OBSERVATION XVII
Arthrite aigue blennorrhagique de l'articulation phalangophalanginienne du médius gauche. — Ankylosé.
(Observation communiquée par notre collègue et ami Delpeucb.)
Eugénie R..., lingère, âgée de 19 ans, se présente, le 21 juin, à la consultation de l’hôpital Lariboisière (service de M.Léon Labbé).
Douleurs vives, élancements dans le médius gauche, depuis cinq ou six jours. Impossibilité de fléchir le doigt.
Gonflement assez considérable occupant surtout la première phalange et une partie de la seconde. Rougeur intense non limitée, Gonflement et œdème peu marqués du dos de la main. La malade avait appliqué des cataplasmes et de l’onguent napolitain.
Pas de traînées de lymphangite, pas de ganglions dans l’aisselle. Pas d’écorchure au doigt. On songe à une arthrite blennorrhagique, mais les cris et l’indocilité de la malade, qui est franchement liysté-
nque, empêchent un examen minutieux de la partie atteinte.. De plus, elle uie absolument tout symptôme de blennorrhagie.
Elle revient le 2o. L’état est à peu près le même. Œdème au niveau de la première phalange du médius, mais pas de fluctuation. En raison de l’état nerveux de la malade, on ne peut localiser la douleur. On pratique une étroite ponction au niveau de la première phalange, au voisinage de son articulation avec la plialangine; il ne sort que du sang et le stylet arrive sur un os dénudé.
On ordonne à la malade, malgré scs protestations énergiques, un traitement antiblennorrliagique.
Deux jours après, le 27, le gonflement et la rougeur sont moins considérables. Les douleurs sont aussi vives.
Elle avoue enfin que, depuis environ un mois, elle a un écoulement vaginal abondant et que, depuis quelques jours surtout, elle souffre en urinant. >
Elle n’a jamais eu auparavant de douleurs dans aucune jointure, ni aucun antécédent rhumatismal. Actuellement, l’articulation de la première phalange du médius est la seule prise. Pas de réaction.
1er juillet. L’inflammation locale a beaucoup diminué. La déformation persiste. Les douleurs sont moins vives et permettent de faire exécuter quelques mouvements à l’articulation; on perçoit des frottements manifestes dans les mouvements anormaux de translation.
Immobilisation sur une palette.
10 août. Depuis une quinzaine, la malade ne porte plus d’appareil. Son articulation phalango-phalanginienne ne jouit d’aucun mouvement spontané ni provoqué.