DISCIPLES DU SAVONAROLE
Ce ne fut pas seulement le souvenir de Savoiiarole, ce fut aussi son esprit qui survécut parmi ses disciples, du moins parmi ceux qui étalent vraiment dignes de ce nom; et ce n'est pas une médiocre gloire pour les artistes de ce temps, de s'être montrés plus fidèles qu'aucune autre classe de citoyens. A la tête de ce bataillon sacré, devraient figurer naturellement Pérngin et Michel-Ange; mais le rôle important qu'ils jouèrent, l'un dans l'école Ombrienne, l'autre dans l'école Romaine, ne nie permet pas de placer ici l'histoire de leurs travaux respectifs. D'ailleurs, à dater dit jour néfaste qui vit évanouir tant de belles espérances, le talent du premier sembla frappé d'une mystérieuse défaillance; et celui du second, déployé sur un antre théâtre, se fraya des voies nouvelles* tout à fait in« dépendantes des traditions florentines.
Il n'en fut pas de même de Sandro Botticelli et
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466 l'art chrétien.
de Lorenzo di Credi, qui continuèrent de puiser leurs inspirations à la même source et qui portèrent ostensiblement le deuil de leur maître, en face de ceux qui abhorraient sa mémoire.
Bolticelli, né en i447> ava't dépassé sa cinquantième année, quand -le supplice de Savonarole vint détruire ses plus chères illusions; mais longtemps avant de le prendre pour objet de son enthousiasme parmi les vivants, il avait fait un choix non moins heureux parmi le* ilhietrés morts, et dé choix avait été déterminé par la tendance naturelle de son génie. Je veux parler de sa passion pour Dante, dont les premier» symptômes se manifestèrent a son retour de Rome, quand il était dans toute la force de l'âge et du talent. A dater de cette époque, il ne cessa de puiser dans la Divine Comédie le goût des compositions symboliques, et il fit tout pour familiariser son imagination» a l'exemple de Giotto et d'Orgagna, avec les conceptions de ce poème universel. Il alla même plus loin que ces deux artistes; car "Vasari, qui ne voit dans tout cet enthousiasme qu'une déplorable, déviation, une perte de temps et une occasion de désordre sans fin, nous dit qu'il y avait des chants sur lesquels Botticelli avait composé des commentaires, d'autres pour lesquels il avait fait des dessins et même des gravures, qui, malgré le double intérêt qui s'attachait à lenr conservation, ont disparu depuis longtemps.
Enfin, sa passion pour son poète favori prit un caractère qui semblerait devoir appartenir exclusi-
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