OBSERVATION II
Gangrène symétrique des deux pieis dans la convalescence de l’infiuenza, par H. Eichorst.
Correspondenz Blatt für Schweizer, Aerzte, 1e mars 1890. ({Traduction Duchesneau résumée).
Le docteur Kung, de Berken, était atteint de l'influenza depuis quatorze jours, compliquée d'un léger point de pneumonie, quand il fut pris brusquement de douleurs très intenses dans les membres
ET et
inférieurs, douleurs s'accompagnant d'insensibilité locale complète. Ces douleurs revètirent bientôt une épouvantable intensité.
Eihorst, appelé en consultation auprès de son collègue, constata que les deux jambes étaient d'un bleu noirâtre, froides et insensibles.
La maladie présenta des phénomènes d'intermittence excessivement curieux, le membre gauche montra de nouveau un peu de ” vie, la fémorale se remit à battre faiblement et la gangrène parut se limiter à la partie moyenne de la jambe droite, Mais le 49, la gaugrène s'avanca jusque dans la région inguinale et le malade mourut deux jours après.
Pour Eichorst la gangrëne symétrique était due à Parrêt d’un embolus au point de séparation des artères fémorales, malheureusement ce point n'a pas été éclairci, lautopsie n’ayant pas été fâite. Ce qui est très curieux dans cette observation, c'est l'intermittence de la gangrène. Mornet à ce propos a constaté le même phénomène sur un des malades dont il rapporte l’observation.
Le malade avait présenté une légère attaque de preumonie, ce qui à la rigueur, permettrait de ranger cette artérite dans la classe de celles qu’on a signalées au cours de la pneumonie.
OBsERVATION III.
Grippe et gangrène du membre inférieur, par le Docteur s Loysonu.
(Lyon médical, 16 mars 1890). — Résumée. — (Thèse Mornet).
A. B., employé de commerce, àgé de 37 ans, fait appeler le
{1 janvier 1890 le docteur Loyson, parce qu'il venait d’être atteint d'influenza.
Pas d'antécédents pathologiques. Le 13 janvier, le malade commence à se lever et à marcher.
Le 14, le malade est pris de diarrhée intense, on constate du gargouillement dans les deux fosses iliaques,
Pas de température ; mais à 7 heures du soir, il sent brusquement sa jambe s’engourdir depuis le genou, en mème temps, la sensibilité s'émousse, et il y a des fourmillements dans tout le membre. La jambe est complètement froide.
A l'examen, le membre est pâle, légèrement violacé, froid. La sensibilité à la douleuretàla chaleur ont complètement disparu. Audessus de la zone froide, la peau saine présente une sensibilité exagérée à la douleur.
Le 18, le malade entre à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. Jaboulay, la douleur a diminué mais la teinte violacée s’accentue.
Pansement ouaté et repos absolu.
Trois semaines se passent, l’état général reste satisfaisant, mais la peau de la jambe devient noire. Le pied est desséché et dur comme de la corne. La limite de la peau saine est très nette.
Le 13 juin, la température monte à 40°, l’état général s'aggrave. Devant la gravité de la situation, l’amputation de la cuisse est résolue et se fit sans hémorrhagic, l'artère étant oblitérée.
A l'examen du membre on constate que la fémorale est oblitérée par un caillot dense, grisètre, adhérent aux parois. La veine fémorale était également oblitérée. Tous les vaisseaux, artères et veines étaient souples. On essaye de faire au microscope l'examen de l’endothélium, malheureusement l'état de gangrène rend le travail impossible.
Et Loyson conclut ainsi : « En tout cas l’infiuenza est ici seule en cause, on ne peut hésiter qu'entre une embolie et une thrombose ».