‹ De l'arthrite aiguë d'origine blennorrhagiqueChapitre 24 sur 26 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

Arthrite aiguë blennorrhagique du coude gauche. — Immobilisation rapide. — Ankylosé.

(Observation communiquée par notre collègue et ami Mathieu.)

Leral (Marie), âgée de 22 ans, domestique, entre le 20 mars 1881 à l’hôpital Lariboisière, salle Sainte-Marie, n° 31 (service de M. Proust).

Bien portante habituellement, cette malade a été prise il y a trois jours seulement et sans cause appréciable de douleurs vagues dans les deux genoux, n’ayant duré qu'un jour et ne s’étant accompagnées d’aucune tuméfaction, d’aucune rougeur.

Au moment où ces douleurs commençaient à disparaître, le coude droit a été envahi et enfin le coude gauche, qui est rapidement devenu le siège d’un gonflement considérable.

Etat à l’entrée. — Tuméfaction énorme au niveau du coude, audessus et au-dessous, effaçant complètement la forme de la région. Gonflement d’aspect phlegmoneux, avec coloration rouge sombre de la peau. Sorte d’œdème dur. Large plaque œdémateuse à la partie postérieure de la région, s’étendant jusqu’à 12 ou 13 centimètres au-dessus du coude, descendant un peu moins au-dessous de l’articulation.

Mouvements spontanés et provoqués très douloureux. Douleurs à la pression au niveau des ligaments latéraux sous les saillies épicondyliennes et épitrochléennes. Douleurs plus prononcées au niveau de la tête et du col du radius et au niveau de l’extrémité inférieure de l’humérus. Les extrémités articulaires et en particulier la tête du radius semblent augmenter de volume comparativement à celles du côté droit. Fièvre modérée.

Pertes Jeucorrhéiques. — Goutte de pus évidente dans l’urèthre;

Aucun soulagement par l’administration, répétée pendant trois jours, de 8 grammes de aalicylate de soude.

Au bout de trois jours, application d’un appareil plâtré qui fait aussitôt disparaître la douleur. Après deux mois et demi d’immobilisation, l’appareil est enlevé et on constate que toute douleur spon-

tan 6 o ou à la pression a absolument disparu. Les mouvements spontanés sont nuis; les mouvements communiqués sont également impossibles.

Massage. Douches. Tentatives plusieurs fois répétées de mobilisation.

1er juillet. L’avant bras est fléchi sur le bras à angle droit. Tout mouvement spontané ou provoqué est absolument impossible. Aucune douleur. La palpation profonde fait percevoir une augmentation persistante du volume des os.

Page 1