‹ De l'asphyxie locale et de la gangrène des extrémitésChapitre 19 sur 38 · Rendu.Thrombose de l'artère iliaque.Gangrènes des membres · texte numérisé non relu

Rendu.Thrombose de l'artère iliaque.Gangrènes des membres

inf. Soc. med. hôp., 1892.

LT 0E TS d’Apert, de Durand (1), de Bondet de Lyon (2). Dans les trois premiers, on a trouvé l’artère iliaque ou l’aorte obturées par un caillot; dans le dernier cas, les lésions artérielles étaient surtout constituées par de petits points jaunâtres, gros comme une tête d’épingle et légèrement saillants. Dans ces cas, il y avait symétrie parfaite, la gangrène compliquait une maladie infectieuse (grippe pseumonie grippale, fièvre typhoïde) et pourtant ce n’était pas là des lésions dues au syndrome de Raynaud.

Ce n’est donc pas la symétrie qui peut suffire pour affirmer le diagnostic de maladie de Raynaud. Sur quel signe donc, devra-t-on s’appuyer? Par définition, la gangrène symétrique se distingue cliniquement par l'absence de signes du côté des artères et du cœur, l’on ne devra donc trouver aucun symptômes d’artérite ou d’endocardite. Il est de la première importance, quand on se trouve en présence d’une gangrène des mains ou des pieds, de rechercher soigneusement les battements des artères qui irriguent les régions atteintes. L’absence de battements, la présence d’un cordon dur et douloureux suivant le trajet du vaisseau feront penser à une artérite. De même, si l’on trouve des signes d’endocardite en auscultant le cœur, la possibilité d’une embolie viendra immédiatement à l’esprit.

D'autre part, si dans la gangrène de Raynaud, on voit

toujours les lésions se limiter rapidement, au contraire

1. Durand. Arch. med. et pharm. mil. Paris, 1894, 2. Bondet. Gangrène symétrique des pieds d’origine grippale. Province medicale, 1892. d

les gangrènes par artérite oblitérante ont une tendancè marquée à l’envahissement. j

La syncope et l’asphyxie locales sont les précurseurs ordinaires de la gangrène symétrique. Toutes les fois que cette période prémonitoire fera défaut, il faudra réserver le diagnostic.

Enfin, la thrombose ou l’embolie sont le plus souvent une complication redoutable des grandes pyrexies. Leur apparition coïncide avec une rechute,un état plus grave; une issue fatale est toujours à craindre. Avec la gangrène de Raynaud, le malade mange, se lève, va, vient comme s’il n’était pas atteint : la guérison est la règle.

En résumé, on peut dire que toutes les fois qu’apparaît au décours d’une maladie infectieuse, la gangrène des extrémités, cette affection doit être attribuée au syn-

drome de Raynaud : si les battements n’ont jamais cessé

d'exister, si la gangrène a été précédée d’asphyxie et de

syncope locales, si les lésions sont symétriques et se limitent rapidement sans aucune tendance à l’envahissement; si enfin l’état général ne souffre en rien de cette compli-

cation,

Chevyron 3

Page 1