INSUFFISANCE DE LEAU SIMPLE
indispensables, ils ne manquent jamais de faire savonner, brosser et laver, avec des solutions antiseptiques, la vulve et les régions avoisinantes, et cela aussi bien pendant le travail que pendant les suites de couches. Ils ne sont donc pas opposés, en définitive, aux pratiques antiseptiques, ils considèrent seulement comme superflu de réaliser certaines d'entre elles et, en particulier, l'antisepsie du vagin et de l'utérus, les organes génitaux internes ne contenant pas, d'après eux, de germes pathogènes.
Mais, pour mon compte personnel, je crois sage et prudent de rester fidèle à l'antisepsie sous tous ses modes, et de recourir toujours aux injections vaginales antiseptiques pendant les suites de couches.
En obstétrique, l'asepsie étant insuffisante, il faut y adjoindre l'antisepsie dont nous allons maintenant aborder l'étude, en commençant par celle des substances antiseptiques.
L'eau nous sert principalement pour préparer nos solutions antiseptiques, quelquefois même elle est employée pure sans addition de substance microbicide ; il faut donc qu'elle soit exempte de tout germe vivant. Mais l'eau ordinaire, Arous vous le rappelez, contient toujours des microbes qui sont une source de dangers (voyez p. 37). L'eau bouillie vaut mieux; avec elle, cependant, on risque encore, d'introduire des microbes dans les organes génitaux, puisque certains d'entre eux résistent à Pébullition (voyez p. 65). Il serait donc préférable de faire usage d'eau portée à une température supérieure à 100°. M. Pasteur en avait reconnu depuis longtemps la nécessité, si l'on en juge d'après les paroles qu'il prononça, à la tribune de l'Académie de médecine, à propos d'une discussion sur la septicémie puerpérale : « On devrait, suivant moi, dit-il, proscrire l'emploi des eaux communes poulies lavages des voies vaginales. Quoi de plus simple que d'user seulement d'eau qui aurait été portée à 115° ? » (1).
(1) Pasteur. Bulletin de l'Académie de médecine, 1879, p. 274.
de l'asepsie en obsti'îthique
C'est dire qu'on emploiera de préférence l'eau surchauffée, portée à 120°, sous pression (voyez p. 68), mais comme ce n'est réalisable que dans certains grands services, il faudra, la plupart du temps, se contenter d'eau bouillie. Dans tous les cas, on ne fera usage que d'eau stérilisée ou, à son défaut, d'eau bouillie pour préparer les solutions antiseptiques.