‹ De l'Arrachement des Insertions Phalangiennes des ExtenseursChapitre 11 sur 30 · SE MO EE · texte numérisé non relu

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langette, immédiatement au-dessous de l’interligne articulaire. Tous les mouvements physiologiques du doigt et des deux premières phalanges étaient conservés. Le mouvement d'extension spontanée de la phalangette était seul impossible. La flexion du petit doigt se faisait bien, mais elle éveillait très vite une douleur assez vive au niveau de la face dorsale de la jointure. En saisissant l'extrémité de la phalangette, il était possible de la redresser et de l’étendre sur la phalangine ; maïs dès qu’on l’abandonnaiït à elle-même, on la voyait retomber en flexion avec toute la brusquerie d'une pièce mue par un ressort. En résumé, flexion à angle droit de la phalangette, point douloureux unique et nettement localisé an niveau de l'insertion phalangettienne de l’'extenseur, extension spontanée impossible, redressement facile de la phalangette avec retour immédiat à la flexion dès qu’on cesse de maintenir artificiellement le doigt dans la rectitude, tels étaient les caractères principaux de la lésion.

En présence de ces différents symptômes, le diagnostic nous à paru s'imposer de lui-même. L'hypothèse d'une luxation n’était pas soutenable, puisqu'il n'y avait pas &e modification anormale et permanente dans les rapports des surfaces articulaires. D'ailleurs, la clinique a depuis longtemps enseigné que la luxation en avant des quatre derniers doigts de la main n'existe pas. La contracture du fléchisseur ou la paralysie de l’extenseur ne pouvait expliquer da vantage cette flexion de la phalangette.

La conservation physiologique des mouvements des deux autres phalanges et l'intégrité fonctionnelle parfaitement avérée des muscles moteurs du doigt ne permettent pas de

rattacher la déformation à une cause de eet ordre. Les lésions

étaient, en définitive, localisées à l’articulation, la phalangette était seule en cause ; elle obéissait librement aux contractions du fléchisseur, le mouvement d’extension était seul aboli. L'hypothèse d’un arrachement limité à l'insertion de l’extenseur sur la phalangette était donc seule susceptible d’expliquer les phénomènes observés. C’est le diagnostic auquel je me suis arrêté. A l’aide d'une attelle en gutta-percha, j'immobilisai le doigt dans l’extension, comptant le maintenir dans cette attitude jusqu’à la cicatrisation de la petite plaie ; mais dès le lendemain, la malade avait repris ses travaux et défait son appareil.

Je l'ai revue quatre mois après. La déformation avait conservé les mêmes caractères, l'extension spontanée était toujours impossible; il y avait encore un peu d'empâtement articulaire ; le redressement provoqué de la phalangette ne

s’effectuait plus que d'une manière très imparfaite.

OBSERVATION II (H. Busch, Centralblatt für Chirurgie, 1881.)

N. B..,un fort gymnaste de dix-sept ans, trébuche en voulant sauter par-dessus un cheval et va se heurter contre le cheval avec le pouce étendu de la main droite. 11 ressent aussitôt un craquement au niveau de l'articulation de deux phalanges. Impossibilité immédiate d'étendre la phalange unguéale. Lorsque je vis le malade quinze jours après l’accident, je trouvai les symptômes décrits par Segond, seulement la phalange ne se trouvait pas fléchie à angle droit,

mais formait un angle d'environ 45 degrés, puis celle-ci ne

se repliait pas comme un ressort après extension passive, . mais elle retombait plus lentement. Les troubles fonctionnels étaient ceux décrits par Segond, c’est-à-dire que l'extension spontanée de la phalange unguéale était seule impossible.Le blessé pouvait parfaitement se servir de son pouce pour des actions où l’extension n’était pas nécessaire, pour écrire, par exemple.

Comme deux semaines s'étaient écoulées, depuis l’accident, j'avais peu d'espoir de guérison. Néanmoins, j'essayai de placer la phalange unguéale dans une forte extension au moyen d’un bandage plâtré. Lorsque ce bandage fut enlevé au bout de quinze jours, la phalange ne retombait plus en flexion ; mais par mesure de prudence on essaye de faibles mouvements et le pouce fut replacé dans le bandage plâtré. On enleva ce deuxième bandage au bout de neuf jours, et le patient put fléchir la phalange et opérer activement l’extension complète.

Après deux ans, le malade ne peut fléchir sa phalange au même degré que du côté sain, mais ce défaut ne l'empêche

pas de se servir de son articulation.

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