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M9mêmm WÊÊHUmmàMê^B.
Les maîtres hollandais se formèrent à Fexemple de ceux de Bruges ; comme ceux-ci y ils adoptèrent le principe du naturalisme , et ils en développèrent les conséquences à travers deux périodes distinctes. Dans la première de ces périodes , sous Vinfluence de croyances et d'idées communes, ûa demeurèrent unis aux Flamands par des liens si étroits qu'ils
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semblèrent se confondre avec eux. Durant la seconde époque , tandis que le catholicisme produisait encore dans les Flandres et dans le Brabant , avec le secours du goût italien , les apparences d'un art religieux j le protestantisme établi dans les Provinces-Unies y réduisait la peinture à la représentation pure et simple de la nature sensible ; mais alors , malgré ces différences , les deux pays n'en continuèrent pas moins à offrir deux déductions parallèles de la même donnée primitive.
On remarque chez les Hollandais deux centres principaux dont les tendances sont diverses et deviennent de plus en plus tranchées avec le temps. Leyde, située dans le voisinage de La Haye, au milieu des terres , asile dès long-temps renommé d'antiquaires et de théologiens, semblait présenter ime plus ample matière à l'étude humaine et aux savantes combinaisons de l'art. Harlem au contraire, bâtie plus au nord , presque entre deux mers, pour un peuple de pêcheurs , tourna davantage les regards de ses enfants vers la contemplation des scènes de la nature. Dès l'origine on pressent, dans le sein de l'école , la division qui doit résulter de ces dispositions différentes.
C'est à Harlem que Tart s'épanouit d'abord. Au commencement du xv* siècle , Albert van Ouwater, né dans le siècle précédent, y professait la peinture. Contemporain de Jean van Eyck , il en fut l'imita-
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teur et le rival ; il peignait à l'huile des compositions qui se distinguent surtout par la réalité et par la beauté de leurs paysages. La Pinacothèque de Munich renferme un charmant tableau à volets, de son élève Geraert de Harlem qui travaillait à la fin du xv** siècle. Elle contient aussi quatre peintures de J. Hernsem, né en lôoo^ et qui mourut en ] 5ÔO à Harlem où il s'était fixé ; celui-ci était un imitateur d'Albrecht Duerer.
A Leyde la peinture ne brille qu'à la fin du xv* siècle; mais elle y fait des merveilles. Cornélius Engelbrechtsen( 1468-1 533), qui paraît l'y avoir poussée le premierià quelque perfection, peignait à l'huile, à fresque et en détrempe, aux grands applaudissements de ses compatriotes. C'est assez dire qu'il se modelait sur les Van Eyck dont l'inspiration est flagrante dans le tableau par lequel il est représenté dans la galerie de Munich. Il laissa deux fils, dont le second fut , comme Holbein, peintre de Henri VIII. Il eut un élève plus illustre, Lucas Dammesz , si connu sous le noni de Lucas de Leyde, lequel naquit dans cette dernière ville en 1 494 et y mourut la même année que son maître. Habile dès l'âge de neuf ans dans tous les genres de peinture, déjà célèbre à. douze, graveur consommé à dix-huit, ce prodige de la Hollande rencontra, étant encore dans tout l'éclat de son talent , une fin mystérieuse où l'on soupçonna un empoisonne-
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ment Parmi les six tableaux signés de son nom qu'on trouve à la Pinacothèque de Munich , il y en a un qui est comparable aux plus beaux che&d'œuvre de l'art. La couleur empourprée des Van £yck y est employée avec des nuances si douces et une touche si brillante que le regard en est tout ébloui. L'expression des trois saints qui y sont re«* présentés est d'un charme inattendu; à la suavité de l'École de Bruges , elle joint je ne sais quelle grâce souriante et presque voluptueuse y qui témoir gne d'une étude plus délicate des sensations hu* maines et peut-être aussi d'une connaissance précoce de l'antique. Au milieu des érudits de l'Unir versité de Leyde y il ne faut pas s'étonner de voir par^tre, au commencement du xvi*" siècle, un ar^tiste qui , dans les limites du naturalisme allemande rappelle le sourire grec et la science de Léonard de Vinci. La gravure apprit au maître hollandais ce que la sculpture avait enseigné au Florentin i la finesse des contours et Tinépuisable artifice du de»* sin ; Albrecht Duerer, qui était lié d'amitié avec Lucas de Leyde, put aussi contribuer à lui dévoiler cette Antiquité qui n'a pas non plus exclu, chep Léonard , un certain sentiment de la force et de la naïveté du Moyen-Age.
Bientôt les Hollandais s'abouchèrent directement avec le génie italien; mais d'abord, au lieu de perdre leur caractère propre dans cette rencontre^
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ih firent tourner au jperS^çti(Hmemmt do ttyle n^iâl Les leçons de l'art tiltramoniabi. Jean Go&^ «aart (1490-1533), né dans les Fiaiidiieft françaifct^ à Maubeu^e» et stimommé Màbufie, pour cette raison , ayant voyagé dans la patrie de Michel-An^e et de B^pbaël , vint se fixer en HoUaodie ; dans sept tableaux qui ornent les cabinets de k Pioacotliéque, il se n^ontre fidèle aux traditioiis de Técole de Bru^ ges ; on retrouve les mêmes traces dans un Eece homo qui est conservé à Cologne ; une Madone que j'ai vue dans la chapelle de Saiot-Maurioe , à Nuremberg^ offre un type déji voisin de ceux de Florence; le Sommeil de Noé, que reni^tne la galerie de Berlin , est une page d'anatomie oà l'é» tude du nu conduità la sécheresse; dans les Amours de Neptume et d'Amphitrite, exposés au même musée 9 éclatent toutes les pompes mythologiques de la décadence italienne. IVÏabuse travailla k Am<sterdam et à Middelbourg , où il mourut en prôon en 1 56a<. 11 fut le maître de Jean Schoorel d'Utrecht {i^q5'i&6fx)j à qui Albrecht Duerer donna aussi des leçons 9 et qui appliqua aux foriœs consacrées par les anciens Flamands la douceur et la pumté qu'il avait empruntées à Tltalie. Deux des cinq pages qui lui sont attribuées à Munich ^ une Fiaêe en Egypte^ un Saint Georges et samt Deni$% offrent, avec une grâce plus avancée 9 les vestiges heureux
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du style ogival. Le triptyque de la Mort de la Vierge , une des plus belles pièces du musée de Cologne, est le chef-d'œuvre de ce maître , çur lequel on a élevé récemment des doutes qui n'attaquent, du reste, ni le mérite éminent, ni l'unité de ses peintures. Schoorel fut à son tour le maître de Martin van Veen , surnommé Hemskerk du lieu où il vit le jour en 1498; celui-ci, après s'être approché deLucas de Leyde, partit pour l'Italie, fréquenta l'atelier de Michel-Ange, et revint se fixer à Harlem où on l'appela le Raphaël hollandais. Avoir étudié sous Michel-Ange, et mériter d'être comparé à Raphaël, c'est déjà faire preuve d'une nature richement douée ; Hemskerk poussa l'originalité jusqu'à savoir se maintenir dans les anciennes pratiques qu'il avait vues partout abandonnées au-delà des Alpes. En 1 672 , tandis que Jean Goujon mourait victime de la Saint-Barthélémy, les Espagnols s'étant emparés de Harlem , brûlèrent presque tous les tableaux d'Hemskerck , qui ne survécut que deux ans à cette barbarie. Trois pages de ce maître, exposées à Saint-Maurice, se recommandent par l'énergie de l'expression, par la naïveté des lignes, par le goût de l'ajustement. Un autre contemporain de Schoorel , Jean Schwartz , né à Groningue en i48o , mort en iS^i , alla visiter les artistes italiens et fit éprouver des transformations plus ma-