‹ De l'Arthrotomie et de la Réduction à Ciel Ouvert dans les Luxations Non Réduites du CoudeChapitre 7 sur 23 · FERA · texte numérisé non relu

FERA

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TT qui suivent le traumatisme, ils ne tardent pas à se rétracter et à s’atrophier. Le triceps surtout n'échappe pas à cette rétraction; le biceps est moins nettement atteint, son extrémité inférieure restant tendue sur la trochlée humérale.

Les ruptures musculaires que l’on a signalées intéressent presque exclusivement la région musculo-tendineuse du brachial antérieur, très rarement le tendon du biceps. Dans ces foyers de ruptures ordinairement incomplètes, on constatera d’abord la formation d’un hématome ; celuiei se résorbera ordinairement sans laisser trace de son ancienne présence. Cependant Malgaigue érigeait en règle la présence d’une plaque osseuse à la partie antérieure du coude dans tous les cas de luxation non réduite. Nous avons vu quels étaient l’origine et le siège de cette plaque. D’autres auteurs ont remarqué que, dans certains cas où ils durent intervenir, cette masse était due à l’ossification du muscle brachial antérieur; ils l’appelèrent ostéome, Cette masse arrondie, de consistance osseuse, est mobile latéralement, cause de la douleur et amène ordinairement de la gêne dans les mouvements. Cette masse apparaît plus ou moins rapidement après le traumatisme ; on l’a constatée dans certains cas dix à quinze jours après l’accident. On en a recherché l’origine dans l’orgauisation de l’hématome provoqué par la rupture du muscle, Volkmann chercha à l’expliquer par la myosite ossifiante évoluant au sein du tissu conjonctif intra-musculaire, préalablement hypertrophié. Dans un grand nombre de cas, la myosite ossifiante est le point de départ de la formation osseuse, tandis que dans quelques autres

celle-ci provient d’un arrachement du périoste qui

recouvre l’'apophyse coronoïde. Ainsi M. Sieur a montré au Congrès de chirurgie, en 1894, qu'un fragment de périoste, arraché au moment du traumatisme, est entrainé plus ou moins haut dans l'épaisseur du muscle, et, comme il a conservé toutes ses propriétés ostéogéniques, il doune naissance à UN OS NOUVEAU. Se

IL est reconnu que les déchirures et Les irritations mécaniques répétées des tendons ct des muscles peuvent donner lieu à leur ossification, surtout lorsque le traumatisme se produit au voisinage du périoste. M. Annequin, dans le Dauphiné médical, 1892, rapporte avoir observé une production de cette nature, qui, trente-six jours après l’aceident, mesurait 7 centimètres en hauteur, 6 en largeur et 3 à 4 en épaisseur ; l'extrémité inférieure de cette masse descendait jusqu'à l’insertion inférieure du brachial antérieur. Les parties intactes du musele sont intéressées par des lésions de sclérose.

Canton, dans une luxation de l’avant-bras en avant, a trouvé le biceps rompu, ainsi qu’une partie des muscles épitrochléens et épicondyliens.

L’atrophie musculaire que l’on rencontre dans les cas de luxations non réduites, est le résultat de la myosite scléreuse, des lésions nerveuses et vasculaires, de l’immobilisation du membre (atrophie fonctionnelle),

Les vaisseaux et Les nerfs sont presque toujours laissés intacts, car la violence que subissentces crganes ne saurait étre que momentanée, et. elle coïncide avec l'instant du traumatisme où l’hyperextension atteint son maximum.Bien qu'ultérieurement les os chevauchent ou se fléchissent, les vaisseaux ou les nerfs tiraillés se relâchent, mais leurs fonctions persistent normalement, Cependant, sur un vieil-

lard de Bicêtre, ayant une vieille tuxation du coude, Malgaigne a trouvé l’artère humérale, au pli du coude, décrivant des flexuosités autour de l’articulation luxée.

Les troubles nerveux dans la sphère du eubital sont assez fréquents. Ce nerf est tres souvent chassé de sa loge et s'égare au milieu des tissus néo-formés, qui, subissant ultérieurementles phénomènes de sclérose et derétraction, peuvent le comprimer en l’enserrant dans une gangue fibreuse. De ce fait résulteront, dans la région antérointerne de l’avant- bras, des troubles trophiques etsensitifs.

Potherat (Congrès de Chirurgie, 1896) en a rapporté le Cas Suivant :

IL s'agissait d’un jeune lycéen qui, s’étant fait une luxation, réduite immédiatement, présenta cinq semaines après l'accident une atrophie considérable des muscles de la partie antéro-interne de l’avant-bras avec abolition de la contraction volontaire, atrophie de l’éminence hypothénar, et perte de la sensibilité du petit doigt et de la partie interne de l’annulaire. Le nerf n’était point rompu, car il n’y avait pas eu de douleur, et la sensibilité avait mis cinq semaines pour disparaitre. L'accident était survenu en juillet, et l'intervention n'eut lieu qu’en décembre. Le nerf cubital était déplacé en avant de l’épitrochlée et fixé par un noyau fibreux cicatriciel qui Pattachait au ligament antérieur de l'articulation, Le nerf était resté au milieu de fibres rompues de ce ligament et celles-ci l'avaient enserré. Aussitôt après l’intervention, la sensibilité réapparut dans la sphère cubitale; les masses musculaires reprirent peu à peu leur volume normal.

Canton, à l’autopsie d’une luxation de l’avant-bras en avant, a trouvé le cubital rompu derrière l’épitrochlée.

MS

Pour résumer ce chapitre, nous allons mettre sous les yeux les lésions anatomiques que M. Ollier a pu constater à l'examen d’une pièce provenant de la résection du coude qu’il fit dans un cas de luxation irréductible et datant de deux mois seulement.

Le ligament latéral externe diffus, épaissi, s’insérait sur la saillie postérieure de l’humérus. La cupule radiale s’articulait avec une masse osseuse nouvelle, rétro-épicondylienne, développée dans la gaine périostique de l’humérus décollée par le traumatisme. Cette production osseuse commençait à se médulliser à son centre. L’extrémité inférieure de l’humérus, recouverte de son cartilage diarthrodial, était complète, intacte, sans fracture : la fossette olécranienne était comblée par du tissu fibreux doux, et, au-dessous, sur le rebord du cartilage, on voyait une dépression correspondant au bec coronoïdien et à la partie antéro-interne de ia cupule radiale qui appuyait à ce niveau.

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