Usttere, etc., fdl. t
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de Jules III, sur cdie 4e ce même Carafl^contre lequel rArëtin et ses partisans avaient engagé une lutte ' à outrance depuis plus d*un quart de siècle. Cette élection fut saluée comme un symptôme de régénération par Télite des familles patriciennes dont l'inflâence était devenue assez prépondérante pour faire élever à la suprême dignité de TÉtat, des candidats qui la transformaient en une espèce de sacerdoce, comme Pierre Lando, Marc-Antoine Trévisan et les deux frères Priuli, tous partisans des nouvelles milices spirituelles que l'Ârctin avait poursuivies de ses sarcasmes et comprenant le rôle qu'elles étaient appelées à jouer dans le mouvement de régénération dont Venise était le centre et qui commençait à gagner les autres États de l'Italie.
Quant à TArétin, il avait pu pressentir, dès longtemps, la ruine de son œuvre satanique. Par un revirement (f opinion qui honora singulièrement ceux qui en furent les auteurs, ce prédicateur et ce modèle de tous les genres de dépravation tomba peu à'peu dans un si profond discrédit^ qu'il ne trouva personne qui prît souci de transmettre à la postérité ni la date, ni les circonstances de sa mort, ni le lieu de sa sépulture. C'est par un document, découvert seulement dans ces derniers temps, que nous savons qu'il mourut le 24 octobre 1 556, foudroyé par un coup d'apoplexie, sans laisser ni regret ni douleur à aucun homme de bien^.
i . // mortai Pietro Jretîno^ a kore 3 di notte^ fu pcrUUo ait
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i^ champ est laissé libre aux conjectures sur œ qui dut se passer dans Tàme de Titien, au moment de cette catastrophe. Ce qu'il y a de certain^ c'est qu'il se montra, jusqu^à la (in, scrupuleux observateur de la maxkne fondamentale que lui avait inculquée son patron et dont la pratique avait tant contribué à la prospérité de ses vieux jours. On a peine à en croire ses yeux, quand on lit la lettre dans laquelle ce courtisan octogénaire annonce au sombre Philippe II renvoi d'une peinture très-dévote {deifothsima opéra) pour servir de pendant à une double Danaé, vue de deux manières différentes, pour varier les jouissances de Sa Majesté Catholique^ Dix ans plus tard, quand le graveur flamand, Cornélius Cort, mit son burin au service de Titien, en lui laissant le choix des ouvrages qu'il tenait le plus à propager, l'incorrigible vieillard oublia ses plus beaux titres à l'admiration de ses contemporains et dé la postérité ; il oublia même les peintures patriotiques dont il avâu.t décoré jadis le palais ducal et qu'un fatal incendie devait bientôt dévorer, et il n'y eut pas moyen de le faire démordre de sa prédilection sénile pour ses enfantements les plus récents, parmi lesquels les nudités mythologiques, comme Andromède et Calisto, figuraient avec les demi-nudités chrétiennes, comme saint Jérôme et la Madeleine, objets d'un
altra cita da una canonnata efapoplessîa , senza avère lasciato desiderio ne dolor a nessuno uomo da benei Gaye , Carteggio dartisti, vol. II, p. 337.
!• Lettere piîtoriche f vo!. lî, n® 0.
cuke esthétique auquel la dévotion traditîoiWMlle avait très-peu de part. Sa vie qai, selon Texpressioii de Vasariy avait été un prodige de bonheur et dfi santé^ s'ëteiguit sans angoisses, comme une lampe qui aurait consumé, sans être trouhlée par aucun soufQe, jusqu'à la dernière goutte de son huile.. La génération qui avait applaudi à ses. premiers succès, ' avait disparu depuis longtemps de la scène^ et la génération nouvelle, qui avait fourni les guerriers de Famagouste et de Lépante^ avait eu des a^uratîons trop différentes des siennes,, pour prendre au sérieux les élégies qui furent récitées sur sa tombe.
Entre tous les éloges qui lui furent prodigués, le plus mérité fut précisément celui que Bembo avait mis si mal à propos dans Tépitaphe de Raphaël ea disant que la nature avait pu craindre d'être vaincue par lui. S'il était un artiste à qui cette banalité pût s'appliquer avec quelque justesse^ c'était assurément Titien; seulement il faut ajouter qu'il contribua, plus qu'aucun autre peintre de son école et peut-être de son sièle, à discréditer l'idéal et à introduire définitivement le naturalisme dans l'art.
Ses disciples ou imitateurs^ c'est-à-dire ceux qui passaient pour avoir appartenu plus ou moins à son école, l'avaient tous précédé dans la Lombe^ excepté Tintoret, qu'il avait désavoué depuis longtemps. Paris JBordone et Schiavone, témoin», pendant qirarànte ans, de l'entliousiasme croissant qui avait accueilR presque tous ses travaux, ne pouvaient que marcher
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docilement sur ses traces, tant pour le choix des su. le\B que pour la manière de les traiter. Mais* Bonifazio^pour qui Titien avait ét4 un modèle et non paami maître, n'avait cherché à s'approprier que son coloris et ne s'était pas cru obligé de pousser l'imitation plus loin. De là l'indifférence de Yasaripour lui et pouE ses œuvres, entre lesquelles il en signale seulement deux qui^ d'après l'éloge qu'il est lui-même forcé d'en faire^ auraient dû lui inspirer le désir de rendre pleine justice à leur auteur. L'un de ces tableaux, qui a passé de l'église des Servites dans la colLeciion de l'Académie, est sans contredit la plus soleniielle de ses compositions. Elle représente le Christ au milieu des Apôtres, au moment où PhiUppe lui dit : Seigneur^ montreit-nous le Père, Le sujet était neuf et attrayant pour une imagination chrétienne. On. voit que l'artiste n'attachait pas moins d'importance aux nuances des physionomies qu'aux nuances des couleurs, et que, pour l'accomplissement de cette tâche , la méditation avait précédé TexécutioD. La mémoire de Bonifazio a été plus respectée et ses œuvres mieux appréciées par les écrivains postérieurs à VasarL Cette réhabilitation , commencée par Bidolfi et continuée par I^anzi, dont l'admiration va quelquefois jusqu'à l'enthousiasme, a été complétée de nos ^ours par des juges compétents qui n'avaient pasiies mêmes raisons que quelques-uns de ses cpoiemporains pour l'oublier ou le dénigrer. On lui a reconnu des qualités analogues à celles de Titien, les allures grandioses et la dignité robuste qui le caracté-
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risent; mais on a reconnu en même temps qu*il avait fini par se former une sorte d'originalité avec des éléments divers, en combinant les manières de Giorgione, de Palma et deLorenzo Lotto'.
Cette originalité se trouve aussi quelquefois dans le choix des sujets ou dans sa manière de les traiter. Le charmant tableau de dévotion qui est au Louvre et qui représente la Vierge, dans un magnifique paysage, avec un cortège de saints, assis comme elle, au pied d'un cèdre derrière lequel on aperçoit des ruines mêlées aune végétation luxuriante, ce tableau, d'un coloris splendide dans toutes ses parties et rappelant, sous ce rapport, ceux de Titien, en différait assez sous le rapport de l'ordonnance et de la poésie, pour laisser à l'auteur tout le mérite de son œuvre. Il en était de même, quand il peignait Y Adoration des Magesj qui fut, jusqu à la fin, son sujet de prédilection ou du moins celui qu'il reproduisit le plus souvent et avec le plus de variantes, parce qu il pouvait, au moyen des détails accessoires, déployer toutes les ressources de son art et particulièrement la richesse de son coloris.
A dire vrai, c'était là son côté brillant qui n'a pas toujours caché la faiblesse de son dessin, et j'ajouterai, à contre-cœur, la faiblesse de ses conceptions, laquelle est en général d'autant plus visible qu'il est moins original. Ainsi quand, pour se conformer à l'usage reçu^ il peignit la Femme adultère qu'on voit
i. Charles Blanc, Histoire des peintres y n* 76.