SYMPTOMES
Au moment de l'accident, le malade a l'impression d'un craquement et ressent une douleur plus ou moins vive, qui se manifeste quelquefois assez longtemps après laccident. Immédiatement après il voit « son doïgt crochu », la phalangette est fléchie à angle droït ou obtus sur Ia phalangine.
On constate à l’inspection un gonflement plus ou moïns marqué de lextrémité du doigt et une légère ecchymose sur la région dorsale de larticulation phalangino-phalangettienne.
La palpation dénote un point douloureux, généralement au-dessous de l'interligne articulaire bien limité,
A l'examen des mouvements du doigt atteint, dans tous les cas il existe une impossibilité absolue de redresser volontairement la phalangette, fléchie sur la phalangine (quelquefois l'extension légère est possible : il s’agirait, dans ce cas, d’une rupture incomplète du tendon extenseur, ou d’un allongement par hyperextension du tendon).
Il est possible à l'observateur de ramener artificiellement la phalangette dans la rectitude et de
l’étendre ainsi sur la deuxième phalange, mais aussitôt après le relâchement du doigt il y a retour immédiat à la flexion. La flexion est possible, mais souvent douloureuse, aussi bien volontairement qu’artificiellement.
Les radiographies montrent une lamelle osseuse détachée de la base de la dernière phalange — du côté dorsal — et reportée en haut et en arrière vers l'extrémité inférieure de la seconde phalange attirée par le tendon extenseur.
« En résumé, flexion à angle droit de la phalangette, point douloureux unique et nettement localisé au niveau de l'insertion phalangettienne de l’extenseur, extension spontanée impossible, redressement facile de la phalangette avec retour immédiat à la flexion dès qu’on cesse de maintenir artificiellement le doigt dans la rectitude, tels étaient les caractères principaux de la lésion », déclarait en 1879 le professeur Segond. Nous ne pensons ajouter aujourd’hui que le symptôme, véritable contrôle, déterminé par la radiographie.