‹ De l'arthrite aiguë d'origine blennorrhagiqueChapitre 15 sur 26 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Arthrite aigue blennorrhagique de l'articulation médio-tar sienne.

— Immobilisation. — Guérison.

(Observation communiquée par notre collègue et ami Mathieu.)

La nommée Favre, âgée de 27 ans, journalière, entre le 11 janvier 1881 à l’hôpital Lariboisière, salle Sainte-Mafie, lit n° o (service de M. le Dr Proust).

Cette femme a eu un enfant il y a cinq ans, et elle est, depuis cette époque, sujette à des métrorrhagies. Il y a trois semaines, ayant ses règles, elle prit froid, vit ses règles se suspendre et éprouva pendant trois ou quatre jours des douleurs vagues dans les épaules et dans les genoux.

Depuis quinze jours, les douleurs, assez violentes pour empêcher le sommeil, se sont fixées au niveau du pied.

Etat à l'entrée, 11 janvier. — Gonflement du dos du pied, commençant au-devant de l’articulation tibio-tarsienne, pour se poursuivre jusqu’à la racine des orteils, présentant son maximum au niveau de la partie moyenne de la région.

Œdème résistant en ce dernier point, dépressible, au contraire, au sommet du gonflement, et gardant facilement l’empreinte du doigt en dehors et surtout en dedans, au-dessous de la malléole interne. Coloration rouge livide de la peau.

Pas de douleurs au niveau des ligaments latéraux de l’articulation tibio-tarsienne. Pas de douleurs non plus sur les articulations métatarso-phalangiennes.

Douleur très vive suivant la ligne de l’articulation médio-tarsienne. Points douloureux maxima sur ce trajet à la partie interne et à la partie externe.

Les mouvements du pied sur la jambe sont absolument libres. Il en est de môme des mouvements des doigts.

On détermine au contraire une douleur très vive* en saisissant à pleine main les métatarsiens et en cherchant à leur imprimer un mouvement de torsion.

Écoulement vaginal purulent. — Goutte caractéristique dans l’urèthre.

Immobilisation dans un appareil plâtré.

A la suite de ce traitement, la douleur a immédiatement disparu, mais le gonflement n’a que lentement diminué, et ce n’est qu’après deux mois qu’on n’observa plus trace d’œdème ni de douleur.

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