure de la poitrine , parce que la pression de la bande expose les côtes rentrées a se déprimer encore davantage.
Pour maintenir le bassin dans le sens transversal, on saisit les Fauches dans une pièce qu'on désigne sous le nom de double ceinture , l'une d'elles tirant dans un sens , l'autre dans le sens diamétralement opposé , et dont on combine Faction dans le rapport nécessaire avec les pressions exercées sur d'autres parties du tronc. Dans les doubles courbures légères , le tronc étant d'aplomb sur le bassin , ce serait mal saisir l'indication que de dé jeter ce dernier latéralement du côté de la convexité lombaire. En agissant ainsi, on risquerait de faire passer la déviation a une forme plus avancée, en inclinant l'axe lombaire comme il Fest dans les courbures dorsales prédominantes. M. Bouvier a indiqué , dans un Mémoire lu a l'Académie de Médecine , les variations que l'appareil doit subir pour répondre aux trois formes principales de la scoliose : Y S verticale, l'S avec prédominance de la courbe dorsale, et FS avec prédominance de la courbe lombaire.
Appréciation des appareils a pressions latérales ,