CHAPITRE IV
Anatomie pathologique.
Dans sa thèse, Behier (1)rapporte trois observations avec autopsies où furent trouvées des lésions pulmonaires et intestinales qu’il faudrait attribuer,selon lui, à du spasme des capillaires pulmonaires et intestinaux. Le même fait n’ayant été relaté par aucun autre auteur, l’opinion de Behier étant d’ailleurs très contestable, nous n’insisterons pas sur la possibilité de désordres du côté des viscères, attribuables à la même cause que l’asphyxie des extrémités. Nous ne nous occuperons que des trois ordres de lésions signalées généralement : à savoir : 1° lésions de la moelle ; 2° lésions des nerfs périphériques ; 30 lésions des vaisseaux.
Dehio (2) est le seul qui ait signalé l’endartérite et la névrite à la fois chez le même sujet. Il s’agissait d’une gangrène symétrique d’origine émotive.
Les autres auteurs ont trouvé ou les nerfs ou les vais-
seaux lésés, et c’est de ces observations que sont issues
1. Behier. Thèse Paris, 1874. De l'asphyxie locale. 2. Dehio. Deutsche zeitschrift für nervenheilkunde. Leipzig, 1893.
les deux théories adverses :les uns, Friedländer, Barahan et Etienne (1), Reklinghausen, ont surtout observé des lésions vasculaires et concluent à une endartérite primitive ; les autres, Pitres et Vaillard (2) Kornfeld, Moutstein, Wiglesworth, Affleck, Coupland, Rakhmaninoff, etc, ont trouvé des lésions de la moelle et surtout des nerfs périphériques, ils concluent donc à une névrite périphérique primitive.
Le cas de Rakhmaninoff offre particulièrement de l’intérêt, car le malade dont il s’agit était un individu atteint antérieurement de typhus exanthématique. Dans les autres cas, lalcoolisme, la tuberculose, la cachexie, le marasme, ou des maladies nerveuses, épilepsie, imbécillité, etc., viennent compliquer la pathogénie de la névrite. Dans les cas de Rakhmaninoff ces facteurs n’existent pas et la névrite est très probablement due uniquement au typhus.
Lésions médullaïres. — Rarement la moelle a été trouvée très atteinte. Rakhmaninoff signale l’œdème du cerveau et de la moelle. Pitres et Vaillard ont trouvé une sclérose légère diffuse des cordons antéro-latéraux et des cordons postérieurs. Rappelons pour montrer l’analogie des deux affections que dans quatre cas d’ergotisme, Reformatski (3) trouva des lésions scléreuses des cordons de Burdach. Or, c’est précisément sur ces mêmes cas que
portèrent les examens microscopiques de Winogradow qui
.Baraban et Étienne. Revue médicale de l'Est, n° 17, 1839. . Pitres et Voillard. Archives de physiologie, 1888. . Revue de Hayem, 1898.