‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 45 sur 47 · SUR LES LIGAMENTS CROISÉS DU GENOU · texte numérisé non relu

SUR LES LIGAMENTS CROISÉS DU GENOU

Tous les anatomistes pensent que les ligaments croisés du genou n’ont d’autre usage que de limiter l’extension de la jambe sur la cuisse 5 il n’en est dumoins aucun , à ma connaissance , qui ait attribué à l’un de ces ligaments l’usage de limiter la flexion 5 cependant, je crois pouvoir avancer, d’après quelques expériences faites sur le cadavre, que le ligament antérieur possède cette faculté. Si l’on fléchit outre mesure l’articulation du genou , on le déchire inévitablement , tandis que le postérieur ou interne reste intact. En

coupant alternativement les deux ligaments , on peut s assurer de l’exactitude de cette observation, et reconnaître que , si tous deux concourent à borner l’extension , l’un d’eux , l’antérieur , met obstacle à une flexion très prononcée.

Il faut remarquer qu’en admettant , d’après l’opinion générale, que le ligament croisé antérieur concourt à borner l’extension , on doit mettre à l’expression de ce fait la restriction que voici : dans les plus grandes extensions , tant qu'elles n’ont pas dépassé la ligne droite , le ligament croisé antérieur n’est pasfortement tendu; ilnele devient qu’au moment où ia jambe forme déjà avec la cuisse un angle rentrant; et si l’on examine dans quel ordre se fait la rupture des ligaments par une extension exagérée , l’on voit que le ligament postérieur du genou se déchire i e premier , puis le ligament croisé postérieur, enfin , les ligaments latéraux; et ce n’est qu’a près cela que le ligament antérieur se déchire ou s’arrache; et encore faut-il, je le répète, que l’extension ait déjà dépassé la ligne droite d’une quantité notable.

On pourrait être conduit à quelques applications pathologiques de ce fait. On trouve des malades qui, pour toute cause d’une maladie du genou, n’assignent qu’un excès du mouvement de flexion. Or , comme l’on s’imagine que la flexion du genou n’a d’autre limite que ia rencontre des deux brisures du membre , on ne comprend pas l’étiologie indiquée par le récit du malade , et on ne peut pas croire à une entorse profonde du genou par l’effet de ia flexion. Cependant je crois que cela est exact , et que le ligament antérieur ne peut jamais être tiraillé par un excès d’extension, à moins que celle-ci n’ait dépassé la limite que nous avons indiquée.

NOTE

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