‹ De l'art chrétienChapitre 5 sur 20 · ANDRÉ S0LAR · texte numérisé non relu

ANDRÉ S0LAR

près avoir provoqué les risées et les blasphèmes, ont isparu avec les sculptures de Michel Colomb et 'Antoine Just, et avec tant d’autres chefs-d’œuvre ont le sol de la France était couvert (1). Etiam periere nnæ.

Heureusement , quelques ouvrages exécutés par ndré Solario vers la même époque, c’est-à-dire dans l pleine maturité de son talent, ont échappé à ce rand naufrage. Le style et le choix des sujets montrent împire que Léonard exerçait sur son imagination lalgré la distance des temps et des lieux. Soit qu il availlât sur de simples réminiscences, ou sur des squisses plus ou moins fidèles qu’il avait emportées î Milan, il est certain qu’il reproduisit tous les types 3 prédilection de son maître : le type du Christ dans tableau tant admiré qui se trouvait encore en 1765 l’hôtel de la Rochefoucauld (2); le type de saint Jean ms celui de la galerie Pourtalès et dans un autre en plus remarquable où Salomé tient la tête sanante du saint précurseur. Le tableau de la Nativité > Notre Seigneur , dont il est fait mention dans nventaire du château de Gaillon , était peut-être issi une réminiscence de celui que Léonard avait técuté pour l’empereur Maximilien; et, ce qui achève ; démontrer la vraie source des inspirations d’André Mario, c’est la ressemblance incroyable qui existe ître son chef-d’œuvre qui est au Louvre et celui de éonard qu’on voit au palais Litta à Milan. Le type i la Vierge est identiquement le même, et bien que ‘lève ait introduit quelques variantes dans le» parties

(1) Un beau fragment de sculpture de Michel Colomb a été msporté au Musée du Louvre.

2) Félibien dit qu’on faisait plus de cas de ce tableau que de usieurs autres qui étaient de la main de Léonard.

l’art chrétien.

accessoires, on s’aperçoit que son imagination a ét obsédée par un souvenir filial, et que cette suavil d’expression, cette richesse et cette harmonie de coi leurs se sont pour ainsi dire imposées à son pincea ordinairement plus terne (1).

François Melzi. C’était un gentilhomme milanai auquel il ne manqua peut-être, pour devenir un grar artiste, que d’être un peu moins heureux du côté ( la fortune et de la naissance. Il fut pour ainsi dire Benjamin de l’école de Léonard, qui non-seulemei l’instruisit comme son élève favori, mais le chéi avec cette effusion de tendresse qu'on trouve dans 1 vieillards qui n’ont pas dépensé toutes leurs affection Les relations intimes qui s’établirent entre eux, ma gré l’énorme disproportion d’âge, supposent de pa et d’autre des qualités et des attraits qui devaient a£ bien fortement; car dans les dernières années i vécurent en quelque sorte 1 un pour l’autre. De la pa du jeune Melzi, ce dévouement se composait des éla de la piété filiale, de la passion du beau, et d’ui reconnaissance enthousiaste pour celui qui lui < avait révélé les mystères. De la part du maître, c’étî la sympathie calme et touchante d’une belle âme q s’affaisse pour une belle âme qui commence à poindi c’était comme la fusion des deux crépuscules. De pli comme la vieillesse de l’un coïncidait avec l’adole cence de l’autre, et que la physionomie de ce demie pure et radieuse, réalisait jusqu’à certain point l’id que Léonard s’était faite de la beauté angélique, il ► résulta qu’au lieu de fatiguer son imagination défai

(1) Ce tableau, appelé la Vterrje au coussin vert , avait été pc originairement pour un couvent de Cordeliers à Blois.

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