PALMA
oo est convaincu que la richesse d'imagination n'ë* tait pas sa qualité dominante. Son tableau de TAssomption en est une preuve. Mais il a d'autres qualités précieuses qui font oublier ou pardonner l'absence de c^e-là, et qui autorisent à donner^ sans restriction, la qualification de chefs-d'œuvre à un grand nombre de ses productions. Celles-là sont, pour ainsi dire, imprégnées d'une suavité pénétrante qui devait leur donner une efficacité merveilleuse comme stimulants de dévotion publique ou de dévotion domestique à la* qu^le rien ne supplée. Sur des âmes bien préparées, le ravissant tableau qu'on voit encore dans Féglise de San Stefano, à Vicence, devait produire une impreasion de ce genre, et peut-être aussi cette Adora^ ration des Mages qui orne aujourd'hui le musée de Milan, après avoir servi à un tout autre usage dans la petite ile de Sainte-'Hélène, habitée par des moines Olivétains voués à la vie contemplative ^
Tous les autres ouvrages du même maître qui ont échappé à la destruction, sous une forme quelconque, sont répartis entre les galeries étrangères, et si bien répartis, qu'on aurait de la peine à en citer une de quelque importance, qui ne se flatte d'en être pourvue. Bien que nous ayons été très-mal partagés, sous le rapport de la quantité^ nous pouvons nous consoler par la qualité de celui que possède le Musée du Louvre et dans lequel rayonne, avec ime rare inten-
i . L'églite, construite au qninziènie siècle, fut détraile en i806| et le couvent changé en boulangerie pour l'armée.
172 l'art GHBÉTIEir.
site, ce caractère de sua^fité pénétrante que nous avons signalé comme un trait distinctif de l'artiste. Le coloris est aussi riche qu'harmonieux, le paysage ravissant, la composition simple et heureuse et l'expression du jeune pâtre agenouillé avec une si ardente effusion devant Tenfant Jésus, fait presque oublier les autres personnages.
Un ouvrage du même style et composé dans le même but de dévotion domestique, se trouve au Musée de INaples et représente la sainte Vierge accueillant deux protégés qui lui sont recommandés par saint Jean-Baptiste, leur commun patron. H^i ce tableau est inférieur au précédent sous le rapport de l'expression dramatique, il ne lui cède en rien pour la perfection de l'exécution technique. Ceux qu'on voit à Rome, dans le palais Borghèse et dans le palais Colonna, sont assez remarquables pour mériter de n'être pas oubliés dans cette rapide énumération. Dans la collection Pitti, à Florence, il y a un Christ à Emmaûs, dont le type est dépourvu de caractère ; mais il y a aussi un portrait de mathématicien, véritable chef-d'œuvre de l'artiste en ce genre et devant lequel le spectateur le plus distrait s'arrête involontairement.
La qualification de chef-d'œuvre appartient plus justement encore au magnifique tableau d'autel de la galerie de Turin, lequel dut être peint par Palmâ avec une prédilection toute particulière et dans la pleine maturité de son talent. Dans les figures des évaugélistes et des docteurs qui font cortège à la