Morelli, Notizia et opéré di disegno , p
PALM A. 175
ment des lèvres et surtout dans l’expression du regard, une fierté si fortement accentuée, qu’il est impossible que l’illustration du nom qu’elles portaient, n’y fût pas pour quelque chose. Or, un pareil sentiment donne à la beauté un relief qui la rend irrésistible, mais peu propre à servir de modèle pour la Salutation angélique ou pour la Mère de l'enfant Jésus dans la crèche. C’était tout le contraire pour la Sainte Barbe de la chapelle des Bombardiers, daus l’église de Santa Maria Formosa y aussi y reconnaîton, sans peine et sans blâme, la pins fière des trois sœurs, et on la salue avec une sorte de joie, toutes les fois qu’on la retrouve dans une peinture qui offre un caractère tant soit peu triomphal.
On ne sait quel nom douner à la Joueuse de guitare, qui exerçait jadis une sorte de fascination sur l’élLte des visiteurs de la riche collection du palais Manfrini, et que les juges les plus compétents se sont longtemps obstinés à regarder comme un des chefsd’œuvre de Giorgione, quoiqu’ils eussent contre eux le témoignage positif de l’anonyme deMorelli'. Rien, à la vérité, n’était plus naturel que cette illusion ; car jamais Palina ne s’est identifié si complètement avec son modèle, jamais il n’a prouvé si victorieusement l'affinité qui existait entre son génie et le sien, affiuitéqui perce dans plusieurs de leurs œuvres comparées entre elles , et particulièrement dans leurs portraits peints respectivement par eux-mèmes ; car