LES CATHEDRALES DD RHIN
porter primitivement les traces de l'art byzantin. Le frontispice , couronné par une seule flèche aussi haute que celle de Strasbourg y est la seule partie de Fédifice où le style gothique règne souverainement. C'est un des beaux morceaux de la fin du xiu* siècle.
Alors la gloire de l'art ogival se propagea dans l'Allemagne méridionale, qui mit plus d'empressement à rivaliser avec le portail de Strasbourg et avec la flèche de Fribourg, que l'Allemagne septentrionale n'en avait apporté à imiter l'exemple donné par le dôme de Cologne. Au milieu du xiv' siècle, Ulm voulut avoir aussi son temple gothique, et commença sur un plan déjà classique l'édification de la belle cathédrale où nous avons étudié , dès l'abord , les linéaments généraux de l'art dont les Allemands étaient en possession à la fin du Moyen-Age. Par la Souabe , le gothique se répandit dans le bassin du Danube , d'où il remonta plus tard vers la Saxe. Mais avant de suivre son itinéraire dans ces lointaines contrées, je veux examiner encore, dans des provinces plus rapprochées, quelques monuments peu connus, où brille en toute sa grandeur le principe du plein cintre, qui est le caractère fondamental des véritables antiquités allemandes.
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4qO de l'art en ALLEM AGNBé
qui 9 dans ce tranquille pays, a conservé une grande autorité sur Tesprit des hommes , achève de consacrer les antiques cités de la Franconie. Là, assez loin de cette grande voie du Rhin, où le commerce amenait tant de bruit et de changement , de vieux évéchés, dotés royalement, entretenaient une cour lettrée et une civilisation élégamment oisive. Au dernier siècle , Févéque de Wurtzbourg descendit de la colline, où s'élevait son château féodal, pour se bâtir dans la plaine , avec les richesses accumulées par ses prédécesseurs , un palais qui ne le cède guère à Versailles pour la pompe et pour l'étendue. L'évéque de Bamberg demeura sur son sommet, où l'enchaînait un monument entouré de la vénération des peuples.
Il serait difficile de décrire l'impression que produit la vue de cette ville de Bamberg , où , sous les formes régulières des derniers siècles , persiste presque tout entière l'originalité des plans du Moyen- Age, Sur la Regnitz, qui coule au pied du coteau, et qui sépare la ville haute de la ville basse , est jeté un pont, chargé , comme au xiii^ siècle, de sa porte et de ses fortifications, orné, comme au xviu', de fresques et de médaillons où les héros grecs et romains figurent avec le plus galant costume ; dans la ville haute, au milieu des vergers, à côté d'un palais qui semble avoir voulu imiter les beautés modernes du Vatican, la vieille cathédrale élève