‹ De l'arthrite aiguë d'origine blennorrhagiqueChapitre 11 sur 26 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Arthrite blennorrhagique de l’articulation radio-carpienne du côté

droit. — Guérison.

(Observation communiquée par M. le professeur Duplay.)

Brombal (Ferdinand), âgé de 24 ans, couvreur, entre le 22 septembre 1873, salle Saint-Barnabé, lit n° 1 (service de M. le Dr Duplay), à l'hôpital Saint-Antoine.

Cet homme raconte qu’il y a cinq semaines, se trouvant sur un toit, il a fait une chute et s’est retenu à une lucarne à l’aide de sa main droite. La région du poignet est devenue aussitôt douloureuse, mais il a pu cependant finir sa journée de travail. Le lendemain matin, il a ressenti dans la main et l’avant-bras des douleurs qui, les jours suivants, sont devenues assez intenses pour empêcher le sommeil et qui n’ont pas tardé à s’accompagner d’un gonflement énorme.

Depuis le début des accidents le malade a simplement gardé le repos et mis des cataplasmes. Aujourd’hui le poignet et la main du côté droit sont le siège d’une tuméfaction œdémateuse considérable, également marquée à la face palmaire, à la face dorsale et sur les côtés, tuméfaction qui donne à la région une forme cylindrique. Au niveau des parties tuméfiées la peau est chaude, mais présente sa coloration normale. On y constate parla palpation l’existence d’une fluctuation peu nette, appréciable surtout du côté de la face dorsale et au niveau même de l’interligne articulaire.

Le moindre mouvement communiqué retentit douloureusement dans la jointure; les mouvements de latéralité sont beaucoup plus prononcés qu’à l’état normal. Ce sont presque des mouvements de

translation do la main, ce qui indique un relâchement considérable des ligaments.

Les mouvements spontanés sont absolument nuis.

Au niveau du passage des gaines sur le radius, il n’existe que peu de douleur et les mouvements de flexion complète des doigts sont faciles et non douloureux.

L’intensité des symptômes locaux observés lui faisant douter de la possibilité d’une arthrite traumatique ordinaire, M. Uuplay pense immédiatement à l’existence d’une arthropathie blennorrbagique, et l’examen complet du malade permet de reconnaître un écoulement uréthral très accentué dont l’apparition remonte à quatre mois.

Traitement. — Immobilisation à l’aide d’un appareil silicate fenétré au niveau du poignet.

1er octobre. Dans la nuit qui a suivi l’application de l’appareil, le bras et la main ont très sensiblement diminué de volume. Cette amélioration s’est accentuée les jours suivants et l'appareil se trouve aujourd’hui trop large. On enveloppe complètement le membre dans un appareil ouaté.

fb octobre. Le mieux va toujours croissant. — Sous l’appareil qui vient d’être enlevé, on trouve la main revenue à peu près à ses proportions naturelles. Il n’existe plus d’œdème qu’à la face dorsale et encore est-il peu considérable. Les articulations sont un peu raides, mais donnent cependant des mouvements.

o novembre. Le malade part pour Vincennes. Son poignet est bien encore légèrement empâté, mais il n’existe plus aucune espèce de douleur à son niveau.

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