OBSERVATION XVI
Aithrite blennoirhagique de l’articulation phalango-phalanginicnne du médius gauche. — Immobilisation après trois semaines. — Guérison avec ankylosé.
(Observation communiquée par M. le professeur Duplay.)
Sch... (Charles), ôgé de 24 ans, employé de commerce, entre, le 17 avril 1878, salle Saint- Augustin, n° 31 (service de M. le docteur Duplay).
11 y a vingt et un jours environ, cet homme ressentit, dans le membre supérieur droit, puis le lendemain dans le gauche, de légères douleurs, n'ayant aucune situation précise et ne s’accompagnant ni de gonflement ni de rougeur.
Il y a dix-neuf jours, il éprouva, au niveau de l’articulation phalango-phalanginienne du médius gauche, une douleur assez vive qui, deux jours plus tard, fut suivie de l’apparition d’un gonflement notable au niveau même de la jointure. Un médecin consulté prescrivit des cataplasmes, et aucun autre traitement ne fut fait depuis cette époque malgré une aggravation sensible dans les symptômes.
Etat à l'entrée, 19 avril. — L’articulation phalango-phalanginienne du médius gauche est le siège d’une tuméfaction œdémateuse considérable. Cette tuméfaction s’étend au-dessus et au-dessous de la jointure, mais est surtout marquée sur le trajet même de l’interligne articulaire, beaucoup plus accentuée sur la face dorsale que du côté de la face palmaire, dont les plis cutanés sont visibles.
La peau est rouge au niveau des pai’ties tuméfiées. Les mouvements spontanés sont rendus impossibles par la douleur qu’ils provoquent. La pression au niveau de l’interligne est très pénible, tandis qu’au-dessus et au-dessous elle est assez bien supportée. Les mouvements communiqués sont douloureux, mais moins que la pression. Il est possible de faire exécuter à la jointure des mouvements de latéralité très marqués, et on entend de gros craquements pendant la production de ces mouvements.
Ln présence de désordres aussi accentués, survenus rapidement et sans cause apparente, M. Duplay pense à la possibilité d’une
arthrite blennorrhagique, et la constatation d’un écoulement blanc verdiltre par l’urèthre, écoulement dont le début remonte à six semaines, confirme pleinement ce diagnostic.
Traitement. — Immobilisation par une attelle plâtrée du doigt malade et des deux doigts voisins.
22 avril. Une immobilité complète n’ayant pas été obtenue, on enlève le premier appareil et on applique une attelle prenant seulement le doigt malade. Une seconde attelle comprend à la fois, dans son épaisseur, le premier appareil et les deux doigts voisins, et une immobilisation aussi complète que possible est ainsi obtenue.
30 avril. Amélioration des plus manifestes. Le gonflement et la douleur ont beaucoup diminué. La pression au niveau de l’interligne articulaire détermine toujours un peu de douleur. Le malade quitte la salle, gardant son appareil.
20 mai. Le malade est revu. On enlève l’appareil, la douleur et le gonflement ayant disparu. L’articulation est absolument immobilisée et des tentatives réitérées de mobilisation sont absolument incapables de détruire cette ankylosé.