‹ De l'asphyxie locale et de la gangrène des extrémitésChapitre 16 sur 38 · EUR · texte numérisé non relu

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tives, rhumatisme, blennorrhagie etc...), De ce seul fait, il serait à supposer que le syndrome de Raynaud doit prendre rang parmi ces complications propres à la période de convalescence.

Quand elles apparaissent au décours d’une pyrexie, le typhus excepté (Estländer), ’asphyxie locale et la gangrène symétrique ne troublent pas plus état généralque si elles surviennent sans cause appréciable. Elles ne sont pas l’occasion d’une rechute ; la température ne s'élève pas pour cela ; à tel point que tout au début si l'attention n’était pas appelée du côté des extrémités par les douleurs vives dont elles sont le siège, il arriverait souvent que la complication passerait inaperçue.

Bien qu’on doive leur reconnaître le rapport probable de cause à effet, la maladie infectieuse et la maladie de Raynaud, semblent dans une certaine mesure évoluer isolément, elles s’ignorent pour ainsi dire l’une l'autre. La convalescence de celle-là suit son cours normal sans retard, ni aggravation; et parallèlement, celle-ci évolue : lasphyxie locale fait suite à la syncope, puis finalement la gangrèue s’installe, sans plus de bruit.

Il semble que suivant le genre d’infection qu’elle accompagne, la gaugrène néfrappe pas indifféremment les extrémités supérieures ou les extrémités inférieures, ou encore les oreilles ou le nez. Certaines maladies infectieuses semblent avoir une prédilection pour les membres inférieurs (fièvre typhoïde, typhus) ; d’autres pour les membres supérieurs (1), (syphilis, diphtérie), certaines

1. Pour les mains, il est à remarquer que le pouce est souvent épargné. (Cas de Morgan, d’Angelesco, cas personnel, etc.),

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s’en prennent aux quatre membres à la fois (érysipèle), parfois les oreilles seules sont atteintes (impaludisme, Grasset). Mais évidemment tout cela est fort variable.

Pour ce qui est de la symétrie des lésions, elle est loin d’être toujours rigoureuse. Malgré l'importance qu’il attachait à ce signe, Raynaud avait déjà fait remarquer que les parties atteintes peuvent ne pas être absolument similaires. « Quant à la symétrie, dit-il, qui m'a servi à dénommer cette remarquable affection, il est bien entendu que je ne l’ai jamais prise dans le sens géométrique du mot. Elle comporte du plus et du moins, cela va sans dire, comme tous les phénomènes organiques ». De son côté, Vulpian dans ses /eçons sur les vaso-moteurs, montrait que le terme de symétrie élimine un grand nombre de cas absolument identiques à ceux décrits par Raynaud.

Dans les infections, les troubles vaso-moteurs se localisent parfois, en effet, d’une façon assez capricieuse. Le professeur Pétrina de Prague cite les deux faits suivants : « Deux fois dans une épidémie de grippe, je vis un doigt et un orteil devenir subitement froids et bleus avec des phénomènes de douleur subite et de fourmillements ». (Prague, Med. Wochenschrift, n° 18, 1890).

Au 8° régiment d'infanterie Bavarois à Metz,on a observé, chez un grand nombre de soldats atteints de grippe, de la pâleur limitée à la moitié droite du visage. Cette décoloration dura un mois environ (1). La malade de M. Fernet dont nous avons parlé plus haut, n’eut que de la syn-

cope des doigts de la main droite. Un paludique, observé

1. Mémoire sur la grippe dans l'armée Allemande. Dernmler. Archives méd,. mil., 1892.

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par Pineau (1) aurait eu de la gangrène sèche du seul petit doigt de la main gauche suivant le mécanisme décrit par Raynaud. Le « doigt mort » des brightiques n’atteint généralement qu’un ou deux doigts le plus souvent d’un seul côté. Les exemples ne manquent pas.

Or, faut-il, sous prétexte que la symétrie fait défaut, ne pas rattacher ces troubles vaso-moteurs au syndrome décrit par Raynaud? Nous ne le pensons pas, du moment que le processus asphyxique et qangréneux est le même de part et d’autre. Aussi, pour le cas que nous avons observé, n’avons-nous pas hésité à le faire rentrer dans le cadre de la maladie de Raynaud, d’autant plus que si les lésions gangréneuses furent unilatérales, l’enfant n’en a pas moins eu les quatre extrémités atteintes et qu’actuellement encore, il présente à l’occasion du froid, de la cyanose du nez, des oreilles et des mains, de la main gauche en particulier, phénomène qui ne s’est jamais produit avant l’époque où l'enfant est tombé malade.

Parmi les troubles nerveux, les douleurs prodromiques ne manquent jamais ; elles se localisent dans les extrémités qui vont être atteintes et annoncent ainsi, les phénomènes qui vont se produire.

Elles sont parfois assez violentes pour nécessiter l’emploi des calmants, tels que la morphine (Añgelesco obs. V.)

Comme l'ont fait remarquer Pitres et Vaillard, outre ces douleurs constantes du début, on trouve parfois des signes dépendant nettement d’une névrite: entre autres

des troubles de la sensibilité,des troubles trophiques tels

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