‹ De l'asepsie et de l'antisepsie en obstétrique [electronic resource]Chapitre 16 sur 81 · LAVABOS ET VASES DIVERS · texte numérisé non relu

LAVABOS ET VASES DIVERS

La partie de l'appareil qui sert à régler le débit de l'eau à stériliser est placé dans la cave, par exemple, l'appareil proprement dit dans un local quelconque et les deux robinets d'eau stérilisée froide et chaude, dans la salle d'accouchements (1).

e) — Lavabos et vases divers.

Nous savons comment faire pour avoir de l'eau pure ; nous étudierons plus tard les moyens de stériliser nos instruments, mais ce n'est pas tout ; il faut que les mains, qui touchent ces instruments et qui seront au contact des parties génitales des accouchées, soient parfaitement propres. C'est absolument nécessaire. Il serait inutile en effet de prendre des précautions particulières pour la stérilisation des liquides et des divers objets servant aux usages obstétricaux, si on n'en prenait pas d'aussi grandes pour les mains. L'asepsie des mains est la condition primordiale de toute antisepsie ; sans elle, pas d'antisepsie possible. J'aurai d'ailleurs l'occasion d'y revenir, mais je voulais y insister dès le début de ces leçons, car il est des choses essentielles qu'on ne saurait trop répéter.

Dans une maternité, il faut que l'on soit en quelque sorte invité à tout moment à se laver les mains, et que ce lavage devienne une chose facile. 11 est donc nécessaire que les lavabos, fixes ou mobiles, soient nombreux, apparents et commodes.

Lavabos fixes. — Les lavabos fixes seront réduits à leur plus simple expression, c'est-à-dire qu'au-dessous de la cuvette on se gardera bien d'établir des casiers ou des tiroirs, qui sont de véritables réceptacles de malpropretés, des recoins sombres et humides. Dans chaque lavabo fixe, il y aura des robinets pour l'eau chaude et des robinets pour l'eau froide. Il faut, en outre,

(1) J'ai cru bien faire en décrivant cet appareil, bien qu'il n'ait été installé qu'à la fin de 1891, c'est-à-dire plus d'un an après l'époque où ces leçons ont été faites.

72 DES MATERNITÉS AU POINT DE VUE DE L'ANTISEPSIE

qu'au lavabo soit adjointe une fontaine contenant un liquide antiseptique, avec lequel on complétera le lavage des mains.

Bien entendu, le savon et les brosses, qui font partie du matériel du lavabo, seront en quantité suffisante et mis à l'abri de la poussière. Les brosses, bien débarrassées par le lavage de tout corps étranger, tremperont en permanence dans un bocal contenant un liquide antiseptique, ou du moins seront placées dans une boîte en porcelaine ou en métal, propre et fermée. Ici, nous nous servons si souvent des brosses que, pour plus de commodité, nous les laissons séjourner dans des récipients à portée de nos mains et renfermant une solution de sublimé, renouvelée plusieurs fois par jour : c'est une garantie de plus.

La cuvette du lavabo sera fixe et non mobile ; quant à son tuyau de décharge, s'il débouchait dans un caniveau défectueux, on serait exposé au reflux des gaz délétères qui infecteraient les salles, ce qu'on évitera en construisant le caniveau d'après les principes que je vous ai exposés.

De toutes façons, il est plus prudent d'interposer entre la cuvette et le caniveau un tuyau en forme d'S. L'eau s'écoule facilement par ce tuyau, mais il en reste toujours, dans le coude inférieur de l'S, une quantité suffisante pour occuper en ce point toute la lumière du tuyau et empêcher le reflux des

gaz- Mais la partie de l'S, dans laquelle séjourne le liquide, ne tarde pas à devenir malpropre, parce que les matières en suspension dans l'eau s'y déposent. Elles peuvent même s'y putréfier et produire des gaz fétides, qui remontent dans le lavabo. On évitera cet inconvénient en nettoyant le siphon, dès qu'il est sale. Quand le tuyau est en verre, on s'en aperçoit vite ; s'il est en métal, on ne voit rien ; aussi devra-t-on prendre la précaution de le nettoyer très souvent et, pour ainsi dire, à jour fixe. Ce nettoyage doit se faire avec une petite tête-deloup, portée sur un manche flexible, qui suivra plus ou moins bien les sinuosités du siphon. Afin de rendre l'opération plus commode, les constructeurs disposent, au niveau du coude infé-

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