‹ De l'Apyrexie dans la Tuberculose de l'EnfanceChapitre 11 sur 35 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

Service du professeur Weill.

Mon... Marie, âgée de 6 mois, entre, le 18 août 1903, à la crèche Saint-Ferdinand.

Père bien portant, la mère est très délicate de la poitrine, tousse très souvent.

L'enfant est né à terme, accouchement normal, a été nourri au sein par la mère pendant quinze jours. A partir de cette époque, l'enfant fut nourri an biberon avec du lait de vache bouilli coupé à moitié d'eau, sans aucune règlementation.

On l'amène parce qu’elle présente de la diarrhée depuis

er aire

trois ou quatre jours; elle aurait beaucoup maigri en peu de temps au dire de la mère.

À son entrée : l’état général est mauvais, les membres sont grêles, la peau marbrée, l'abdomen est volumineux, on ne sent ni le foie ni la rate; l’érythème des fesses est très accusé : on trouve du muguet.

Rien aux poumons, ni au cœur.

Réfiexes rotuliens normaux, signe de Babinsky des deux côtés.

La température est de 36°5 à l'entrée.

Urines : pas d’albumine.

L'enfant est mis à la diète hydrique pendant douze heures, puis on lui donne du lait d’ânesse.

Le 27 août, il persiste trois ou quatre selles par jour. Ce jour même, on donne une nourrice à l'enfant; aussitôt on voit le tracé thermique changer d’allure et prendre la régularité des tracés thermiques de l'allaitement au sein, bien mise en lumière par M. le professeur Weil].

Le 3 septembre, les selles sont normales, l'enfant prend du poids et a bien meilleur aspect.

L'apyrexie est toujours persistante.

Le 22 septembre, l'enfant prend un peu de diarrhée, ce qui lui donne un 38° le soir; le lendemain, la température redevient normale.

Le 28 octobre, l'enfant, qui allait bien, prend brusquement un vomissement de sang très abondant et meurt au bout d’une demi-heure.

Les poids étant pris régulièrement dans le service tous les huit jours, on à pu se rendre compte que l'enfant prenait du poids. Celui-ci, qui était de 2k. 770 gr., à l'entrée, était, le jour même de la mort, de 3 k. 600 gr.

Malgré cette apparence de santé, il a été remarqué que l'enfant était toujours resté très pâle, inerte, criant rarement et d'une voix faible, à peine perceptible, se laissant examiner docilement sans aucune appréhension.

mo re

Autopsie : poumon gauche. — Le lobe supérieur est transformé en une masse caséeuse homogène, du volume d’une mandarine, et qui est creusée, à son centre. d'une caverne à paroi anfractueuse, du volume d’une petite noix. Le lobe inférieur présente un fond rouge foncé, sur lequel se détachent des granulations de la grosseur d’une tête d’épingle de verre, tirant sur le jaune, à tendance caséeuse.

Poumon droit. — Le poumon droit présente, sur toute sa surface de coupe, une congestion intense ainsi que des granulations peu serrées, analogues à celles du poumon gauche. L'hémorragie parait avoir eu pour siège la base droite, les bronches laissent couler à ce niveau une petite quantité de sang. Il n'existe, au poumon droit, aucune caverne. Dans la trachée, on trouve également une petite quantité de sang et des caillots.

Les ganglions bronchiques et trachéo-bronchiques, du volume d’une amande et d’un petit pois, sont caséeux d'une façon uniforme.

Cœur. — Pas de tubercules de l’endocarde ni du myocarde, rien à l'aorte.

Foie. — On trouve un semis de granulations miliaires à la surface, et, dans la profondeur, des granulations un peu plus grosses déjà, à tendance caséeuse.

Reins. — Ne présentent pas de lésions visibles. Les ganglions mésentériques sont, en grande partie, caséeux:

Rate. — Quelques tubercules un peu plus gros à la surface et à la coupe de grosses granulations déjà à tendance caséeuse.

Estomac. — Plusieurs caillots dus à la déglutition du sang, Car on ne trouve aucune lésion de la muqueuse.

Intestins. — Ne présentent pas de lésions.

Cerveau. — Congestion légère des méninges, sans exsudas, niliquide, une seule granulation est visible auniveau de l'artère sylvienne droite. Rien à la coupe du cerveau ni du cervelet.

EN RÉSUMÉ : Tuberculose généralisée, apyrétique, ayant

ho.

évolué sans signes, malgré l'augmentation de poids et terminée par une hémoptysie mortelle. Caséification des ganglions trachéo-bronchiques, tendance caséeuse, presque uniforme des autres tubercules ; grosse masse caséeuse au sommet gauche, creusée à son centre d’une caverne ; le siège de l’hémoptysie a été la partie moyenne du poumon droit,

Page 1