‹ De l'artérite aiguë au cours de la grippeChapitre 16 sur 19 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Gangrène du deuxième orteil et d'une partie de la face plantaire à la suite d’infection grippale, par le Prof. Poncet.

(Gazette hebdomadaire de médecine, 1% juin 1890). — Gitée par Mornet. — (Résumée).

G..., âgé de cinquante-six ans, va le 7 mai consulter le docteur Poncet pour une gangrène sèche du deuxième orteil avec accidents

En)

phlegmoneux du côté de la face dorsale du pied: et extension du côté de la face plantaire:

- Pas d’antécédents pathologiques sauf une grippe au mois de février qui le rendit assez malade. Sept à huit semaines après le début de l'influenza et sans cause appréciable, apparition de douleurs passagères dans le deuxième orteil, douleurs qui précédèrent l'apparition de plaques de sphacèle.

Rien du côié du cœur. Pas de sucre ni d’albumine dans les

urines.

OBSERVATION VII Gangrène spontanée rapide à la suite de l’influenza. — | Observation du doc!eur Sydenhaw.

(Brilish., med, Journ , maïs 1890). — (Résumée).

H... B..., âgé de cinquante-six ans, facteur rural, tomba malade le 3 février 1890. Sydenham le vit le soir du mème jour et constata les signes certains d'une attaque d’influenza.

Le 5 février il constate sur la face dorsale du gros orteil droit de son malade une petite tache noire Le malade est agité, pas encore de douleurs, mais le 6 février, le pied droit tout entier est gangrené. Le malade à du délire, le pouls à 130. Toute la partie du membre inférieur, située au-dessous du genou est rouge et enflammée.

Le malade, dit le docteur Sydhenam, élait vigoureux mais é'ait un alcoolique invéléré.

Ce qu'il y a de remarquable dans cette observation, c'est la précocité des accidents qui sont arrivés au deuxième jour de la grippe, c'est le seul cas où il en soit ainsi, mais nous croyons qu'il faut faire des réserves au point de vue du diagnostic qui a été porté. Les symptômes d'influenza étaient peut-être dus à une infec-

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tion pneumococcique ou streptococcique primitive. De nos jours, ces infections tendent à se faire une place à part dans la pathologie, mais elles n'étaient pas encore différenciées au moment où Sydenham a vu son malade.

OBservaTION VIII Gangrène symétrique des extrémités inférieures, suite de , grippe Faure Miller. (British med. Journ. 18 juillet 1891). — (Résumée).

La malade, une jeune fille de vingt ans, était depuis huit jours à peu près complètement guérie d’une attaque d'influenza, lorsqu'elle fut prise, pendant une promenade fatigante, d'une violente douleur dans les deux mollets, douleur d’une violence telle qu'elle ne put rentrer à pied chez elle,

Après trois jours de repos complet, tous ces symptômes se dissipèrent, mais à peine sur pied, une nouvelle douleur, encore plus aiguë, apparut dans la jambe droite, avec sensation d’engourdissement. Le lendemain, gonflement du pied, dont la peau devient bleuûtre, violacée, douloureuse. L'autre pied présente le lendemain les mêmes symptômes.

Peu à peu, acheminement vers le sphacèle, mais l’état général reste bon. Les urines sont normales,

La malade n’a jamais eu jusqu'ici de maladie grave, ni rhumatisme, ni syphilis.

Le seul symptôme cardiaque est un murmure systolique, dense, un peu trainant, s’entendant surtout à la base, et coincidant avec une prolongation du deuxième bruit.

Traitement tonique : fer, vin.

Traitement antiseptique. Après trois semaines de soins, les escharres se détachent. Les surfaces se cicatrisent.

OBSERVATION IX (résumée)

Thrombose de l’artère iliaque et de l’artère rénale, au cours d'une pneumonie infectieuse grippale. — Gangrène massive des deux membres inférieurs.

(Observation de M. Rendu, Bulletin de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 15 janvier 4892).

Marie C..., 37 ans, lingère, entre à l'hôpital le 24 novembre 1892.

Pas d’antécédents pathologiques. A la grippe depuis quinze jours environ. Cette grippe, très légère au début, s'est aggravée, et au moment de l'entrée, la malade est très oppressée, point de côté douloureux à droite, signe, non douteux, de pleurésie diapbragmatique. Räles fins de congestion pulmonaire avec deux bases. Bref : diagnostic de broncho-pneumonie avec pronostic alarmant.

Urines sans albumine. Traitement : saignée et excitants.

* Le 25, légère amélioration, température, 39°.

Dans la nuit du 26 au 27, la malade devient très agitée.

Le 27, tendance à la syncope.

Au cœur, bruits sourds, mal frappés, la congestion pulmonaire s'accroît. Ventouses et caféine.

Le 28, la malade respire mieux, mais toute la nuit ses jambes ont êté le siège d’élancements atroces, et le matin on constate, sur les deux mollets, l'apparition de marbrures noiràtres. Le moindre contact est douloureux. La sensibilité locale des orteils est émoussée.

Diagnostic : Thrombose des artères fémorales et peut-être même des deux iliaques.

Le 29, la pneumonie est en résolution, mais les plaques ecchymotiques des jambes se dessinent plus nettement, deviennent plus confluentes.

£a jambe est le siège de douleurs spontanées à la moindre pression, les orteils commencent à se dessécher.

30 novembre, -— La pneumonie est terminée, Température, 37°,

Pouls pléin, régulier. Les téguments sont mous et un sillon d'élimination commence à apparaitre.

A ce moment, lidée d'une intervention chirurgicale s'impose, M. Le Dentu recule devant l'étendue et la gravité du traumatisme, craignan! le sphacèle du moignon.

Le 5 décembre, la fièvre s'allume, l'appétit se perd et la mort survient en quarante-huil henres.

Autopsie. — Les poumons portent des traces de broncho-pneumonie.

Le cœur : L'endocarde des cavilés gauche semble normal, sur une des valvules sigmoïdes de l’aorte se trouve une légère végétation paraissant récente. Dans le ventricule gauche se trouve un caillot dur, grisätre, fibrineux, très solide, caillot se continuant dans les deux iliaques et adhérent aux parois dans tous ses points. En outre, l'artère rénale gauche élait oblitérée par un thrombus, aussi Le rein de ce côté était transformé en totalité en un infantus jaunâtre.

Au point de vue bactériologiqu®, pas de pneumocoques dans ces caillots. Les artères, examinées avec soin au niveau des coagula étaieut tout à fait normales.

OBsEnvATION X (résumée) Gangrène symétrique des pieds d’origine grippale

(Bondet, Province médicale, 19 mars 1892).

Malade âgé de 58 ans, habiluellement bien portant, pas syphilitique, ni alcoolique, ni rhumalisant.

En février, symptôme non douteux de grippe et vers le 20 du même mois, {? jours environ ap'ès le début de l'influenza, apparition de douleurs avec crampes et fourmillements dans les deux jambes. Le lendemain, œdème rouge et violacé sur le dos des deux pieds et le tiers inférieur de la jambe droite.

Le 29 février entrée à la clinique avec le pied droit gris, noiràtre, froid, sans battements dans la pédieuse et la tibiale postérieure.

Æ gauche, il existe sur le pied des taches violacées, moins prononcées et qui d’ailleurs disparaissent peu à peu.

A’droite, au contraire, la ligne de démarcation se fait.

A l’auscultation du malade : signes évidents de tuberculose pulmonaire.

A l’autopsie, présence d’un caillot rouge dans l'artère tibiale antérieure droite, caillot se prolongeant dans toute l’étendue de la pédieuse.

La paroi artérielle qui, à première vue parait saine, porte de petits points jaunâtres légèrement saillants.

OBSERVATION XI (résumée)

Grippe. — Gangrène superficielle à la partie inférieure de la jambe droite et sur le dos du pied. — Gangrène à marche irrégulière, intermittente.

(Mornet, Thèse, Lyon, 1892)

M... M..., àgée de 66 ans, entre à l'hôpital à Lyon le 9 juin 4892.

Rien à noter dans ses antécédents héréditaires ou personnels.

Cette malade prise d'influenza avec un léger point de bronchopneumonie, vit au bout de quinze jours apparaître des douleurs et des fourmillements sur le dos du pied droit, ce pied devint plus froid et insensible.

Aux poumons existe un foyer de matité au tiers moyen du poumon gauche.

Rien au cœur, dont les battements sont assez énergiques, on perçoit seulement de rares intermittences.

. A la partie inférieure de la jambe gauche, à la racine et sur le dos du pied, on constate un léger œdème, une teinte pâle des téguments et un refroidissement marqué, la sensibilité superficielle y est fortement émoussée.

Les urines contiennent une assez forte quantité d’aibumine.

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