‹ De l'art chrétien (volume 4)Chapitre 16 sur 39 · Lettere, etc., vol. IV, sept · texte numérisé non relu

Lettere, etc., vol. IV, sept

2. Che fu sempre propizio e salutare ai buoni^ e giusto e iremendopei rei^ il quale è ora^ pei suoi meriti, collocdto da Dio fra Davide e Giosuè.

3. La preuve du succès qu'obtint ce tableau, c'est que l'artiste eut à le reproduire plusieurs fois. Outre l'exemplaire du palais

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On comprend maintenant pourquoi l'artiste s'est surpassé lui-même dans cette composition qui a plus de droits à nos respects que tous les cbefs* d'œuvre qui l'avoisinent. Je serais tenté de placer sur la même ligne et d'attribuer à des inspirations du même, genre, les Vendeurs chassés du Temple y autre tableau de Bonifazio, exécuté avec une verve qui ne lui est pas ordinaire, et signalé par Lanzi comme un titre suffisant à l'immortalité. La fuite et l'épouvante des changeurs emportant leurs trésors, l'expression énei^ique de la colère divine, la terreur de la foule éperdue qui se précipite sous le fouet menaçant du Christ, tout cela forme une allusion manifeste aux profanations et aux spoliations dont ce même Henri VIII avait donné le signal; et s'il restait quelque doute sur l'intention de l'artiste, il suflirait de savoir que cet autre chef-d'œuvre appartenait à la famille Contarini, c'est-à-dire aux amis et aux consolateurs de Reginald Pôle, qui avaient voulu perpétuer, par cette œuvre d'art, lé souvenir de leur sympathie réciproque.

Cette double agression contre l'objet de son culte dut laisser une profonde rancune dans le cœur de l'Arétin ; car il rompit toutes relations avec l'agresseur, et ne les renoua qu'en 1 548, c'est-à-dire un au après la mort du héros dont l'apothéose ne lui rapportait pas tous les profits qu'il avait espérés. Déplus,

Borghèse, il y en a un très-beau, avec quelques variantes, à Sî^int-Pétersbourg,

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tleginald I*ole et les deux patriciens , ses amis , qui étaient les patrons de fioniPazio , siégeaient dans le Sacré Collège, elTArétîn nourrissait l'espoir d'y siéger bientôt avec eux! L'humble artiste devenait ainsi une puissance qu'il importait de ménager, et l'aspirant à là pourpre romaine lui écrivit une des lettres les plus curieuses qui soient jamais sorties de sa plume vénale :

« Quand j'ai vu des peintures de votre main, trèsaimable maître , j'ai senti la rougeur me monter au front en me rappelant combien j'étais grossier de ne jamais vous rendre visite , et de manquer ainsi aux devoirs de l'amitié et aux égards que mérite voire renoihmée. Ma honte cependant ne m'a pas empêché d'admirer le bel ordre de vos petites figures , la

poésie et la grâce de vos inventions

Depuis que le très-illustre procurateur m'a entendu louer votre ouvrage avec cette compétence que me reconnaissent tous les maîtres de votre art, sa . chambre est devenue pour lui le plus précieux des joyaux. Je sais bien que les tableaux que vous peignez chez vous , pour les églises , brillent d'un tout autre éclat , et c'est pourquoi je vous prie de me les montrer, sans rancune , et de permettre que j'aille demain, après Vêpres, vous confesser mes torts

J'irai donc sans faute, et si vous m'envoyez contreordre, je me consolerai en allant au palais contempler vos belles frises. »

Ce document est précieux sous plus d'un rapport; il prouve que la renommée de Bonifazio avait grandi.

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que les tableaux qu'il peignait chez lui étaient des tableaux d'église , que TArétin avait eu des torts y et qu'il n'était pas sûr d'obtenir la permission de les réparer. Quel contraste entre ce ton et celui de sa correspondance avec les dépositaires de tous les genres de pouvoirs !

Ce fui probablement alors que Bonifazio fut chargé d'exécuter cette multitude d'ouvrages destinés à décorer certaines dépendances du palais ducal , et dont le plus grand nombre a été transporté dans l'Académie des Beaux-Arts. Comparés les uns avec les autres , suivant la différence des sujets et Tordre présumé des dates , ils pourraient fournir la matière d'une étude curieuse , surtout si on les rapprochait des autres productions du même artiste , dispersées dans les galeries étrangères, et qui avaient , pour la plupart, la même destination. La décoration de l'hôtel de la Monnaie, de l'entrepôt du Sel, du bureau des Douanes, du Mont-de-Piété, de la direction des Revenus , et d'autres édifices affectés à des services publics, dut occuper son pinceau pendant plusieurs années ; car son biographe ne parle d'aucun collaborateur qui lui ait été donné pour accomplir cette longue tâche. Il n'en fut que plus libre dans le choix de ses sujets , et l'on dirait , en voyant tous ces saints , isolés ou accouplés, ou groupés autour d'une figure centrale, qu'il a profité de cette occasion pour multiplier leurs images au gré de sa dévotion personnelle , comme s'il avait voulu protester, à sa manière, contre les iconoclastes de

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son temps, et composer, pour ainsi dire, des litanies en peinture.

Le seul ordre religieux qui ait encouragé ou partagé son goût pour ce genre de représentations , fut celui, des Chartreux , dont le couvent supprimé a fourni à l'Académie des Beaux- Arts plusieurs des belles figures de saints qu'on y admire, et particulièrement celles de sainte Catherine et de saint Bruno, objets d'un culte spécial auquel une âme comme celle de Booîfazio n'avait pas de peine à s'associer.

Aucune des grandes confréries dont le patronage était si recherché , ne semble avoir été tenté d'employer son pinceau; et^ quand les confréries de second ordre , comme celles de Saint-Pascal et de Saint -Théodore, réclamaient ses services, c'était pour peindre , non pas une grande composition historique ou légendaire , mais un simple tableau de dévotion , comme la Vierge m*ec V Enfant Jésus ^ ou {Adoration des Mages^. On ne se lassait pas de lui faire reproduire ce dernier sujet, à cause de la richesse de coloris qu'il avait coutume d'y déployer.

Son biographe ne fait mention que d'un seul ouvrage de longue baleine, dont la trace s'est perdue

\ • Cette Adoration des Mages est à l'Académie des Beaux- Arts, ainsi que celle qu'il avait peinte pour e Mont-de-Piété. Celle de l'hôtel de la Monnaie s'y trouve encore avec un autre tableau représentant la Reine de Saba devant Salomon. Un trèsbel exemplaire de VAtloration des Mages fait partie de la pré* cieuse collection du comte Locbis, près de Bergame.

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depuis longtemps et qui représentait, dans une série de sept tableaux , les Triomphes de Pétrarque. Si Ton était sûr que ce choix, entre toutes les œuvres du poète, eût été TefTet d'une prédilection spéciale de l'artiste, on pourrait se livrer avec plus de confiance à l'appréciation de ses qualités intellectuelles et morales, et caractériser plus nettement les tendances qui lui sont propres. Nul ne peut nier la corrélation qui existe entre le génie de Dante et celui de Michel-Ange, et cette corrélation est encore plus manifeste enire les œuvres respectives de TArioste et de Titien. En admettant que Bonifazio ait traduit spontanément, dans la langue de son art, les plus chastes} poésies de Pétrarque, on prononcerait en sa faveur une troisième corrélation du même genre, mais portant sur d'autres termes de comparaison. Jusqu'à présent, rien n'empêche d'affirmer que le pinceau le plus pur de l'école vénitienne a été celui de Bonifazio. Non-seulement on ne connaît de lui aucune peinture mythologique, innocente ou licencieuse, mais pas même une nudité purement esthétique, dans le genre de celles que se permettait Palma lui-même. Cette abstention est d'autant plus étonnante qu'à l'époque où ce dernier terminait, en 1528, sa trop courte carrière, Pierre l'Arétin, fraîchement débarqué dans les lagunes, n'avait pas encore eu le temps de s'entendre avec Titien pour inaugurer, de concert avec lui, cette ère nouvelle qu'on pourrait appeler les orgies de l'école vénitienne, et dont certaines œuvres de Giorgione

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n'avaient été que le prélude; mais à Tépoque dont nous parlons, qui était celle de la jeunesse de BonifaziOy ces tendances, déjàtrès-forles par elles-mêmes, reçurent une impulsion nouvelle, et il fallait, pour lutter contre elles, joindre à une volonté ferme et à .un désintéressement peu compris, des traditions puisées à des sources non suspectes. Nous avons vu la fière attitude qu'avait prise Pordenone vis-à-vis de son rival devenu le favori de la fortune. Sans mettre dans sa résistance une fierté aussi bruyante, Bonîfazio, religieux observateur des leçons de son maître Palma, put traverser les trente années qu'il avait devant lui sans contracter aucune souillure. Mais cette indépendance ne resta pas impunie, et quand Vasari fît son premier voyage à Venise, pour recueillir les matériaux de ses biographies des peintres, non-seulement il ne tint aucun compte des ouvrages de Ëonifazio, mais il ignora même son existence.

Il n'en fut pas de même de Paris Bordone, qui avait des titres non-seulement à son attention, mais même à sa sympathie. C'était un gentilhomme trévisan qui avait souvent troublé les jouissances de l'ombrageux Titien par le succès même avec lequel il reproduisait les brillantes qualités de son pinceau. Non content de l'admiration qu'avaient excitée les peintures dont il avait décoré sa ville natale et celle de Vicencèjj Paris Bordone était venu se poser, à Venise même, en rival et même parfois en rival heureux de celui qui, après avoir été son maître.

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