ASEPSIE DU PERSONNEL DUN SERVICE D ACCOUCHEMENTS
se trouve confirmé ce que j'ai dit précédemment sur la valeur microbicide du permanganate de potasse.
Le gynécologue américain a procédé à peu de choses près comme Fûrbringer. Ses expériences lui ont tout d'abord démontré l'insuffisance du savonnage et du brossage à l'eau simple ; cependant il reconnaît que ce traitement constitue la forme la plus puissante de la désinfection mécanique, parce qu'il permet d'enlever les parties superficielles de l'épiderme dans lesquelles les germes fourmillent, réduisant ainsi les dangers d'infection à ceux qui proviennent des microbes plus profondément situés dans la peau.
D'une autre série de recherches, il conclut que le sublimé en tue pas les microbes des mains, mais qu'il leur enlève seulement le pouvoir de se développer et suspend leur activité, pendant tout le temps qu'il est en contact avec euxetles imprègne. Pour montrer que ces microbes n'ont cependant pas perdu toute vitalité, il traite par le sulfhydrate d'ammoniaque les mains désinfectées au sublimé, et constate qu'après l'action de cet agent réducteur, l'épiderme fournit des cultures très riches en colonies microbiennes, tandis que les cultures faites auparavant étaient stériles : c'est, dit-il, que le sulfhydrate d'ammoniaque décompose le sublimé et supprime son action sur les microbes. Ces faits mériteraient d'ailleurs confirmation.
Les dernières expériences de Kelly sont relatives au permanganate de potasse. Après avoir savonné et brossé ses mains pendant 10 minutes dans de l'eau chaude fréquemment renouvelée, il les immerge, jusqu'à coloration brun acajou, dans le permanganate dépotasse en solution concentrée, les décolore avec une solution saturée d'acide oxalique, et finalement les débarrasse de l'excès d'acide par un dernier lavage à l'eau stérilisée et chaude. La décoloration est accompagnée d'une impression de chaleur, à laquelle vient s'ajouter une sensation de brûlure assez vive partout où l'épiderme est éraillé. Dans 50 expériences où Kelly a procédé de cette manière, et où il a cultivé le produit du raclage de l'espace sous-unguéal, 44 fois la géla-
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tine est restée stérile, 6 fois seulement il s'y est développé de 6 à 20 colonies microbiennes. Il semble donc démontré par ces expériences, que le permanganate de potasse est pour les mains un désinfectant énergique.
Asepsie pendant le toucher. — Avant de pratiquer le toucher, il est bon d'enduire le doigt d'un corps qui en facilite le glissement ; l'huile, le cérat, le cold-cream ont été longtemps employés pour cet usage. Autrefois dans les maternités, on se servait de cérat et on le conservait dans de grands pots dont le fond n'était jamais renouvelé, car on les remplissait quotidiennement au fur et à mesure qu'ils se vidaient, entassant ainsi, les unes sur les autres, les poussières et toutes les impuretés possibles; aussi, les microbes s'y accumulaient et s'y multipliaient de génération en génération. Aujourd'hui, tous les corps gras étant abandonnés, on se sert presque exclusivement de vaseline, dans laquelle on peut incorporer des antiseptiques. Généralement on emploie la vaseline additionnée de sublimé à la dose de 1 p. 1000, ou la vaseline phéniquée à 1 p. 100.
Quand les doigts ont été imprégnés de vaseline, il est assez difficile de les en débarrasser; en effet, contrairement à ce qui se passe pour les corps gras, le savon ne dissout pas la vaseline ; on ne peut donc enlever celle-ci que mécaniquement par un essuyage et un brossage énergiques. C'est une difficulté dont on se rend bien compte lorsqu'on est obligé de pratiquer dans une journée un grand nombre d'examens. D'ailleurs, l'emploi de la vaseline présente aussi des inconvénients relativement à la désinfection des organes génitaux, carleurmuqueuse, dans les points où elle a été recouverte de vaseline, n'est plus imbibée par les solutions antiseptiques qui restent dès lors sans action sur elle.
C'est pourquoi j'ai songé à remplacer la vaseline par le savon, et, sur ma demande, M. Garesnier, mon interne en pharmacie, a cherché à préparer des savons aussi peu alcalins que possible, et de consistance molle comme celle du cérat, mais