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tion périostique déterminée par les manœuvres de réduction. Ces néoformations contribuent puissamment à maintenir les os écartés et dominent le processus pathologique.
Qu’allons-nous observer du côté des surfaces osseuses déplacées ?
À ce niveau, les lésions que nous allons rencontrer obéissent à la loi qu’a formulée Malgaigne pour toutes les luxations anciennes : « Atrophie et usure des portions osseuses soumises à une pression réciproque ; hypertrophie et épaississement des parties osseuses ambiantes, libres de toute pression. »
Les surfaces osseuses ne conserveront donc point leur forme normale; on verra les unes s’atrophier, les autres s’hypertrophier pour arriver à se mouler les unes sur les autres. « Les deux os de l’avant-bras, dit M. Pingaud, étant fixés en arrière de l'humérus, une des premières
conséquences de la pression qu’ils exercent en ce point
par le fait de la tension des muscles fléchisseurs du bras et en particulier du brachial antérieur, c’est, du côté de l’humérus, l’enroulement en volute de son épiphyse vers sa face antérieure, enroulement tel que la surface articulaire de l'os regarde directement en avant; c’est, d’autre part, du côté du cubitus, le resserrement progressif de la grande cavité sigmoïide par refoulement en arrière et usure consécutive non seulement de l’apophyse coronoïde, mais encore du corps de l’os qui se creuse d’une nouvelle cavité sigmoïde pour recevoir l’humérus. » Suivant Stimson, cet enroulement en volute de l’épiphyse inférieure de lhumérus résulterait d’une hypertrophie interstitielle se faisant dans un sens perpendiculaire à l’axe de l'os. Partout où les mouvements existent à l’intérieur de
yo l'articulation, et où les surfaces articulaires restent en contact, il y a persistance du cartilage d’encroûtement ; il disparaît dans les points où ces conditions n'existent plus. à
Ainsi s’expliquent ces extrémités osseuses monstrueuses, irrégulières érodées, et l’effacement complet des surfaces articulaires préexistantes que l’on rencontre dans les vieilles luxations, Les cavités articulaires inoccupées se comblent d'un tissu dé remplissage (Malgaigne) fibrograisseux, dense et solidement adhérent aux cartilages : le tissu cellulaire voisin prolifère rapidement, se densifie et vient remplir les vides causés par le déplacement des surfaces articulaires.
En outre, au niveau des surfaces luxées, il se fait rapidement un travail de néo-formation qui assurera aux os déplacés la fixité nécessaire au fonctionnement de la néarthrose. Le périoste huméral, irrité par les os luxés de l’avant-bras, réagit par sa couche ostéogène et détermine une production osseuse qui englobera les surfaces en contact pour constituer une nouvelle articulation. Alors, pour prévenir l’ascension des os en arrière, une nouvelle apophyse coronoïde s’élève du cubitus au-devant de lécharcrure dont il s’est creusé pour emboiter la poulie humérale. De même, à la partie inférieure de l’humérus, on verra se former une végétation osseuse qui surplombera le renflement olécranien et limitera les mouvements d’extension, bornés jusque-là par la seule tension des ligaments et des muscles.
Donc, outre la formation des cavités nouvelles de frottement et d'usure, on observe un processus de prolifération osseuse qui perfectionne la nouvelle cavité de
réception, énchatonne les surfaces articulaires et peut même parfois arriver à les souder entre elles, à tel point que la réduction est impossible sans fracture concomitante.
Les fractures souvent multiples des extrémités osseuses facilitent ces changements de forme des surfaces luxées qui se font assez rapidement chez les enfants et les ado- Jescents. M. Ollier, dans son Traité des résections, signale un cas de luxation du coude en arrière avec fracture du condyle, datant de dix mois, où il constata un rétrécissement énorme de la cavité sigmoïde, dû au rapprochement de l’olécràne et de l'apophyse coronoïde.
Du côté du radius, plusieurs auteurs ont observé l’allonsement hypertrophique du col, attribuable probablement à la cessation de la pression (cas de Umphrey, d’Allais, de Smith); cette particularité se rencontre plus particu- lièrement dans la luxation isolée de cet os. La prolifération fibreuse acquiert en ce point une intensité toute spéciale.
Examinons maintenant plus spécialement ce que l’on observe lorsque le périoste a été décollé sur une étendue appréciable.
M. Ollier, dans son 7raité des résechions, tome II, a longuement insisté sur l’ossification des gaines périostiques décollées dont il a eu souvent à se préoccuper en pratiquant des résections, soit curatives, soit orthopédiques. Il explique ces décollements de la façon suivante : « En se luxant en arrière, le radius et le cubitus, le radius surtout, entraînent leur appareil ligamenteux et, avec cet appareil, la gaine périostique de la diaphyse humérale, qui se décolle et forme un manchon ossifiable situé en arrière de la diaphyse normale. Une fois ce manchon
ossifié, il constitue une colonne osseuse, épaisse, solide, résistante, avec laquelle s'articule directement le radius. Il se forme ainsi une nouvelle articulation huméro-radiale, sur laquelle s'insère l’ancien appareil ligamenteux ou, du moins, tout ce que le radius a entraîné avec lui (ligament latéral externe et ses expansions latérales). L’articulation est alors reportée en arrière, et l’ancienne extrémité humérale, intacte, non fracturée, fait saillie en avant, recouverte ou non par le ligament antérieur, suivant que ce ligament a résisté ou s’estrompu.» Chez l'enfant, dans la luxation du coude, il y a des fractures, des arrachements ligamenteux très fréquemment, d’où des ossifications anormales, des déformations qui rendent de bonne heure la luxation 1rréductible, M. Ollier a pu observer ces ossifications périostiques après les manœuvres de pseudo-réduction par arrachement du cartilage olécranien, « L’épiphyse est restée unie à la diaphyse par des tractus périostiques qui s’ossifient et la
fixent définitivement dans une direction perpendiculaire à
l’axe du cubitus. L’olécrâne étant attiré en haut par le triceps, pendant que le cubitus est maintenu horizontalement, il en résulte, une fois la soudure faite, un crochet à angle presque droit. »
Au début, lorsque l’ossification est encore peu avancée, cette gaine se traduit seulement par la présence de quel-
ques ostéophytes saillants sous la peau, et ce n’est guère
qu'après le quatrième mois qu’elle forme cette colonne osseuse avec laquelle s'articule directement Le radius.
Par suite du déplacement des surfaces articulaires, les muscles présentent des rapprochements de leurs points d'insertion. Relâchés au début, dans les premiers jours
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