‹ De l'asepsie et de l'antisepsie en obstétrique [electronic resource]Chapitre 39 sur 81 · IODOFORME · texte numérisé non relu

IODOFORME

•en état antiseptique pendant les premiers jours qui suivent l'accouchement, c'est-à-dire pendant les jours où la femme est le plus exposée à la contamination ». Je ne vous conseille pas l'emploi des suppositoires iodoformés, que M. Porak luimême a abandonnés aujourd'hui (1).

Enfin, sur le conseil de M. Valude (2), j'emploie l'iodoforme pour la prophylaxie de l'ophtalmie purulente des nouveau-nés. Voici comment on procède : Aussitôt après la naissance, avant même de sectionner le cordon ombilical, on lave les yeux de l'enfant avec une solution d'acide borique; puis, on insuffle entre les paupières, largement écartées, de l'iodoforme porphyrisé. Depuis que j'ai recours à ce procédé, les ophtalmies ont diminué dans une proportion très notable et sont devenues moins graves (voir Antisepsie chez les nouveau-nés).

Mode d'action. — Gomme tous les antiseptiques insolubles, l'iodoforme n'a qu'un faible pouvoir microbicide. Il est excellent pour empêcher l'infection, mais une fois l'infection produite, il est insuffisant pour la faire disparaître; il agit donc d'une façon différente de celle des antiseptiques puissants que nous avons étudiés jusqu'ici. Néanmoins, il sera très précieux pour composer des pansements qui devront rester à demeure pendant quelques heures ou même quelques jours, ce qui ne pourrait être obtenu avec les antiseptiques solubles.

Au contact des plaies, l'iodoforme se décompose lentement et met en liberté de l'iode, à la production duquel on a même attribué l'action antiseptique de l'iodoforme. Une partie de cet iode passe dans le sang, et on le retrouve bientôt dans les urines sous forme d'iodures alcalins. L'iodoforme est probablement encore absorbé en nature, car l'intoxication par cet agent ne présente pas la même symptomatologie que l'intoxication par l'iode.

(1) J. Lucas-Championnièke. Application de la méthode antiseptique aux accouchements. In-8°, Paris, 189], p. 62.

(2) Valude. Prophylaxie de l'ophtalmie des nouveau-nés par l'insufflation de la poudre d'iodoforme. Annales d'oculistitjue, août 1891.,

DES ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER

Intoxication par l'iodoforme. — Généralement, l'iodoformc est bien toléré, mais s'il est absorbé en trop grande quantité, il produit des phénomènes d'empoisonnement.

Les chirurgiens n'ont pas tardé à en observer des exemples, principalement dans les cas où ils employaient l'iodoforme à dose considérable. C'est ainsi que, dès 1882, Kônig put en réunir et analyser 48 observations (1). Après lui, plusieurs chirurgiens, surtout en Allemagne, s'occupèrent du même sujet ; mais souvent ils dépassèrent la mesure, en attribuant a cet antiseptique des accidents dont il n'était pas coupable.

M. le professeur Le Dentu fut le premier à signaler en France les dangers de l'iodoforme (2); puis M. Berger, dans une revue très complète (3), et plus tard M. Brun, dans sa thèse d'agrégation, étudièrent les accidents dus à l'iodoforme, mais ils évitèrent de tomber dans les exagérations des chirurgiens allemands.

On distingue ordinairement deux degrés à l'intoxication par l'iodoforme, une intoxication légère et une intoxication grave. Cette division est arbitraire, car, à l'intensité près, les phénomènes cliniques sont exactement les mêmes; toutefois, je me conformerai à la division classique, et j'étudierai successivement ces deux formes d'intoxication iodoformique.

Empoisonnement léger. — Les accidents légers se manifestent un temps variable après l'application du pansement iodoformé, mais assez rapidement en général. On voit apparaître en premier lieu les troubles gastriques; quelquefois même, ils occupent seuls la scène. C'est tout d'abord une simple diminution de l'appétit, qu'on attribue à un embarras gastrique

(1 ) Koenig. Des intoxications produites par l'iodoforme employé pour le pansement des plaies. Centralbl. fiir Chirurgie, 1882, p. 101.

(2) Le Dentu. Du pansement à l'iodoforme et de ses dangers. France médicale, 1882, p. 349.

(3) Berger. Le pansement à l'iodoforme. Revue des sciences médicales. XIe année. T. XXI, 1883, p. 738.

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